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Veredamu : "Nous sommes capables de faire encore mieux"

Veredamu : "Nous sommes capables de faire encore mieux"

Le 03/12/2021 à 16:04Mis à jour Le 03/12/2021 à 17:03

TOP 14 – Auteur de son premier essai avec le Lou lors du match à Toulon, Tavite Veredamu espère bien enchaîner sous le maillot lyonnais, alors que son équipe reçoit Brive ce samedi (15h), avec l’ambition de se relancer. Celui qui évolue à l’aile à Lyon évoque, pour Rugbyrama, la dynamique de son équipe et son adaptation au poste.

La dynamique actuelle fait que votre équipe du LOU doit une fois de plus réagir à domicile, après cette défaite à Toulon qui a laissé de la frustration…

Oui, on a été trop juste sur ce match à Toulon. Entre nous, on n’a pas digéré ce match car on a vu que l’on était capable de faire encore mieux. On en a parlé avec les coéquipiers, il faut tout faire pour arriver à faire mieux, apprendre de nos erreurs. On a été capable de le faire contre de grosses équipes et de gagner de gros matchs. Je pense que l’on est capable de gagner à l’extérieur, mais à Toulon on n’a pas géré notre match correctement, on n’a pas fait de bons lancements. Il faut trouver cette dynamique, déjà contre Brive ce week-end, et aborder un match à l’extérieur comme un match à la maison.

Surtout que si vous avez envie de vous stabiliser dans les six premiers, ou plus haut encore, cela va passer par des performances à l’extérieur...

Pierre (Mignoni), le staff et nous, les joueurs, on travaille dessus. Pierre nous a dit en début de semaine qu’il faut que l’on soit capable de faire des gros matchs à la maison et (il insiste) à l’extérieur. Car pour l’instant, on n’a gagné seulement à Biarritz. Sur les autres matchs, on arrive à tenir mais pas à gagner. On a ramené des points. On travaille dessus avec le groupe pour réussir à gagner à l’extérieur.

Sur le plan personnel, vous avez marqué votre premier essai avec le Lou lors de ce match à Toulon…

Pour moi, cet essai est le résultat du travail du groupe. Cela part d’une touche, c’est notre identité. Il y a un lancement, on gagne la ligne d’avantage et l’on marque au bout. Ce n’est pas mon essai, c’est celui de l’équipe. Tout le monde a fait son travail comme il faut et j’arrive à marquer.

Il témoigne en tout cas de votre adaptation au groupe après votre arrivée cet été, et surtout cette blessure qui a coupé votre élan.

C’était un peu dur au départ. J’ai fait un premier match et je me suis blessé pendant un peu plus d’un mois. Ça a été un peu dur de revenir car la saison était lancée, j’ai loupé pas mal de matchs et il faut se remettre dedans. Il a fallu trouver le rythme, travailler plus et, pour le moment, je suis toujours dans cette volonté de revenir encore plus fort qu’avant ma blessure. Pendant la préparation, je me trouvais bien physiquement et cette blessure a baissé mon niveau. Là, j’essaie de revenir petit à petit. Je vais retrouver mon niveau. Je vais y arriver !

En tout cas, vous allez pouvoir enchaîner face à Brive. Est-ce un signe que votre saison se lance ?

Oui, elle se lance, mais il reste le travail sur mon rôle. Je dois donner encore plus, il faut que je montre que je suis là. C’est bien d’être dans l’équipe ce week-end, mais il faut le montrer en match.

Prenez-vous du plaisir dans cette équipe ? Sentez-vous son potentiel ?

Franchement, on a du potentiel. On a confiance en nous et il faut se persuader que l’on est capables de battre de grosses équipes. Il y a une bonne ambiance dans le groupe. On en est capables. On arrive à faire de bons matchs et de bons résultats.

" Quand Pierre (Mignoni) m’a appelé pour me proposer de jouer à l’aile, j’étais un peu inquiet mais il m’a fait confiance. J’aime bien."

Vous êtes ici au Lou en tant qu’ailier, après avoir joué 3e ligne à Clermont et à Nîmes à vos débuts... où vous avez même dépanné au centre ! Finalement, est-ce une nouvelle adaptation à prendre en considération ?

