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Perpignan : comment l’Usap a relevé la tête

Perpignan : comment l’Usap a relevé la tête
Par Rugbyrama

Le 06/10/2022 à 08:59Mis à jour

TOP 14 - Pour la première fois depuis 2013, Perpignan vient d'enchaîner deux succès en Top 14. Au-delà de la statistique, les Sang et Or ont enfin lancé leur saison après un faux départ. Quelles sont les explications à ce sursaut ? Analyse.

Avant la 6e journée qui la verra se déplacer à Paris, l’Usap navigue dans le peloton du Top 14 avec neuf unités, à égalité avec six autres équipes et un point devant la lanterne rouge paloise. Cette position ne garantit évidemment rien mais elle montre que le collectif catalan est bien vivant et debout dans ce championnat. Après trois défaites initiales, le doute avait pourtant commencé à s’infiltrer dans les travées d’Aimé-Gital. “Avant Toulon, il y avait le spectre de 2018, on ne le cache pas. C’était dans nos têtes même si nous n’en avons pas parlé", reconnaissait dernièrement David Marty. Face au RCT puis à Castres, ses troupes ont rassuré quant à leur capacité à se maintenir dans l'élite. Voici comment.

Des cadres qui assument

Au pied du mur avant la venue de Toulon, les cadres ont montré la voie à suivre lors des deux victoires à domicile. La charnière Ecochard-Tedder, tout particulièrement, a eu un impact déterminant : l’ouvreur sud-africain, Oscar Midi Olympique de la 4e journée, est très inspiré en ce moment tandis que le demi de mêlée fait preuve d’une maturité des plus remarquables dans la conduite tactique ; derrière, les gardiens du temple Afusipa Taumoepeau et Mathieu Acebes ont assumé leur rôle de patrons des lignes arrière, bien au-delà de leurs essais personnels ; devant, là où tout commence, Siua Halanukonuka n’en finit plus d’épater sur le côté droit de la première ligne tandis que les Fa’asalele et autre Brazo sont de précieux fers de lance dans le gain de la ligne d’avantage. Dans la globalité, les tauliers de la saison passée ont assumé leurs responsabilités pour permettre à l’Usap de se lancer dans ce championnat.

Mathieu Acebes (Perpignan)

Mathieu Acebes (Perpignan)Icon Sport

Un effectif qui a (un peu) gagné en densité

“Nos recrues viennent renforcer notre XV et encore plus notre groupe de vingt-huit, vingt-neuf joueurs. Nous aurons une profondeur de banc supérieure”, avait présenté Patrick Arlettaz, à l’intersaison. Le manager peut déjà ressentir les premiers effets du recrutement. Avec 43 éléments utilisés, l’Usap est l’équipe ayant utilisé le plus de joueurs cette saison. L’effectif a eu son lot de pépins, comme tant d’autres, entre sélections (Oviedo, De La Fuente) et blessures (Ugena, Galletier, Lotrian...), mais il parvient globalement à composer avec ces aléas. Grâce à l’apport des nouveaux venus, en partie : Will Witty, aligné pour la première fois contre Castres, s’affirme clairement comme une option de tout premier choix en deuxième ligne tandis que, dans un rôle de finisseurs, Jake Mc Intyre et Boris Goutard ont, à tour de rôle apporté, leurs qualités derrière ; Kelian Galletier, blessé depuis la 1re journée, Victor Moreaux et Ma’afu Fia, aussi sur le flanc, ou encore Dorian Laborde, arrivé tardivement, n’ont pas encore eu l’occasion de montrer leur valeur, ce qui n’a pas empêché l’Usap d’enchaîner deux succès. Car les nouvelles solutions viennent aussi de la maison catalane : à l’aile, “Freddie” Duguivalu poursuit son ascension et Théo Forner pointe le bout de son nez quand le talonneur Lucas Velarte s’épanouit en troisième ligne. Sa prestation en 8 contre Castres, en l’absence de Genesis Lemalu, a été déterminante.

Top 14 - Jéronimo De La Fuente (Perpignan) face à Castres

Top 14 - Jéronimo De La Fuente (Perpignan) face à CastresIcon Sport

Un jeu qui a retrouvé de la précision

D’une saison à l’autre, l’Usap a peu changé. Pourtant, sur les trois premières journées, les supporters n’avaient pas reconnu l’équipe conquérante et cohérente qui s'était affirmée au printemps. Avec une touche en difficulté, orpheline de Chouly et privée des spécialistes Galletier et Witty, la formation sang et or ne parvenait pas à avoir ses ballons et à lancer son jeu comme elle le voulait. En découlait une frustration, de la nervosité et, donc, un rugby cafouillé. Contre Brive, ce cercle vicieux avait été criant. Depuis le match face à Toulon, le collectif a en bonne partie résolu l’équation de sa conquête directe. Logiquement, son jeu a retrouvé de la consistance : à l’engagement, que les troupes ont toujours mis, est venu s’ajouter de la précision et un certain réalisme dans les zones de marque. Perpignan doit confirmer sa meilleure tenue dès ce samedi à Jean-Bouin, là où Castres et Bayonne étaient passés proche de l’emporter.

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