Midi Olympique

Aguillon : "Attraper le bon wagon d’entrée"

Aguillon : "Attraper le bon wagon d’entrée"

Le 09/09/2021 à 09:09Mis à jour Le 09/09/2021 à 16:35

TOP 14 - TOP 14 – L’ancien centre de la Rochelle a rejoint le Castres Olympique à l’intersaison. A 34 ans, l’expérimenté Gersois Pierre Aguillon a trouvé un club qui lui correspond au niveau de l’état d’esprit. Interview avant le périlleux déplacement des Tarnais à Clermont.

Votre nouveau club le CO a entamé la saison par une victoire (16-12 contre Pau) mais avec un certain manque de rythme. Logique ?

La victoire était importante. En début de saison, c’est le lot de toutes les équipes de souffrir, surtout quand vous pensez qu’on a disputé qu’un seul match amical et que le nombre important de recrues fait qu’il y a encore un manque de repères. Tout se met en place gentiment mais on a beau faire tous les entraînements possibles, cela ne remplace pas les matches.

Le retour du public sans jauge a dû vous surprendre après ces longs mois de huis-clos ?

Cela a surtout fait plaisir car jouer dans un stade vide était assez morose. Ça change la donne au niveau de la communication avec les joueurs voire avec les coaches pour les annonces car on s’entend moins. Cela dit, évoluer dans un stade plein avec le public qui pousse derrière vous, c’est jouissif.

Comment se passe votre adaptation ?

Très bien. Je suis au cœur d’un groupe sain avec des anciens qui tiennent la baraque et avec énormément de valeurs humaines. Tout est fait pour intégrer très naturellement les nouveaux joueurs.

"Kockott et Urdapilleta, il vaut mieux les avoir avec"

Le manager Pierre-Henry Broncan nous disait, il y a quelques mois vous concernant, qu’il faut toujours un Gersois dans son effectif. Plus sérieusement, le CO semble vous correspondre autant que vous lui correspondez.

Je suis très content d’être au CO avec un état d’esprit qui coïncide bien. C’est un club atypique qui s’appuie sur d’énormes valeurs et où il n’y a pas un énorme budget ou d’énormes stars. C’est un club qui se bagarre avec ses moyens et a prouvé qu’il pouvait avoir des résultats en s’appuyant sur sa mentalité. J’ai choisi ce défi pour l’humain auquel j’accorde beaucoup d’importance.

Le jeu souhaité par Pierre-Henry Broncan vous correspond-il aussi ?

On a la même vision. Et puis je fais partie des bons soldats qui s’adaptent au rugby qui doit être mis en place. Avant le Stade Rochelais à la sauce Garbajosa, j’ai eu des tâches plus défensives ou j’ai aussi évolué dans des clubs où l’on envoyait un peu moins de jeu. Ce que va nous proposer le coach sera toujours un enrichissement personnel qui permet d’élargir la palette.

Top 14 - Pierre-Henry Broncan (Castres)

Top 14 - Pierre-Henry Broncan (Castres)Icon Sport

Comment sont Kockott et Urdapilleta en tant que coéquipiers quand ils ont été si ardus en tant qu’adversaires durant des années ?

(Sourire) Que ce soit à l’entraînement ou en match, ils sont aussi pénibles l’un que l’autre. Ils ne lâchent rien. J’avais évolué avec Urdapilleta à Oyonnax. Ce sont de super gars et il vaut mieux les avoir avec que contre car sur un terrain, ils vous rendent fou.

"Les Clermontois sont toujours prêts"

Sentez-vous que réussir le début de Top 14 est dans l’esprit du groupe, lui qui avait tant souffert la saison dernière ?

Bien commencé est essentiel car quand on a été relégable à mis championnat comme le CO la saison dernière, on parle alors de survie de club et on se met une pression monstre. Après, on a aussi regardé ce qui a été bien fait en deuxième partie de Top 14 et puis cette saison écoulée a été soldée. Dans tous les clubs, on se dit qu’il faut bien attaquer en attrapant le bon wagon d’entrée car c’est de plus en plus serré avec plus d’une dizaine d’équipes qui jouent le top 6 du classement. Regardez le BO qui est monté de Pro D2 et qui avec son recrutement, a frappé fort d’entrée. Elles sont loin les années où Auch ou Albi montaient en élite et se bagarraient avec leurs moyens tout en sachant qu’ils allaient faire l’ascenseur.

Que pensez-vous de ce déplacement au Michelin ?

C’est toujours compliqué. C’est une équipe qui a toujours mis beaucoup d’impact physique, de rythme et de vitesse. Que vous les jouiez en début ou fin de saison, les Clermontois sont toujours prêts et ce sont toujours des matches durs. Une fois ce constat fait, avec ce Top 14, le moindre point compte et il faut essayer d’en ramener de partout.

Peut-être que ces Jaunards maintenant drivés par votre ancien coach Jono Gibbes ne sont pas encore tout à fait prêts ?

Un nouvel entraîneur qui arrive dans un club met des choses en place au fur et à mesure sans tout casser ce qui a été fait avant. Jono a l’avantage d’avoir déjà entraîné à l’ASM par le passé. Et puis regardez leur équipe : elle n’a pas beaucoup changé avec des joueurs qui se connaissent comme des Parra et Lopez qui tiennent la barraque. Les Auvergnats n’ont jamais besoin d’un gros rodage : ils sont toujours fit d’entrée.

Vous avez été champion Espoirs et de Pro D2. Il ne manque plus que le Brennus à votre palmarès. Le CO est un club qui aime les challenges…

(Rires) Ce sont des titres qui datent ! J’aimerais bien et je travaille pour même si on est nombreux à le vouloir. On n’a pas l’effectif de certaines écuries mais on est prêt à se battre avec nos armes et assumer notre statut de pénible du championnat. Personnellement, je ferai tout pour remplir mon rôle afin que le CO soit performant et qu’on aille le plus loin possible.

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