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Goujon évoque ses souvenirs de derbys entre l'UBB et La Rochelle

Goujon évoque ses souvenirs de derbys entre l'UBB et La Rochelle

Le 01/04/2022 à 13:59Mis à jour

TOP 14 - Si Loann Goujon porte aujourd'hui le maillot de Lyon, il est un témoin privilégié pour évoquer la triple confrontation à venir entre l'UBB et La Rochelle. Lui, qui a porté les deux maillots, connaît mieux que personne la saveur de ce derby de l'Atlantique.

À la Rochelle, un match contre l'UBB, est-ce considéré comme un derby ?

Quand on monte, à la Rochelle, pour le premier match contre l'UBB. On était déjà dans une optique de maintien. Il y avait des enjeux différents, mais c'était un peu notre premier vrai derby. Parce qu'en Pro D2, tu as La Rochelle d'un côté et après pas mal de clubs du sud-ouest, de l'est. Finalement, autour de La Rochelle, tu n'as pas grand-chose. Donc, pour le coup, ce sont des matchs qui sont intéressants. Car d'un point de vue rochelais, on a un public assez fier, qui suit à fond son équipe et qui ne manque de chauvinisme. Du coup, jouer une équipe qui est relativement proche et à ce niveau-là, cela crée toujours un peu plus d'engouement. Cela se voir d'ailleurs quand le stade se remplit. À chaque fois que La Rochelle a joué contre l'UBB ou l'inverse, les stades étaient pleins. Cela veut bien dire l'engouement des spectateurs pour ce genre de rencontre.

Gardez-vous quelques souvenirs particuliers de ces matchs ?

Oui, je me souviens d'un car, j'en reparle avec lui. Il y avait Julien Rey (NDLR) qui jouait en face. On est devenu super ami par la suite. Il m'avait fait une commotion au bout de trente secondes. Il était tombé K.O. sur cette action-là. Et maintenant qu'on en reparle un peu, c'est vrai, c'était mon premier match contre l'UBB. Je crois qu'en plus, on le perd à la fin. Oui, je retrouve des bribes de souvenirs parce qu'après, avec le temps tu oublies pas mal de choses mais sur ce match-là, c'est le K.O. de Julien qui me revient parce qu'on en a reparlé. Et après, il y a d'autres matchs, le match retour à Chaban, où moi, je venais de signer à Bordeaux et on était sur une bonne phase avec La Rochelle pour le maintien et on fait un gros match là-bas. C'était notre premier match devant 30.000 personnes. Ce sont vraiment des moments forts.

Loann Goujon et Julien Rey (UBB) - 5 décembre 2015

Loann Goujon et Julien Rey (UBB) - 5 décembre 2015AFP

La Rochelle, l'UBB, cela demeure deux belles places du rugby Top 14 pour un match de prestige ?

Ce sont deux clubs qui ont des ambitions. Le Stade Rochelais. Tu peux voir le parcours du Stade depuis sa montée en 2014-2015. Tu vois que le club s'est pérennisé et installé très régulièrement dans le haut du tableau. C'est toujours une sorte de guerre de territoire. C'est le derby de l'Atlantique. Après les gens l'appellent comme ils le veulent, les média aussi. Mais au-delà de ça, c'est partout pareil. C'est comme un Clermont-Brive, c'est un Toulouse-Castres même si c'est au-dessus, parce que c'est vraiment très proche. On appelle cela un derby de l'Atlantique au début et finalement ça reste et ça prend. Et maintenant, c'est devenu un match phare. Finalement, après les clubs jouent le jeu et cela se ressent dans les causeries aussi. Ce sont des petites guéguerres de territoire. C'est bien de jouer ces matchs-là parce que tu as un enjeu différent, d'un point de vue sportif et d'un point de vue émotionnel. C'est bien que l'on est gardé ça dans le sport de haut-niveau, en tout cas dans le rugby de haut-niveau.

Et quels souvenirs vous reviennent quand vous portiez le maillot bordelais ?

