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Technique - Le jeu au pied d’Urdapilleta, entre ombres et lumières

Technique - Le jeu au pied d’Urdapilleta, entre ombres et lumières

Le 18/06/2022 à 09:10Mis à jour Le 18/06/2022 à 09:19

TOP 14 - S’il a joué un rôle de premier rang dans la victoire des siens, le demi d’ouverture castrais Benjamin Urdapilleta a alterné le (très) bon, un cinq sur six face aux perches et une passe décisive sur un coup de pied rasant, comme le moins bon. Décryptage.

C’est le genre de prestation que les statistiques ne peuvent pas évaluer. On parle ici de la prestation au pied d’un demi d’ouverture. Il y a bien sûr les pénalités passées au pied, mais cela ne suffit pas. Il y a aussi le jeu au pied d’occupation. Un exercice hautement difficile, voire périlleux, mais décisif dans la construction d’une victoire. A ce sujet, le maître à jouer du Castres Olympique, l’inoxydable Benjamin Urdapilleta a signé une prestation assez nuancée. Fidèle à son caractère latin excessif, le Puma n’a pas fait dans la demie mesure. Il a été soit peu inspiré, soit incroyablement excellent.

Commençons par le simple exercice des tirs aux buts. Là-dessus, "Benrrra" a été quasiment irréprochable : 4 pénalités, 1 transformation, et une manquée. La dernière, qui était totalement en coin. Son efficacité face aux perches a donc été plus que bienvenue dans ces chocs à élimination directe. Mention spéciale pour sa première pénalité passée à la 18ème minute, située à 45 mètres complètement à droite des poteaux. Un coup de pied qui a offert à ses partenaires une vraie bouffée d’air frais, puisqu’ils étaient déjà menés 10 à 0, et qu’ils avaient déjà concédé quatre pénalités.

Mal inspiré, puis touché par la grâce

Avant cela, l’Argentin avait plutôt mal débuté la rencontre. Car c’est bien sur un ballon rendu au pied aux Toulousains que Matthis Lebel s’empressa de porter derrière la ligne, dès la deuxième minute de jeu. Idem à la 46ème minute, moment où il renvoya le ballon dans le camp toulousain, sur un triangle arrière haut-garonnais parfaitement replacé. Une minute et une bonne dizaine de passes plus tard, Romain Ntamack plongeait dans l’en-but. A sa décharge, ces deux coups de pieds n’étaient pas accompagnés de "chasses" (des coéquipiers qui montent fort pour mettre le futur réceptionneur sous pression) adéquates. Donc Urdapilleta n’était pas le seul fautif.

Et dans le même temps, c’est lui qui trouva la faille dans ce fameux triangle arrière toulousain. A de nombreuses reprises, on l’a vu tenter des petits coups de pieds derrière la défense une fois arrivé dans les 22 mètres adverses : "On avait vu que le triangle arrière avait tendance à être mal placé", confirmait l’arrière Julien Dumora. Et à la 77ème minute, c’est par ce moyen qu’il crucifia les Toulousains : "On s’est regardé avec "Dum's", et il a compris que j’allais taper par-dessus dans le coin gauche. Filipo (Nakosi, ndlr.) l’a vu aussi, et il anticipé sa course pour arriver dans le bon temps, avant de servir "Dum’s" pour l’essai", nous racontait Urdapilleta, pas peu fier de remonter à Saint-Denis pour vivre sa deuxième finale avec le CO. Pour le même résultat qu’en 2018, année où il avait été l’un des grands artisans du titre ? Chiche...

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