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Bouscatel : "Si les reports se poursuivent, ça peut tout changer"

Bouscatel : "Si les reports se poursuivent, ça peut tout changer"
Par Jérôme Prevot via Midi Olympique

Le 26/12/2021 à 18:14Mis à jour Le 26/12/2021 à 18:28

TOP 14 - Le président de la LNR craint le côté exponentiel du nouveau variant. Il faut le combattre différemment de celui de l'an passé. Pour autant, il ne panique pas, alors que quatre matchs de la treizième journée de Top 14 ont déjà été reportés.

Le top 14 a dû reporter quatre rencontres de Top 14 ? Quel est votre chantier prioritaire à l'heure où nous parlons ?

Nous adapter à ce nouveau variant. Je voudrais dire que l'an dernier, on avait réussi à terminer la saison. C'était un exploit mais ce fut surtout le fruit d'un suivi au quotidien. Nous avions connu 14 modifications au protocole pour nous adapter aux variants et aux connaissances progressives de cette pandémie. Comprenez-le, ça se passe au jour le jour, j'ai une voire deux réunions par jour avec la Commission Médicale et les infectiologues et virologues qui en font partie.

Quelle est la spécificité de ce variant Omicron ?

Ce n'est pas un problème de nombre comme l'an passé. A l'époque, c'était relativement simple, on disait que s'il y avait plus de tant de joueurs positifs dans un club. Ceux-ci étaient mis à l'isolement, puis au-delà de tant de cas, on devait reporter les matchs. Aujourd'hui, le problème est différent...

Quel est-il exactement ?

Nous avons un problème de cinétique de la pandémie. Dans un club, vous avez un jour un cas, le lendemain, trois le surlendemain, neuf. Si ça continue, on est obligé de tout bloquer. On a vu dans certains clubs une augmentation exponentielle des cas, ce fut le cas de Clermont, Racing, Pau, Stade Français et l'UBB. La seule solution, c'est une mise en isolement de sept jours pour bloquer la progression.

Y a-t-il des changements pour les jours qui viennent ?

La décision n'est pas encore prise, mais a priori pour cette semaine, on va reprendre des tests très rapprochés pour avoir un suivi quasi-quotidien de la situation. On reprendra le choix d'isolement des cas au plus vite pour couper la progression exponentielle de la pandémie. C'est la condition sine qua non pour revenir aux règles simples, liées au nombre.

Tout le monde se pose la question des dates de replis...

Tout va dépendre. S'il n'y a que les matchs de cette semaine à caser, on trouvera des situations facilement. Si les reports se poursuivent, ça peut tout changer.

Pensez-vous empiéter sur les dates de Coupe d'Europe ?

En ce qui concerne la Coupe d'Europe, c'est l'EPCR tranchera, elle pourra décider de supprimer les huitièmes aller-retour. Dans ce cas, on trouvera une date assez facilement. Sinon, il faudra bien trouver des solutions ….

Quid des matchs en semaine ?

On peut parfaitement le concevoir, ce n'est pas catastrophique. A condition, qu'il n'y en ait pas beaucoup et que ça se déroule à certaines périodes. Je crois que Montpellier a vécu ça l'an passé... Mais je précise que nous n'en sommes pas encore là. Aucune décision n'est prise à cette heure. Il est évident que si nous dépassons un certain nombre de reports, ça deviendra plus compliqué.

Sur les week-ends internationaux sans doublon, peut-on trouver des replis ?

Oui, mais il y aura une question d'équité. Certains seront amputés d'autant de joueurs qu'il y a encore des cas de Covid, mais sans la dangerosité.

Peut-on licencier des joueurs qui refusent de se vacciner ?

Pourquoi voulez-vous les licencier ? Il n'y a pas d'obligation vaccinale. De toute façon, nous avons 98 pour cent de vaccinés dans nos effectifs ?

Doit-on craindre le retour des jauges ? Voire des huis clos ?

On peut prévoir la fin du monde aussi. Le pire n'est pas toujours certain. Je ne l'espère pas. Il faut être optimiste. Je voudrais préciser que la saison passée, on a fini le championnat par le travail remarquable des commissions de la LNR, médicale et sportive. Mais aussi par le travail et les précautions des clubs. Il n'y a pas de raison qu'on n'y arrive pas en 2021-22. Mais il faut s'adapter à la nouvelle donne et j'insiste, sur son côté exponentiel.

Est-ce le plus gros moment de tension que vous vivez depuis votre élection à la tête de la LNR en mars dernier ?

Non, non, l'année dernière, j'étais président de la Commission sportive de la LNR et j'ai connu la même chose. Ça fait deux ans que l'on doit s’adapter au jour le jour, au prix d'une veille constante. Si nous avons changé quatorze fois, du protocole, c'est qu'on s'y accroche.

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