C'était différent. C'étaient des matchs que j'appréhendais beaucoup. Surtout au début. Moi, je jouais contre mon meilleur ami, contre Kevin (NDLR Gourdon), tous les mecs avec qui j'ai joué pendant 3 ans. C'est vrai que je n'avais pas trop connu cela encore. Je pars de Clermont, j'arrive à La Rochelle, on joue en Pro D2. Donc on ne se rencontre pas. Et puis après le temps passe. Mais sur le coup, c'est vrai. C'était vraiment un match que j'appréhendais. D'ailleurs, je me souviens, la semaine avant ce match-là, je n'avais pas envie de parler à la presse, pour essayer de me mettre dedans. Et puis les mecs en face, ils te connaissent par cœur. Ils savent comment tu joues. Ils s'organisent comme il faut. Tu ne sais pas comment cela va se passer. Puis finalement, au coup de sifflet, c'est comme tous les matchs. T'es parti dans le match. Mais tu as toujours un sourire. Tu as toujours Uini (Atonio) dans un coin du ruck qui te tire le short. Maintenant, dans tous les matchs, tu commences à connaître des mecs. Mais pour le coup à l'époque, c'était un peu déstabilisant. Mais tu t'en souviens, c'est un grand bonheur.

Le plus coquin, ce n'était pas Pierre Aguillon ?

Pierre, c'est un sacré joueur. Après, on s'est croisé car je remontais à La Rochelle, on cotoyait les mêmes mecs. On discutait un peu. On se parlait un peu de nos matchs en se disant "tu te rappelles l'action que t'a fait, enfoiré, tu nous as tués". C'est drôle parce que tu te refais un peu les matchs. Au mois de juillet, on était au mariage de Kevin, il y avait deux trois potes de Clermont de longue date, tu avais aussi beaucoup de joueurs de La Rochelle, que tu côtoies en match, mais que tu ne connais pas bien en dehors. Et là, c'est l'occasion de discuter un peu et de se dire que finalement, il n'est pas si bête que ça lui.

La période Ibanez, comment abordait t-il ces matchs ?

Il me disait que c'était des matchs un peu pour moi. Il prenait un peu le côté émotif de la rencontre, pour apporter un plus à sa causerie. Après, toi si tu commences à t'emballer trop dans l'émotif, souvent, tu passes à côté. J'essayais de prendre du recul dans ses matchs-là. De toute façon, tous les coachs le font. Pierre (Mignoni) le fait aussi pour les mecs qui viennent d'un club et qui se retrouvent confrontés à son ancien club. C'est toujours des matchs spéciaux que tu coches sur le calendrier. Et souvent, tu essayes de donner plus que d'habitude pour pouvoir prouver que tu as fait le bon choix et que tu es performant. Pour être fier et dire que tu es encore là.

Comment voyez-vous cette triple confrontation ?

Je ne sais pas trop. Cela va être une drôle de série. Pour moi, c'est du jamais-vu. Surtout dans ces périodes clés. Ce n'est pas des matchs de préparation. Nous, on a rencontré deux fois Perpignan en deux semaines en janvier, mais ce n'est pas pareil. Là, ce sont vraiment des matchs où il faut être prêt, à enjeu. Cela sera à celui qui tiendra le mieux. Peut-être celui qui aura le moins de blessés. Trois matchs ? C'est difficile. Chacun se pose la question : comment ils vont aborder le premier, Est-ce que le 2e, ils vont être avec cette équipe, est-ce qu'ils vont encore faire pareil pour le 3e. C'est dur d'appréhender ça. Après, ce sont des matchs importants, tu te dois d'être à 200 % à chaque fois. Je ne pense pas qu'au niveau de l'envie cela change grand-chose. Car on est déjà quasiment dans des périodes de phases finales. En Coupe d'Europe oui, et en championnat, c'est quasiment pareil avec les derniers matchs. Tout le monde est à fond jusqu'à la fin.

Comme pour vous avec le Lou ?

Oui, c'est le cas. Tu es 3e et finalement, tu perds un match sans prendre de points. Et vite, tu te retrouves 5e-6e avec le 7e qui te bouge derrière. Cela va être une grosse fin de saison ; c'est génial des saisons comme ça. Mais c'est vrai qu'au niveau du stress, y'a mieux. C'est incroyable, car nous on va jouer Bordeaux à Bordeaux, on va recevoir La Rochelle. On a vraiment des gros matchs contre des concurrents directs. On n'aura pas le choix. Il faudra gagner. De toute façon, ce sera à qui sera le plus régulier sur la fin de saison.

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