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Ntamack : "Notre championnat est d'un bon niveau mais la Coupe d'Europe, c'est une marche au-dessus"

Ntamack : "Notre championnat est d'un bon niveau mais la Coupe d'Europe, c'est une marche au-dessus"
Par Jeremy Fadat via Midi Olympique

Le 08/12/2021 à 09:12Mis à jour Le 08/12/2021 à 13:57

TOP 14 - À quelques jours d'entamer une nouvelle aventure européenne à Cardiff, malgré les nombreux aléas qui touchent l'effectif gallois, l'ouvreur international du Stade toulousain explique combien son équipe veut conserver son sacre acquis en mai dernier. Il en profite aussi pour encenser son partenaire Antoine Dupont, qui pourrait recevoir le prix du meilleur joueur du monde ce vendredi.

Est-ce une bonne chose de basculer sur la Coupe d'Europe après la défaite à Bordeaux-Bègles ?

Oui, bien sûr. C'est toujours bien de rebondir après une défaite. Surtout que nous n'avons pas été à la hauteur de notre niveau et de notre jeu le week-end dernier. Nous nous sommes tous remis en question et abordons la Coupe d'Europe avec beaucoup d'ambition. On a un titre à défendre. On sait ce qui n'a pas fonctionné à Bordeaux et ce qu'il faudra mettre en place pour espérer l'emporter à Cardiff. Il est certain que, si on met les mêmes ingrédients qu'à Bordeaux, on ne vivra pas un bon week-end à Cardiff. On devra mettre beaucoup de conviction et d'engagement, ce que l'on n'a pas fait samedi dernier.

Ugo Mola prévenait que les matchs de Top 14 et de Champions Cup étaient très différents...

Oui, le rythme est plus élevé et ça va plus vite. Ça cogne plus fort aussi. Notre championnat est d'un bon niveau mais la Coupe d'Europe, c'est une marche au-dessus. Disons que ça se rapproche du niveau international vu qu'on affronte des provinces. Là, ce sera le club de Cardiff mais avec pas mal d'internationaux gallois ou étrangers, des jours habitués aux matchs internationaux. On a aussi l'habitude de jouer ces matchs-là, il faudra juste se mettre en mode Coupe d'Europe.

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Que changent les mésaventures de Cardiff, avec des joueurs à l'isolement, dans votre préparation ?

Rien. On se prépare correctement, comme d'habitude. On s'attend à affronter des joueurs de Cardiff morts de faim. Peu importe le contexte. On a juste à nous concentrer sur nous et à ne pas nous focaliser sur l'adversaire. Même si on regarde quelques vidéos pour voir comment il joue.

Comment vit-on à nouveau ce contexte sanitaire ?

C'est un peu dommage mais, malheureusement, cela fait presque un an et demi qu'on dispute la Coupe d'Europe dans un contexte assez compliqué. Cela ne va pas trop nous changer de la compétition qu'on a vécue l'année dernière. On ne sait pas s'il y aura du monde ou pas en tribune, mais il ne faut pas être perturbé par l'environnement extérieur.

Vous avez perdu à deux reprises sur terrain synthétique cette saison, à Lyon et au Racing 92. Vous allez encore jouer sur cette surface samedi. Est-ce que cela modifie quelque chose dans la conduite du jeu ?

Non, pas grand-chose. Mais ce n'est pas de la vraie pelouse, donc ça va plus vite. Les appuis sont plus forts, donc il faut être vigilant sur tout. Une équipe comme Cardiff, qui a l'habitude d'évoluer sur synthétique, peut chercher à jouer de partout. Elle possède beaucoup d'atouts et des joueurs qui vont très vite. Nous aussi aimons jouer sur synthétique, avec des individualités fortes qui peuvent s'exprimer sur cette surface.

" On va essayer d'écrire un peu plus l'histoire pour nous samedi."

Cardiff, cela évoque beaucoup de choses dans l'histoire du Stade toulousain dont vous êtes un enfant...

Oui, on connait tous l'histoire entre Cardiff et Toulouse. C'est à l'Arms Park que le Stade a décroché sa première étoile (en 1996, N.D.L.R.), donc c'est forcément beaucoup de souvenirs et d'images d'archive. Contre Cardiff, c'est toujours une grosse affiche européenne. On va essayer d'écrire un peu plus l'histoire pour nous samedi.

L'expérience récente des internationaux toulousains avec le XV de France, avec notamment la victoire face à la Nouvelle-Zélande, peut-elle être un atout à l'heure de retrouver la Champions Cup ?

Oui. Le fait de partir en équipe de France nous fait jouer de gros matchs internationaux, surtout sur cette tournée d'automne qui nous a permis d'acquérir beaucoup d'expérience. On a aussi de nombreux joueurs expérimentés au club qui ont eu la chance de vivre ce genre de grands moments dans le passé, comme Charlie Faumuina ou Joe Tekori. Depuis la fin du match à Bordeaux, on a basculé sur la Coupe d'Europe.

Romain Ntamack et Toulouse ont repondu présent pour leur match amical face à Toulon

Romain Ntamack et Toulouse ont repondu présent pour leur match amical face à ToulonIcon Sport

Le fait d'être champion en titre change-t-il quelque chose au moment de l'aborder ?

Honnêtement, je ne pense pas que ça change grand-chose. Le groupe est très éloigné de tout ça. On a une étoile de plus et un titre à défendre, mais on va surtout jouer pour gagner cette Coupe d'Europe. Les compteurs sont remis à zéro et toutes les équipes vont nous attendre encore davantage, à commencer par Cardiff. Nous serons attendus et regardés, donc on devra assumer notre statut et défendre notre titre comme il se doit.

Toulouse a remporté cinq Coupes d'Europe mais n'a jamais réussi à conserver son titre. Est-ce une motivation supplémentaire d'être les premiers à y parvenir ?

Oui, parce que l'objectif est de gagner cette Coupe d'Europe. On a un gros déplacement à Cardiff et on va commencer par ça. Car, si on perd déjà ce week-end, la qualification sera plus compliquée. On verra ensuite les prochaines étapes pour conserver ce titre.

Vendredi, le titre de meilleur joueur mondial de l'année sera décerné par World Rugby. Antoine Dupont est nommé. Que pouvez-vous dire sur lui, que vous côtoyez depuis plusieurs saisons ?

Tout le monde voit ce qu'il fait sur les terrains chaque week-end et il n'y a pas grand-chose à ajouter (sourire). Ce serait logique qu'Antoine remporte ce trophée vendredi. Je ne vois pas comment il peut en être autrement. Tous les amateurs de rugby dans le monde voteraient pour Antoine, c'est normal. S'il est élu, on sera tous fiers de lui. On essaye tous les jours d'être derrière lui car il nous fait beaucoup avancer. Et il est aussi dans des collectifs qui l'aident et le font briller. C'est tout bonus pour nous et pour lui.

Ce doit être un plaisir de jouer à ses côtés...

C'est forcément un plaisir. Il va sûrement être le meilleur joueur du monde cette année. Que ce soit moi, qui suis assez proche de lui par le biais de la charnière qu'on forme, ou un autre, c'est évidemment un plaisir de jouer avec un mec comme Antoine.

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