• Top 14 - Enzo Forletta (Montpellier)
    Top 14 - Enzo Forletta (Montpellier)

Montpellier : Forletta préfère la confiance à l’expérience

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TOP 14 - Enzo Forletta espère que le groupe va retrouver ce qu’il faut retrouver de confiance pour surmonter sa série négative. Réflexions d’un joueur qui approche les 200 matchs professionnels.

Quand on se paye le luxe d’observer ça de l’extérieur, c’est le genre de match qui peut faire saliver. Le champion de France, Montpellier qui se retrouve presque sur des charbons ardents après une série de quatre défaites consécutives et une onzième place qui, c’est vrai, fait tâche dans le bilan d’un club de ce standing. La dernière défaite à l’Arena face au Racing 92 a remué le couteau dans la plaie, les Héraultais n’ont pas été ridicules, loin de là, mais ils ont été privés du bonus défensif. Ils n’étaient menés que 35 à 31 à la 72eme minute.

On imagine l’ambiance dans l’Hérault, forcément stressée même si le staff expérimenté sait jusqu’où il ne doit pas aller pour ne pas rajouter de la pression négative. Il a fallu ensuite composer avec les joueurs convoqués par le XV de France, les Haouas, Willemse, Bécognée, Bouthier. C’est donc un rendez-vous très chaud qui s’annonce, il ne faudra pas avoir les jambes qui tremblent. À 28 ans, et près de huit ans de haut niveau et 188 matchs professionnels, Enzo Forletta a déjà vécu ce genre de situations : "Oui, oui, ici à Montpellier, ou quand j’étais à Perpignan, par exemple. Il ne faut pas se mettre de pression négative, car ça nous ferait rentrer dans une mauvaise spirale. Il ne faut pas s’affoler."

Pur pilier gauche

Depuis ses débuts, il a toujours joué pilier gauche : "Oui, la seule fois où à Perpignan, Gregory Patat m’a aligné à droite, j’ai récolté une grosse lombalgie. Depuis ce jour-là, j’ai compris que je devais rester à gauche". Face à cette mini-tempête, il oppose le calme des vieilles troupes. Une saison est rarement un long fleuve tranquille. Et c’est peut-être à la façon dont on gère les temps faibles qu’on forge la réussite d’un exercice. "Au Racing, nous n’avons pas été balayés, nous avons même bien géré les 25 premières minutes et dans les vingt dernières minutes, nous avons recollé au score, nous avons pensé au bonus et même à la victoire. Mais c’est vrai, dans les moments où nous avons été dominés, il faut le reconnaître, nous avons pris des essais trop facilement. Mais je trouve que le staff reste assez calme, pour nous redonner confiance."

Le pilier international (deux sélections en 2021) ne compte pas s’énerver,, même s’il refuse de s’adonner à la langue de bois en parlant d’expérience, cet éternel concept qu’on agite, il faut bien le dire, à tort et à travers, quand on ne sait pas trop quoi dire. "Oui, c’est un peu un mot fourre-tout. Parce que chaque saison est particulière, chaque match est unique. Devant une situation, on a l’impression que ça va se passer comme ça s’était passé deux ou trois ans en arrière, et puis, on se rend compte que même avec beaucoup d’expérience, on ne trouve pas les solutions."

Le Stade français, un adversaire en pleine confiance

Mais il a au moins appris qu’une trop grande nervosité est rarement bonne conseillère. Tout bien réfléchi, à la notion vague d’expérience, il préfère évoquer celle de confiance, plus palpable quand on y réfléchit bien : "Même un gars qui a de l’expérience, quand il est en manque de confiance, il peut faire des erreurs simples, notamment le fait de ne pas marquer quand on a des occasions par impatience."

Évidemment, quand tout va mal, les ennuis volent en escadrille. Il y a l’absence des internationaux, elle ne tombe pas bien évidemment mais Enzo Forletta préfère se réjouir du bonheur de ses coéquipiers. À ceci, s’ajoute la série presque inverse du Stade Français, trois victoires et un bonus défensif à l’extérieur en quatre matchs : "Oui, ils sont en pleine confiance, ils ont fait de très gros matchs à domicile. Ils sont deuxièmes. Dans cette équipe, je connais surtout Pierre-Henri Azagoh, mais je crois qu’il est blessé, je connais aussi un peu Clément Castets avec qui j’étais au pôle espoirs."