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Le Castres olympique face au jury : rigoureux toute l'année, hors-sujet au concours final

Le Castres olympique face au jury : rigoureux toute l'année, hors-sujet au concours final
Par Rugbyrama

Le 01/08/2022 à 13:56Mis à jour Le 01/08/2022 à 15:12

TOP 14 - C’est l’heure des passages devant le jury pour les 14 équipes du championnat. Après une haletante saison 2021-22, chaque club doit tirer son bilan pour faire mieux l’année prochaine. Modèle de travail et de constance, l’élève castrais a passé toutes les matières avec succès, mais s’est manqué lors de l’ultime examen.

Chaque année, les mêmes craintes reviennent. Chaque année, ils ont prévu de faire dérailler chacun de leur adversaire. Et chaque année, les Castrais s'immiscent là où on ne les attend pas. Après une incroyable remontada lors de la saison 2020-21 où le CO n’avait finit qu’à un cheveu de la sixième place, l’escouade de Pierre-Henry Broncan s’était mise en ordre de bataille pour l'exercice 2021-22. Avec l’arrivée d’une nouvelle troisième ligne (Ben Nicholas et Champion de Crespigny) et du prometteur Walcker, Castres voulait retrouver sa place dans les barragistes et faire vaciller les ténors du championnat.

En piégeant une première fois Clermont dans son antre dès la deuxième journée, les Castrais rappelaient à la France du rugby qu’ils étaient bel et bien de retour. Porté par un savant mélange d’expérience, de vitesse et de malice, le CO a ajouté un jeu séduisant et offensif à ses éternelles valeurs de combat et de vaillance. Résultat final, une défaite au Stade de France face à Montpellier mais une première place pleine de promesses et symbole d’un groupe sans doute plus uni que jamais.

Le + de la saison : une constance à tout craindre

Dans ce Top 14 2021-22 étouffant de tension et de nervosité, aucune équipe du championnat n’a réussi à être aussi constante que le Castres olympique. Le protégés de Pierre-Henry Broncan n’ont perdu deux matchs de suite qu’une seule fois dans la saison de Top 14 (à Lyon et Montpellier, au mois de novembre). Fort d’un collectif huilé depuis plusieurs saisons avec une colonne vertébrale solide (Dumora, Combezou, Urdapilleta, Ben Nicholas, Staniforth), le Castres olympique n’a jamais douté. Surtout, le staff bleu et blanc a pu compter sur un effectif fiable, avec peu de blessures graves durant la saison régulière.

Le Castres olympique a compté sur un groupe solide toute la saison

Le Castres olympique a compté sur un groupe solide toute la saisonIcon Sport

Guidés par le duo Bronacn-Darricarrère, les Tarnais avaient toutes les cartes en main pour être la meilleure équipe du championnat. Enchaînant neuf victoires sur les onze derniers matchs (dont six d’affilée), les Olympiens ont terminé la saison en boulet de canon pour s’emparer de la place de leader et regarder les barrages depuis leur canapé. Une première depuis l’instauration du Top 14 en 2005. Les Castrais n’ont d’ailleurs occupé la première place qu’une seule fois cette saison… lors de la dernière journée.

Le - de la saison : la Udrapilleta-dépendance

Inusable, increvable, éternel… Les adjectifs ne manquent pas pour caractériser Benjamin Urdapilleta. Le balancier argentin de 36 ans a une nouvelle fois réalisé une saison prodgieuse. Imperturbable dans l’exercice des tirs au but et dans la maîtrise du jeu castrais, le Puma a été un atout indispensable à la saison des Olympiens. Indispensable car sans lui, le jeu castrais chutait de valeur. Titularisé à vingt reprises en vingt et une rencontres, Urdapilleta a joué en moyenne 73 minutes par match. Incapable de se séparer de son ouvreur, Pierre-Henry n’a pu que partiellement compter sur Ben Botica.