Au départ, quand Pierre (Mignoni) m’a appelé pour me proposer de jouer à l’aile, j’étais un peu inquiet. J’ai compris qu’il me faisait confiance et c’était un peu dur au départ. Là, il faut encore que je prenne des repères. Je ne suis pas encore totalement à l’aise mais je suis bien. J’aime bien. Sur les lancements, ça va, mais sur certains jeux au pied ou ballons hauts, c’est un peu dur.

On pense pourtant que le poste d’ailier est celui qui se rapproche le plus du jeu à VII, que vous avez pratiqué avec l’équipe de France entre 2017 et 2021...

Oui, car à VII j’étais plutôt à l’aile mais à XV, il y a cette notion des lancements. Il faut trouver les repères. Ce n’est pas pareil à VII car, à l’aile, tu n’as qu’un ou deux mecs en face. Là, tu as trois ou quatre joueurs, et un autre derrière… Il faut que je m’adapte et j’ai encore du travail à faire. Mais cela va venir !

Après votre expérience à Clermont, votre ambition était bien de rester en Top 14 et dans le rugby à XV ?

Oui. Franchement, quand on m’a proposé de jouer à l’aile, c’était aussi une opportunité de pouvoir rester à XV et en France. Ça change, et je me suis dit : pourquoi ne pas essayer ? Je ne peux pas dire que j’étais totalement à l’aise mais je vais tenter. Si ça marche, très bien. Si non, au moins j’aurais essayé. Cela change beaucoup de passer du VII à XV, ce n’est pas une nouvelle aventure mais une surprise.

Est-ce que depuis votre première expérience avec Nîmes en Fédérale, l’idée de pouvoir un jour jouer et se stabiliser en Top 14 restait une ambition ?

Quand tu joues au rugby, tout le monde veut jouer en Top 14 ! C’est un gros niveau. Quand tu joues en amateur, à Nîmes, et quand tu vois les mecs à la télé en Top 14, tu te poses toujours la question de savoir si je peux aller là-bas, si j’ai le niveau, ou bien si je vais rester en Fédérale. Ce n’est pas une surprise mais je suis vraiment content d’avoir fait partie d’une grosse équipe de Clermont, et maintenant d’être au LOU. Il n’y a rien à dire (il sourit, on sent de l’émotion).

" Mon rêve, c’était de faire l’armée. Le rugby était une deuxième option, pour me faire plaisir les week-ends avec les copains."

En tout cas, passer de la Légion étrangère au rugby professionnel, on peut dire que vous avez un parcours particulier !

(Il rit) C’est vrai que c’était un peu spécial. En étant à la Légion, c’était difficile d’intégrer le sport à l’extérieur car on n’avait pas le droit. Au départ, quand je jouais à Nîmes, je tirais déjà un peu sur la corde car ils ne pouvaient pas me laisser partir aux entrainements. Il était difficile d’être toujours là. Je me suis alors posé la question, pourquoi ne pas essayer. Je ne pensais pas devenir professionnel, mais déjà rester à Nîmes, me faire plaisir les week-ends avec les copains et reprendre l’armée le lundi. Jouer à ce niveau n’était pas mon rêve, c’est arrivé comme ça. Mon rêve, c’était de faire l’armée. J’ai pu tenter, avec le rugby à VII.

Car c’est bien ce sur quoi il faut insister, votre but premier a toujours été de faire l’armée. Mais le rugby s’est présenté à vous...

Oui, je suis arrivé ici en France pour faire l’armée. Le rugby était une deuxième option, pour me faire plaisir le week-end. On m’a demandé pourquoi ne pas arrêter l’armée pour ne faire que du rugby mais c’était difficile d’arrêter la Légion comme ça. Je ne pouvais pas partir comme ça. Mais le VII est arrivé, il y a eu un stage… Je remercie toujours autant Christophe (Reigt, manager des équipes de France de rugby à VII, ndlr) et le staff de m’avoir donné cette chance de vivre une vie de rugby à VII. Grâce à eux, j’ai pu monter jusqu’à ce niveau.

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