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  • A l'issue des douze premières journées de Top 14, l'Aviron Bayonnais est toujours invaincu à domicile
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Les petites histoires de la 12ème journée

Par Rugbyrama
Le

TOP 14 - Chaque week-end, le championnat de France regorge de petites histoires. Des faits inédits ou insolites, qui font son charme. Ce week-end encore n'a pas dérogé à la règle. C'est pour cela que Rugbyrama vous permet de revenir sur plusieurs petites histoires de ce samedi en Top 14

Paris, ça vole haut

Le Stade français sur le podium quasiment à mi-saison, rares sont ceux qui auraient misé un euro sur un telle performance au mois d’août dernier. Cette position, les Parisiens la doivent essentiellement à leur paquet d’avants, même si samedi soir, pour la première fois de la saison, la ligne de trois-quarts s’est vraiment révélée d’une redoutable efficacité, dans le sillage notamment du percutant Julien Delbouis. Pour autant, après un début de match foireux, c’est bien les gros qui ont remis le club de la capitale sur le chemin du succès. La recette est toujours la même : un bon vieux ballon porté après touche en réponse à ce premier essai rochelais après moins de deux minutes de jeu. Il faut dire que les joueurs de Laurent Sempéré possèdent le meilleur alignement du Top 14 (87 % de touches gagnées et 23 ballons volés avant la rencontre). Surtout, la qualité de la conquête aérienne se ressent sur l’efficacité générale : sur les 26 essais inscrits jusque-là, dix-sept l’avaient été consécutivement à une touche.

Samedi face aux Rochelais, ça n’a pas raté. Ce premier essai d’Ivaldi est intervenu après un lancer capté par Sekou Macalou qui a vite décalé le ballon sur le premier bloc de saut en direction de Baptiste Pesenti. "Une combinaison longuement travaillée durant la semaine", confie un des avants parisiens. "Prendre un essai sur maul, c’est rare pour nous", a même confessé, presque admiratif, le troisième ligne rochelais Grégory Alldritt. Et que dire de ces cinq ballons volés au total, dont l’un a permis l’essai de Romain Briatte en seconde période ? "On a été totalement sevrés de ballon, a simplement commenté Sébastien Boboul, l’un des coachs maritimes. Pourtant, on connaissait la qualité de leur alignement et notamment de leur contre, on s’y était préparé." En vain.

Ramos, ça devient presque indécent

On l'avait quitté grand gagnant de la tournée du XV de France, lui qui s'était enfin vu offrir une chance d'être le numéro 1 à son poste en sélection et qui a clairement ébloui de son talent la tournée des Bleus. Chacun a compris qu'il s'agit de Thomas Ramos, l'arrière du Stade toulousain qui avait bénéficié d'une semaine de vacances bien méritée au sortir de la fenêtre internationale et avait raté le déplacement à Lyon. on l'a retrouvé encore étincelant face à Perpignan ce samedi. C'est bien simple : tout ce que Ramos tente, il le réussit. C'était absolument frappant face à l'Usap. Alors que son équipe ronronnait par instants, c'est lui qui a su impulser les choses et forcer le destin, à la grâce d'un culot qui sera toujours sa marque de fabrique. Par deux fois, il fut décisif en tapant un subtile coup de pied par-dessus la défense qui, à chaque reprise, a fini dans ses mains. "Je ne suis pas fan de ces coups de pied mais, quand ça marche comme ça, il faut savoir reconnaître que c'est bien joué", souriait son entraîneur Clément Poitrenaud après le match.

Top 14 - Thomas Ramos (Toulouse)
Top 14 - Thomas Ramos (Toulouse)

Le truc, c'est qu'il sait aussi que son joueur - le meilleur du Top 14 depuis le début de saison - marche actuellement sur l'eau. Et Ramos possède cette faculté à mettre son insolente réussite au service des siens. Alors que le Stade toulousain était en quête du bonus offensif à deux minutes du terme, c'est à nouveau lui qui a enclenché une merveille de contre-attaque depuis ses vingt-deux mètres, à l'origine de l'essai de Romain Ntamack. "Je me régale", a dit l'intéressé en conférence de presse. Et nous aussi en l'admirant. On oublierait presque qu'il a aussi livré un récital face aux poteaux, avec un sans-faute dans l'exercice... On l'a même vu gratter un ballon dans un ruck. Quel que soit le numéro dans le dos ou le maillot sur les épaules, Ramos évolue tout simplement sur une autre planète en ce moment.

