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La préparation physique, l’autre réussite castraise

La préparation physique, l’autre réussite castraise

Le 23/06/2022 à 14:35Mis à jour Le 23/06/2022 à 14:47

TOP 14 – Avec un seul blessé longue durée (Ardron) et des joueurs encore frais après une saison marathon et plein de coupures, les cellules de préparation physique et médicale ont eu des rôles primordiaux côté Tarnais cette saison. Avec 80 dernières minutes à disputer, la bande à Vincent Giacobbi, le responsable de la performance a fait de sa fraîcheur physique un atout.

Les coaches ont l’habitude de répéter que le rugby moderne se gagne à 23 (joueurs). Au Castres Olympique, en sus de la cinquantaine de joueurs ayant porté les couleurs cette saison, on n’oublie pas les 21 membres qui composent le staff. Par-delà le squad sportif dirigé par Pierre-Henry Broncan (avec les Darricarrère, Worsley, Caballero, Wihongi ou Teulet), des acteurs vidéo (Axisa, Loupias), logistique (Rallier, Cizek, Lungu,) ou discipline (Clavé) œuvrent aussi pour les Olympiens.

Le staff médical des docteurs Chadourne et Ferrié (avec les kinés et ostéos M. et Mme Frize, Rouanet, Stefan, Suinot, Virvès) est aussi un rouage essentiel, tout comme le squad performance que dirige Vincent Giacobbi avec Geoffrey Duffau et Julien Rebeyrol sous sa responsabilité. L’entraîneur principal Pierre-Henry Broncan est sans équivoque au sujet de son prépa d’origine corse et débarqué en 2016 dans le Tarn.

David Darricarrère, Pierre-Henri Broncan, Karena Wihongi (de dos), Yannick Caballero (Castres)

David Darricarrère, Pierre-Henri Broncan, Karena Wihongi (de dos), Yannick Caballero (Castres)Icon Sport

"On a le meilleur préparateur physique de France et il est encore en contrat pour trois années chez nous." Directeur de la performance, le principal intéressé est cet ancien centre rugueux du Racing ou de Narbonne. Peu souriant de prime abord et minutieux, il n’oublie pas de s’adapter à la culture du pays où il travaille ainsi qu’à l’aspect ludique parfois, notamment pour faire digérer les heures à soulever de la fonte. "Les séances de musculation ont des thématiques définies avant, rappelait-il. Les joueurs connaissent leurs objectifs avant les efforts. Le but est que chaque joueur continue de développer ses qualités durant toute la saison."

Turnover, covid, coupures, …

Passé par l’Afrique du Sud ou les Saracens, Vincent Giacobbi dévoile un peu de sa recette, alors que la toute première préparation physique de la saison actuelle a débuté le 12 juillet 2021. "La charge de travail et le rugby sont au cœur de tout, en fonction des profils et du planning. Il faut réaliser un mix des qualités de force et de vitesse sur la durée. Le rugby est un sport d’accélération qui enchaîne les efforts explosifs à haute intensité. La prépa s’adapte au profil de chaque joueur et de ses tâches, qu’il s’agisse de puissance, d’endurance ou de vitesse."

Cette saison, des mauvaises langues arguent que si les Olympiens sont aussi en forme, c’est parce qu’ils ont galvaudé la Coupe d’Europe. Or, grâce à une profondeur de banc plus efficiente cette saison, les Tarnais ont pu faire tourner et souffler, tout en disputant tous les matches (quasiment sans aucun forfait ou tapis vert) de la Champions Cup, perdant de peu contre des adversaires de prestige comme les Harlequins ou le Munster.

Les atouts ont plutôt été de concocter un effectif sans trop d’internationaux se fatigant par les nombreux aller-retours, de bien gérer les cas covid pour avoir quasiment aucun match bouleversant le calendrier et enfin de bien gérer les coupures de 15 jours à trois semaines sans matches, inhérentes aux périodes internationales ou à leur élimination européenne.

Julien Dumora : "De la fraîcheur encore"

En plus de cette fraîcheur essentielle, l’effectif bleu et blanc compte peu d’éléments sur le carreau, comme le confirme l’entraîneur Pierre-Henry Broncan. "On a un effectif presque complet et on s’est aussi habitué aux coupures sans match dans notre calendrier. Nos staffs médicaux et de préparation ont bien géré tout cela. J’ai un staff en or." Vincent Giacobbi n’est pas étonné. "Cela fait plusieurs années qu’il n’y a que peu de blessures ici. C’est le résultat d’une bonne communication entre tous les acteurs et secteurs du staff qui propose des charges de travail et de récupération en conséquence. Un gros travail de préparation des séances est effectué en amont et dans l’ombre. Optimiser les charges de travail pendant la semaine et la saison, c’est la clé pour durer."

Présent sur les rives de l’Agout depuis 2014, Julien Dumora et ses 34 ans apprécient. "On a un staff très compétent, qu’il s’agisse du physique, du sportif ou du médical. Il y a du bon travail et le tout avec une bonne ambiance. Le fait d’avoir peu de blessés rend les entraînements plus faciles et de meilleure qualité, avec aussi plus d’émulation." Ce travail de chaque instant qui consiste à bichonner les joueurs pour qu’ils donnent le meilleur est donc déjà un succès comme le détaille Julien Dumora.

Top 14 - Julien Dumora (Castres) face à Toulouse en demi-finale de Top 14.

Top 14 - Julien Dumora (Castres) face à Toulouse en demi-finale de Top 14.Midi Olympique

"On se sent bien physiquement et on a bien bossé cet aspect quand il le fallait durant la saison. Avec la qualification directe pour les demies à laquelle nous n’étions pas habitués, on partait un peu dans le flou. Pourtant, même cette période de phases finales a été bien gérée. Hormis les 20 premières minutes de la demie, je nous trouve bien physiquement, avec de la fraîcheur encore." Confirmation attendue lors des 80 dernières minutes de la saison ce vendredi.

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