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Shields (Usap) : "Perdre son travail du jour au lendemain, ça ne devrait pas arriver à ce niveau"

Shields (Usap) : "Perdre son travail du jour au lendemain, ça ne devrait pas arriver à ce niveau"

Le 17/11/2022 à 09:29Mis à jour Le 17/11/2022 à 09:32

TOP 14 - Sans club après la liquidation des Wasps en octobre, Brad Shields (31 ans, 9 sélections) a rebondi à Perpignan avec qui il a débuté l'entraînement lundi. Le troisième ligne international anglais d’origine néo-zélandaise, engagé jusqu'au 30 juin 2023 avec le club catalan, nous parle de ses dernières semaines "folles" et du nouveau défi qui se présente à lui.

Comment allez-vous ?

Je me sens bien. J'ai atterri samedi dernier à Toulouse et je suis arrivé à Perpignan dimanche. Je partage un appartement avec Ali (Crossdale, ancien joueur des Wasps, également recruté par l'Usap). Je suis soulagé d’avoir pu rebondir et d’avoir trouvé un nouveau club pour repartir de l’avant. Je m’estime chanceux d’avoir eu cette opportunité. Car les dernières semaines ont été folles.

Comment les avez-vous traversées ?

Ce qui est arrivé au club est très triste. Personnellement, cette situation a généré beaucoup de stress. Disons que c’était un bon test de caractère (sourire). Pendant quelque temps, nous avons tous été sur le carreau. Ça a été une période dure à vivre. La situation était inhabituelle : on était plusieurs à continuer de s’entraîner ensemble alors qu’il n’y avait plus de club. On trouvait des terrains où l’on pouvait. Progressivement, nous avons retrouvé des contrats à droite et à gauche. Certains se sont demandés s’ils n’allaient pas prendre leur retraite. Encore une fois, je m’estime heureux d’avoir pu trouver un challenge aussi appréciable que celui de Perpignan.

A quel moment avez-vous compris que c’était fini ?

Nous sommes restés optimistes jusqu’au bout. On se disait : "Ça va le faire." Mais un jour, on nous a dit : "C’est fini." Ça a été un choc. Il y avait de la frustration et de la colère. Car nous venions tout bonnement de perdre notre travail du jour au lendemain. Ça ne devrait pas arriver, surtout quand on joue dans un si gros club en Premiership. Tout s’est arrêté comme ça. Il y a des potes que je n’ai pas revus depuis. Chacun a dû gérer ses affaires. Heureusement, on a pu compter sur des amis comme Daniel Robson, le demi de mêlée. Nous avons emménagé chez lui avant de venir à Perpignan. On a pu profiter d’instants supplémentaires ensemble.

Avez-vous une famille ?

Ma femme est encore en Angleterre. Nous avons deux enfants, de 5 et 2 ans. C’est dingue, tout est bouleversé pour eux aussi, l’école, la crèche. Ils vont me rejoindre en décembre. On est en train de tout organiser avant leur venue.

Comment s’est passée la recherche d’un club ?

A partir du jour où c’était fini aux Wasps, les coup de fil se sont multipliés. Il a fallu attendre. Certains patientent encore, malheureusement. Je pense que la plupart des gars trouveront une équipe pour la saison prochaine. Pour celle-ci, c’est délicat, les effectifs sont presque tous complets, à moins d’une blessure. Et le salary cap est contraignant aussi. Ca ne dépend pas de nous, c'est beaucoup une affaire de "timing". Que pouvons-nous y faire ? En tout cas, ce n’est pas une question d’argent.

Venir en France est-il, dans ce contexte si particulier, devenu une volonté ?

Pas nécessairement. En tant que joueur, j’ai toujours voulu évoluer dans le plus de pays possibles et j’ai toujours eu l’idée de venir en Top 14 un jour. Voilà, c'est fait. Dans le Sud de la France, c’est encore mieux. Je suis impatient de découvrir l’ambiance des stades français. Encore plus à Perpignan qui est réputé pour ses bruyants supporters. C’est excitant.

Comment votre poignet se porte-t-il ? Vous vous étiez blessé en septembre…

Il va mieux. D’ailleurs, à la fin des Wasps, j’ai dû aller voir le syndicat des joueurs pour être aidé dans la recherche d’un kiné afin de poursuivre ma rééducation. Les sensations sont bonnes à l’entraînement, j’ai juste envie de jouer maintenant, de plaquer. Cela fait huit ou neuf semaines que j’attends ça.

L’Usap vous attend aussi pour mener à bien sa lutte pour le maintien...

C’est un très beau challenge à relever. J’ai regardé les derniers matchs de l’équipe. J’ai vu du potentiel même si, comme lors du match au Racing, elle n’arrive pas à être compétitive sur toute la durée d’un match. J’ai envie d’apporter mon énergie et mon vécu à ce groupe. Il faudra aussi que je me familiarise avec le rugby français. Ça a l’air bien fatigant. Mais quand je vois le jeu qui est pratiqué, avec les off-loads notamment, je me dis qu’il y a moyen de prendre du plaisir.

Dans les prochaines semaines, vous risquez de croiser de nombreux anciens partenaires des Wasps...

Oui, ça sera bizarre. On est resté en contact, on échange régulièrement. Je suis content que plusieurs d’entre eux aient rebondi en France. Et puis je sais comment ils jouent, ça pourrait être utile.

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