Damian le timide

Les caméras avaient braqué leurs objectifs sur l’ailier clermontois. Dès l’entrée des joueurs sur la froide pelouse du Michelin, Damian Penaud était scruté par les 14 000 spectateurs chaudement vêtus. Meilleur joueur de l’Autumn Nations Series, courtisé par l’Europe du rugby, le Corrézien de naissance était attendu pour réchauffer une Auvergne rafraîchie par l’approche de Noël et, surtout, par la baisse de régime de l’ASM ces dernières semaines. En première période, Damian Penaud a surtout levé les bras et décroché son protège-dents jaune pour pester contre les décisions de M. Pearce… ou les en-avants de ses coéquipiers. Le froid avait glacé les intentions de jeu clermontoises et c’est donc en toute logique que l’ailier international paraissait très frustré, dénué de sa folie naturelle qui fait de lui un être à part.

Top 14 - Clermont - Penaud
Top 14 - Clermont - Penaud

S’il a fait frissonner les aficionados auvergnats sur deux ou trois courses en travers, Damian Penaud s’est pour la première fois montré trop timide pour électriser une après-midi quasi hivernale. Pire, le fils d’Alain Penaud, présent au milieu des sièges bleus du Michelin, s’est rendu coupable malgré lui d’une cagade, envoyant Bridge à son premier essai. D’habitude si décisif, le Clermontois a admis sa "faute" même si l’action partait de bien plus loin. Alors que l’idole des jeunes auvergnats se dit toujours en réflexion quant à son futur, Damian Penaud aura sans doute du feu dans les jambes pour percer les golgoths sud-africains et vaincre sa timidité brutale.

Deux gestes pour dissiper le brouillard sur Chaban-Delmas

En trois minutes en première mi-temps, on a vu les deux facettes de l’excellence bordelaise. Il y eut d’abord ce geste de labeur de Cyril Cazeaux, un coffrage de la meilleur espèce sur un avant briviste qui venait le défier. Un geste plein de force et d’autorité, destiné sans doute aux puristes. Puis peu après, on vit Matthieu Jalibert s’extirper d’une situation hyper délicate le long de la ligne de touche, une course et des crochets imparables sur vingt mètres pour éliminer quatre défenseurs brivistes ou l’art de redresser une action.

Il n’y eu pas de conséquences décisives à ces deux moments de grâce, juste du plaisir à prendre et l’idée que le jeu de l’UBB, ce n’est pas que le génie de son ouvreur, mais aussi le travail de ses avants, parce que Cyril Cazeaux n’a pas montré que ce coffrage. Ballon en mains, on a bien noté trois ou quatre avancées tranchantes, dans son style caractéristique, buste en avant : une vraie figure de proue. Ces trois ou quatre minutes, elles ont donné le tempo du reste de la partie, comme un long crescendo qui a fait roucouler le public et dissiper le stress qui se diffusait comme un brouillard sur Chaban-Delmas et sur Moga.

Invaincus à Jean Dauger, pas le sujet !

Les droits d’auteurs du poète basque (aujourd’hui disparu) sont montés en flèche depuis que Camille Lopez est devenu le chef d’orchestre de Jean Dauger. Sa chanson des "fêtes de Mauléon", créée en …1950, y est désormais un tube, au même titre que la "Peña Baiona". Encore une fois elle a été reprise dans la magnifique ambiance de la victoire face à Lyon. Pour la sixième fois, cette saison, les bayonnais sont restés maîtres dans leur enceinte. Pour la sixième fois le stade a vibré à guichets fermés. Et les joueurs ne se lassent plus de leur tour d’honneur qui n’en finit plus. Au-delà de l’ambiance, ce sont des points précieux qui s’amassent. Rester invaincu à Jean Dauger n’est pourtant pas un sujet évoqué dans le vestiaire. "De toutes façons, il faut essayer de gagner tous les matchs, estime Facundo Bosch. C’est important de communier avec le public. Mais Jean Dauger ou pas, il faut rester performant lors de tous les matchs." Grégory Patat confirme, il n’y a pas d’objectif en la matière : "On ne l’aborde pas ainsi. C’est clair que si on arrivait à le faire, ce serait grandiose. Avec une telle atmosphère, une telle ambiance, ça peut créer une grosse synergie. Mais on n’en parle pas."

A l'issue des douze premières journées de Top 14, l'Aviron Bayonnais est toujours invaincu à domicile
A l'issue des douze premières journées de Top 14, l'Aviron Bayonnais est toujours invaincu à domicile

Néanmoins, la performance des basques est à souligner. Les récents vainqueurs de Toulouse sont tombés dans ce stade qui en redemande et qui se met maintenant à rêver. Le Racing, l’UBB, La Rochelle, Toulouse et donc Lyon, ténors de ce championnat, sont repartis contrits. Paradoxalement, Perpignan, l’équipe la plus modeste des six, a donné du fil à retordre aux bayonnais qui ont su, ce jour-là, aller chercher des ressources au fond d’eux-mêmes, mus par cette prodigieuse force venue d’un stade déchaîné. Ce que certains appellent le supplément d’âme. Le supplément "Jean Dauger".