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  • Mike Tadjer (USAP)
    Mike Tadjer (USAP)

Les petites histoires du samedi en Top 14

Par Rugbyrama
Le

TOP 14 - Chaque week-end, le championnat de France regorge de petites histoires. Des faits inédits ou insolites, qui font son charme. Ce week-end encore n'a pas dérogé à la règle. C'est pour cela que Rugbyrama vous permet de revenir sur plusieurs petites histoires de ce samedi en Top 14.

Le public de Marcel-Deflandre envoie un message à son équipe

A-ba-sour-dis ! Ou quand un exploit en cache un autre. De mémoire de suiveurs rochelais, voire des spectateurs déserter les travées de Deflandre bien avant le coup de sifflet final est – ou plutôt était – aussi rarissime qu’une victoire de la Section Paloise en terres maritimes. C’est dire, la précédente remontant à… octobre 1998 ! On ne parle pas là d’une poignée de mécontents. Mais, au bas mot, de plusieurs dizaines, en contestation légitime au pâlissime visage affiché par un groupe coiffé depuis le printemps dernier de la dorée couronne de champion d’Europe en titre. Et qui, samedi soir, l’avait troqué contre un bonnet d’âne en fer rouillé. Deflandre ne s’était pas mouillé la nuque, six jours après l’aboutie prestation face au leader toulousain.

Top 14 - Mêlée entre La Rochelle et Pau
Top 14 - Mêlée entre La Rochelle et Pau

D’où le choc. Pas qu’émotionnel. En cherchant le regard de Ronan O’Gara – assis en tribunes presse pour la dernière fois, sa suspension de six semaines prenant fin lundi – certains férus du club à la caravelle ont surtout voulu adresser un message. Du genre "c’était quoi, ça ". Et surtout "plus jamais !". Le charismatique manager irlandais, resté prostré plusieurs minutes avant de rejoindre ses troupes, n’a pas eu besoin de croiser la mine aussi déconfite que colérique de quiconque pour la recevoir cinq sur cinq, ce que Lavault identifie comme une nécessaire "alerte" pour "montrer que c’est donnant-donnant. Ce soir (samedi), ce n’était que dans un sens. Forcément, ça ne m’étonne pas ce qu’ils ont fait." "J’ai mal au ventre pour eux, rebondit ROG. Ils sont dégoûtés pour une bonne raison, j’espère qu’ils resteront fidèles." Aucun doute là-dessus. Mais il fallait marquer le coup. Des sifflets et ça repart ?

Arthur Iturria, un rouge et des questions

La rencontre Castres-Clermont fut pleine de faits de jeu. Il y eut d’abord la domination stérile de l’ASM, l’opportunisme de Gaëtan Barlot ou la maîtrise impitoyable d’Urdapilleta sur le match. À dix minutes du terme, les plus fervents supporters des Jaunards étaient sans doute proches d’éteindre leur télévision lorsque Mathieu Raynal a levé un carton rouge en direction d’Arthur Iturria. Motif : une charge à l’épaule directement dans la tête de Baptiste Delaporte. Si le capitaine jaune et bleu a dans un premier temps accepté sa sortie, le flanker a ensuite défendu son cas en conférence de presse. "Je n’ai aucunement l’intention de le toucher ou de lui faire mal. Je pense que c’est regrettable, parce que c’est un fait de jeu qui arrive tous les week-ends. Je passe au mauvais endroit au mauvais moment. C’était la 70ème minute, je fais 110 kilos donc je n’ai pas pu freiné sur trente centimètres…" racontait avec dépit le Basque d’origine.

Top 14 - Arthur Iturria (Clermont)
Top 14 - Arthur Iturria (Clermont)

Sur l’action, difficile de percevoir la cohérence de l’arbitre international. En première période, Davit Kubriashvili s’était rendu coupable d’une situation presque similaire, mais avec un Castrais ballon en main. Une action qui avait valu un carton rouge à Maravat la semaine passée, et une sortie temporaire pour le pilier géorgien. Le cas Iturria apparaît alors bien moins dangereux, lui qui était venu au soutien de son coéquipier Tiberghien. Certainement rebellés par cette décision, les hommes de Jono Gibbes ont malgré tout ramené un point de bonus offensif à l’arrachée, et c’est bien le plus important pour Iturria et sa bande.

Max Spring une percée en hors d'œuvre, puis une passe en dessert

Un match se résume parfois par un geste qui s’imprime dans nos mémoires et qui à lui seul aurait justifié un déplacement de deux heures. Samedi soir, pour nous l’éclair de ce match fut la passe instantanée de Max Spring pour son ailier gauche Christian Wade sur le premier essai. L’arrière formé au pays Basque avait vu Joris Jurand monter comme un bolide sur lui, il eut juste l’adresse, le sang-froid, la lucidité et une forme de courage pour se sacrifier au bénéfice de la continuité du mouvement. Ce service simple à expliquer, mais si coton à exécuter, incarne pour nous un certain rugby si souvent chanté, celui qui oblige à aller "à la corne" pour fixer un défenseur et faciliter la tâche de ses partenaires à son extérieur (en l’occurrence Wade, Chouzenoux et Le Garrec).

