• Top 14 - Joris Segonds (Stade français)
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Segonds : "On a gagné un match et il ne faut pas se prendre pour les rois du monde"

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TOP 14 - Entré en début de seconde période, Joris Segonds a fait basculé la balance du côté parisien. L'ouvreur parisien a réalisé un 100% dans ses tentatives de but avec notamment la transformation de la victoire après la sirène.

Comment expliquez-vous ce retournement de situation ?

Sans mentir, c’était compliqué à la mi-temps. Nous sommes rentrés au vestiaire avec un score de 29 à 7 contre nous et on s’est un peu parlé comme des hommes. On s’est dit que l’on ne se respectait pas, que l’on ne pouvait pas oser se regarder dans un miroir. On a fait des fautes bêtes, des fautes d’enfants, alors que l’on savait à quoi s’attendre avec un buteur comme Zack Henry en face. En deuxième mi-temps, nous avons su nous ressaisir sur le plan de la discipline. Nous avons été moins pénalisés même si nous prenons un carton rouge. Je pense que nous n’avons pas fait un match sans prendre un carton donc c’est quand même un point noir. Mais après, ce qu’il faut retenir ce soir, c’est l’état d’esprit de l’équipe. Nous n’avons rien lâché. C’était vraiment top. Tout le monde devait penser que la Section allait gagner avec le bonus offensif. On s’est dit que nous n’avions plus rien à perdre, qu’il fallait jouer et on l’a fait jusqu’à la fin. C’est ce qui nous a permis de gagner ce match.

Le carton rouge a-t-il été bénéfique car l'équipe s'est transformée en infériorité numérique ?

Je ne sais pas, mais forcément ça joue. Nous étions malmenés à l’extérieur et à quatorze, donc on s’est dit que si nous ne voulions pas passer pour des peintres il fallait se réveiller. Ce carton est arrivé comme une alerte. Mais, ça serait bien de ne pas attendre d’avoir un carton rouge pour nous réveiller et être dans le match dès l’entame.

À quatre minutes de la fin, vous décidez de tenter une pénalité. Pensiez-vous déjà à une éventuelle balle de match ?

Pas du tout. Déjà, on revenait de loin. On s’est dit qu’il fallait entrer dans le bonus défensif et, dans tous les cas, il fallait marquer deux fois. Nous avons eu une pénalité et nous n’avons pas hésité car il restait quatre minutes. Si elle n’était pas passée, nous savions que nous aurions une nouvelle possession après le renvoi aux vingt-deux mètres. Dans tous les cas, il fallait marquer deux fois et on dépense moins d’énergie en tentant une pénalité plutôt que des ballons portés. On a échangé entre nous et on a décidé de revenir à cinq points. Après, la fin du match, on sort de notre camp et Harry Glover récupère parfaitement le ballon. Mais il faut souligner le travail des avants. Ils étaient en infériorité numérique et nous avons obtenu des pénalités sur ballons portés.

Top 14 - Joris Segonds (Stade français)
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Aviez-vous déjà connu un tel scénario dans votre carrière ?

On s’était déjà imposé sur la sirène à Toulouse la saison dernière. Mais je n’ai pas le souvenir de match où nous étions autant menés avant de l’emporter. À lyon, nous étions aussi largement menés au score à la pause avant de revenir mais nous n’avions pas réussi à prendre un point. C’est notre défaut de baisser les bras en première période. En principe, c’est l’inverse. Nous avons des deuxièmes périodes qui sont assez bonnes depuis le début de la saison. Il ne faut pas lâcher ça mais il faut que l’on rentre mieux dans les matchs.

Est-ce un acte fondateur pour la suite ?

J'espère que ça va nous faire du bien. Mais, on a gagné un match et il ne faut pas se prendre pour les rois du monde. C’était le message dans le vestiaire à la fin de la rencontre. Nous avons aussi eu un peu de chance en seconde période car nous avons eu les bons rebonds, les bons ballons en l’air et les bonnes pénalités. Ces quatre points pris à Pau nous font du bien car tout le monde ne viendra pas gagner ici et on l’a vu avec Toulouse. On s’attendait à un gros combat et maintenant on peut préparer comme il faut la venue de Brive.

Parlez-nous de ce dernier coup de pied. L'avez-vous abordé sans pression puisque le match nul était déjà assuré ?

Un buteur qui a le coup de pied de la gagne a toujours la pression. Celui qui dit le contraire, je veux connaître sa recette. Même si le match nul était déjà bien, je savais que la transformation pouvait nous permettre de marquer deux points de plus. Ça fait partie du rôle du buteur mais la pression existe.

Avoir réussi une pénalité du même endroit quatre minutes plus tôt vous a mis en confiance...

Non, c’est même plutôt le contraire car chaque coup de pied est différent. Qu’il soit au même endroit ou même en face des poteaux, un coup de pied de la gagne, c’est toujours délicat.