Benjamin Urdapilleta (Castres) face à Toulouse

Benjamin Urdapilleta (Castres) face à ToulouseIcon Sport

Si le Néo-Zélandais a joué neuf rencontres en Top 14, son impact dans le jeu fut bien moindre que celui de l’Argentin. Symbole de cette Urdapilleta-dépendance, Castres s’est totalement délité lorsque son vieux briscard est sorti blessé lors de la finale face à Montpellier. À 38 ans, le Puma jouera une saison de plus et le staff castrais serait bien inspiré de palier à son indispensable demi d’ouverture.

Le match de la saison : le water-break gagnant face à Toulouse

Même leader, bénéficiant d’une semaine de repos et avec un effectif au grand complet, les Castrais n’étaient pas favoris face à Toulouse, quatrième du championnat. Habitué des barrages, le CO a eu beaucoup de mal à rentrer dans sa demi-finale. Pris par la férocité et la vitesse toulousaine, les Olympiens encaissaient un cinglant 10-0 en dix-sept minutes. Malmenés, les Castrais semblaient avoir les jambes lourdes jusqu’au décisif water-break. À la 20e minute, Julien Dumora a harangué ses troupes prévoyant une fin de première mi-temps diabolique pour les Toulousains.

Santiago Arata (Castres) laisse exploser sa joie après la victoire en demi-finale face à Toulouse.

Santiago Arata (Castres) laisse exploser sa joie après la victoire en demi-finale face à Toulouse.Icon Sport

Après les paroles, les actes. Urdapilleta s’est chargé de ramener les deux équipes au vestiaire à 10-9. Castres commençait à renverser la vapeur lorsque Arata se chargea de donner un premier coup de dague au Stade toulousain. Un essai plein de malice dès l’entame du second acte faisait basculer la rencontre du côté castrais. Les Rouge et Noir s’empressèrent de répondre au CO grâce à un essai virevoltant de Romain Ntamack. 16-15, puis 16-18 après une pénalité de Thomas Ramos. Les Castrais ont ensuite été d’un sang-froid à toute épreuve. Urdapilleta donnait un point d’avance à ses troupes à la 70e minute avant que l’Argentin ne donne une sublime passe au pied pour Nakosi qui remis à Dumora. 24-18 score final après une nouvelle démonstration défensive en fin de rencontre.

Le joueur : Tom Staniforth, un géant au milieu des humains

Au milieu de cette saison presque parfaite, plusieurs joueurs ont brillé dans l’escouade tarnaise. L’indispensable Urdapilleta, la marathonien Dumora, le fantasque Botitu… Mais le CO a également pu s’appuyer sur l’une de ses principales poutres devant : Tom Staniforth, le deuxième ligne colossal de Castres. Joueur le plus utilisé à son poste, l’Australien a acquis une nouvelle dimension après avoir posé ses valises dans le Tarn en 2020. Avançant sur chaque prise de balle, Staniforth fut un rouage essentiel à la domination castraise où il n’a jamais débuté une rencontre sur le banc des remplaçants en Top 14.

Top 14 - Tom Staniforth (Castres) face à Montpellier

Top 14 - Tom Staniforth (Castres) face à MontpellierIcon Sport

En fin de contrat cette saison, Staniforth réfléchit à son avenir. "Rester ici est une décision difficile, car toute ma famille est restée en Australie, notamment mon père et ma mère, mais c’est la vie. L’Europe et la France sont aussi de bonnes opportunités pour voyager et découvrir autre chose…" déclarait le colosse en avril dernier pour Actu Rugby. Le grand Tom sera assurément l’une des priorités de Pierre-Yves Revol.

Et maintenant ? On prend les mêmes et on recommence

L’intersaison castraise a été une nouvelle fois très calme. Après avoir prolongé certains de ses leaders (Barlot, Babillot, Vanverberghe…), le CO a misé sur un recrutement presque intégralement estampillé Pro D2. Hormis la venue de Leone Nakarawa, les cinq autres recrues castraises viennent du deuxième échelon français. Asier Usarraga et Basten Séguret sont notamment très prometteurs, mais pour le début de saison, Castres devrait aligner presque l’intégralité de son équipe finaliste face au MHR, Nakarawa remplaçant Loïc Jacquet. Avec la retraite de Rory Kockott, une page se tourne mais tout le monde reste en éveil pour retrouver le Bouclier de Brennus, cinq ans après.

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Par Clément LABONNE

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