Top 14 - Max Spring (Racing 92)
Top 14 - Max Spring (Racing 92)

Mais le plus impressionnant, c’est que Max Spring avait été à la genèse de cette très longue action par une relance impériale, trois défenseurs battus afin de créer un mouvement presque irrésistible, on dit presque car à bien revoir les images, on se rend compte que sur un point de fixation, survint un "double contre-ruck", ballon piqué dans la fournaise par les Corréziens, repiqué tout de suite par les Parisiens, juste avant le dernier élargissement vers la gauche. Entre les deux inspirations divines de Max Spring, il y eut cette lutte homérique des chevaux de labour. Il y eut d’autres beaux moments dans cette rencontre à neuf essais, y compris du côté des vaincus, mais la passe sacrificielle de Spring nous a ébloui tout particulièrement, un peu comme un coquelicot sauvage au bord d’une route. Un pur plaisir de spectateur, même si on est payé pour ça. On en a retiré une pointe d’amertume qu’un joueur capable de faire ça n’ait pas fait partie au moins de la liste des 42 sélectionnés chez les Bleus.

Nicolas Sanchez, mais comment en est-on arrivé là ?

Personne ne pourra défendre qu'un mec compte 79 sélections chez les Pumas par hasard. Pas plus qu'il peut être le détonateur d'une victoire historique contre les All Blacks ou aligner des performances XXL dans le Rugby Championship en ne possédant pas un talent au-dessus de la moyenne. Ceci est indéniable. Mais alors, où est passé Nicolas Sanchez depuis plus de quatre ans ? Arrivé au Stade français lors de l'exercice 2018-2019, l'Argentin n'est que l'ombre de lui-même. Enchaînant les sorties décevantes, les blessures et des logiques visites sur le banc de touche ou en tribunes. Inévitable au vu du niveau affiché par l'intéressé lorsqu'il n'est pas à l'infirmerie... Samedi, à Montpellier et pour son retour à la compétition, Gonzalo Quesada a une nouvelle fois tenté de relancer son compatriote. Tout est réuni : un adversaire prestigieux, une association expérimentée avec Morgan Parra et peut-être aussi un peu d'orgueil de la part de Sanchez qui veut certainement montrer qu'il vaut bien mieux que ce qu'il montre depuis trop longtemps.

Top 14 - Nicolas Sanchez (Stade français)
Top 14 - Nicolas Sanchez (Stade français)

Encore raté. Après un début de match cauchemardesque, avec une pénalité manquée, deux réceptions ratées et un en-avant après une prise d'intervalle, Sanchez semblait enfin entré dans son match en fin de première mi-temps. Mais ce qui devait être une inspiration en début de second acte, à savoir un petit coup de pied par-dessus sur ses quarante mètres, s'est transformé en séquence fatale pour ses partenaires qui ont encaissé un essai derrière. C'en était trop pour le staff parisien, qui a décidé de rappeler Sanchez pour le remplacer par Joris Segonds. Et Quesada de regretter à haute voix ce choix de son ouvreur en conférence de presse après le match. Le Puma s'y est lui aussi présenté, disponible et agréable, répétant qu'il était content d'avoir enfin rejoué et d'être resté sur la pelouse près de cinquante minutes. C'était évidemment sincère, mais cela suffit-il quand il s'agit de celui qui était considéré comme un des meilleurs numéros 10 du monde il y a peu ? La réponse est dans la question... Sanchez quittera la capitale à la fin de saison et on ne peut s'empêcher de penser que le gâchis est immense. A moins que, d'ici là, il prouve qu'il demeure un grand joueur.

Les gros à l’honneur à Perpignan

C’était un match pour enterrer les piliers, leur faire regretter le jour où ils ont pris leur première licence rugby. Un match parti sur un rythme endiablé et une intensité folle, entraînant donc quelques approximations et des ballons perdus qui portaient bien mal leur nom. En effet, cela ne coupait pas le jeu, bien au contraire. Les deux équipes cherchaient à profiter de la moindre opportunité. On aurait dit un combat de boxe où il devenait nécessaire d’envoyer au tapis l’adversaire dès le premier round. Au lieu de jouer tranquillement des mêlées, les acteurs étaient en quête de la relance gagnante, de cet uppercut soudain qui vous désoriente pour la suite. Et au milieu des changements incessants de sens, les piliers devaient haïr leurs insolents trois-quarts, malheureux de ne pas pouvoir se jauger dans leur exercice favori.

Mike Tadjer (USAP)
Mike Tadjer (USAP)

Et pourtant Aimé-Giral s’est levé quand Xavier Chiocci, Mike Tadjer et Arthur Joly ont été priés de sortir du ring à la 49e minute. Aimé-Giral n’a pas oublié ces guerriers de l’ombre. Cette première ligne catalane a quitté l’arène sous une acclamation venant du cœur, admiratif de l’activité de ces trois hommes dans un jeu totalement débridé où ils ont pourtant su se démener pour remporter la guerre du sol. On aurait pu encore saluer la hargne de Mathieu Acébès, la vista de Tristan Tedder pour une interception gagnante, ou l’essai en solitaire de Sadek Deghmache, mais cette acclamation populaire pour une première ligne, qui ne fait souvent que les gros titres quand la mêlée tangue et que la touche dévisse, méritait d’être soulignée. Un moment rare qu’il faut savoir apprécier.