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L'Union Bordeaux-Bègles est "capable de tout" selon Urios

L'Union Bordeaux-Bègles est "capable de tout" selon Urios

Le 10/06/2022 à 10:58Mis à jour Le 10/06/2022 à 11:24

TOP 14 -Entre un Racing qualifié de justesse et l'Union Bordeaux-Bègles branchée sur courant alternatif durant tout le printemps, ce match de barrage promet d'être particulièrement serré. Christophe Urios, a voulu avant cette échéance, mettre son équipe devant ses responsabilités.

Christophe Urios s'est présenté seul à la presse. Ses joueurs eux, ont préféré s'abstenir. L'entraîneur de l'UBB, a exposé à sa façon, sa vision des choses avant le barrage qui doit opposer son équipe au Racing. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'incertitude, plane sur cette rencontre. "Là, aujourd'hui, on est capable de tout. Je ne sais pas. Pour moi, c'est la première fois où j'aborde une phase finale où tu ne sais pas trop. Tu ne sais trop comment on va réagir. Sur la compo d'équipe, je ne sais pas trop. Sur ma programmation de la semaine, je ne sais pas trop. On devait annoncer l'équipe aujourd'hui, on ne le fait pas parce que je ne sais pas. Cela montre bien que l'on est à la fois fragile et à la fois que l'on est capable de tout", déclarait-il sans trop savoir.

Voilà qui est dit. Le manager Bordelo-Béglais a pourtant mis en place quelques moyens pour secouer son équipe. Le premier, c'est d'avoir effectué l'entraînement de mercredi dernier à Chaban-Delmas, même s'il assure n'y mettre aucun symbole. Le deuxième, et pas le moindre, c'est de n'avoir pas parlé à son groupe de joueurs depuis 2 jours. "Moi, je n'ai pas fait une seule réunion, lundi et mardi. Ce sont eux qui ont fait des réunion", avouait Christophe Urios. Par contre, ce dernier a organisé une réunion "conseil des sages", avec les leaders, mardi matin : "Ils ont voulu nous rencontrer, pas de problème. Nous exposer les choses, pas de problèmes. C'est encadré quand même. Et c'est une bonne, une très bonne chose. C'est à eux maintenant à prendre le truc."

Dire les choses

Car cette équipe n'arrive pas à trouver de la régularité et de la constance. Après la victoire probante contre Lyon, il y a eu cette défaite face à Perpignan, alors que chacun connaissait l'enjeu de ce match : le top 2. "J'ai été déçu, expliquait le manager bordelais, avant de reprendre. Eux aussi ils ont été déçus. On n'a pas fait ce que l'on avait dit encore une fois. Il y a un vrai écart entre ce qu'on dit et ce qu'on fait. J'ai été déçu, je l'ai dit. C'est comme cela que je marche. Il faut passer à autre chose. Ce qui m'intéresse maintenant, c'est le quart de finale. Même si c'est difficile pour moi."

Les joueurs de l'Union ont donc pris en main les choses pour préparer ce barrage de très haut niveau, qui les attend. Outre les réunions, ils ont donc décidé de ne pas venir en conférence de presse "Probablement parce qu'ils ont envie de se resserrer et ça, c'est bien. Je trouve qu'ils ont eu une réaction très positive depuis lundi", expliquait le coach.

Une réaction dû aux paroles fortes ciblant les deux joueurs phares de l'effectif : Cameron Woki et Matthieu Jalibert. Mais d'autres ont en pris aussi pour leurs grades, comme Thomas Jolmes, sorti à la mi-temps. Ainsi, les choses sont dites, même si cela peut blesser. L'électrochoc a, au moins, fonctionné pour ce début de semaine : "Je dis assez souvent que ce sont des champions. Et les champions, ils te font gagner les matchs. Ils te font gagner des titres", analysait le natif de Montpellier.

Top 14 - Matthieu Jalibert et Christophe Urios (UBB)

Top 14 - Matthieu Jalibert et Christophe Urios (UBB)Icon Sport

Les phases finales, cet autre championnat

L'ambiance n'est pas idéale, donc, pour préparer ce barrage. Mais cette phase finale peut réellement transformer cette équipe capable de tout. La formule du manager est limpide : "Tu gagnes, tu continues. Tu perds, tu es en vacances." Mais il sait aussi que ce principe d'élimination directe peut faire prendre conscience à son groupe, de leurs capacités : "Je sais trop que les phases finales sont tellement différentes de la phase régulière. Je vais te prendre l'exemple récent de Bayonne. Est-ce que Bayonne a fait un grand championnat ? Je ne les ai pas suivis mais je ne crois pas. Pas tout le temps en tous les cas. Est-ce que Bayonne a fait une belle demi-finale ? Ils ont été drôlement accrochés par Oyonnax. Et ils ont fait une grande finale. La vérité des phases finales, c'est à part."

À Chaban, avec le soutien indéfectible d'un public bienveillant, la donne ne sera pas la même. "Le Racing 92, c'est l'équipe qui est capable de s'adapter à l'arbitre. Et c'est surtout une équipe qui est réaliste. Alors, si je prends le dernier match à l'Usap, cela fait un peu flipper. Si je prends le match à Montpellier, un peu moins", détaillait le coach.

Le Racing veut les faire "douter"

L'adversaire, le Racing 92, auteur eux aussi de prestations mi-figue mi-raisin ne viendra pas en victime expiatoire à Chaban-Delmas. Les Racingmen ont d'ailleurs remporté la dernière confrontation avec une dernière pénalité en toute fin de match. Christophe Urios connaît depuis longtemps, le mode de fonctionnement de l'équipe de Laurent Travers : "Je trouve qu'ils ont été très bons devant, contre Toulon. Les joueurs de devant on fait un gros match. Derrière, on les connaît tous. Ça va très vite. Elle va se reposer sur l'état d'esprit, la conquête, sur l'occupation du terrain, sur une défense "plaquer dur, plaquer fort." Chaque fois, ils nous font douter sur la défense."

L'Union devrait, sans doute, porter le ballon, plus que d'habitude. Un jeu qui ne leur convient pas forcément selon Christophe Urios : "Dans ces bras de fer, ce n'est pas ce que l'on préfère. On préfère être dans le jeu et jouer d'une certaine façon. Mais, je trouve que l'équipe a progressé là-dessus. Il faudra aussi que l'on soit capable, sur ce match de prendre les choses en main. Peut-être plus que d'habitude." L'attitude dans les rucks sera clé, ainsi que la capacité à occuper le terrain la patience dans les zones de marque.

Top 14 - Virimi Vakatawa (Racing 92) face à l'UBB

Top 14 - Virimi Vakatawa (Racing 92) face à l'UBBIcon Sport

Une compo surprise ?

L'UBB, se prépare, donc, avec pas mal d'incertitudes. Et Christophe Urios a même laissé planer un doute : "Sur la compo d'équipe, je ne sais pas trop". De qui mettre ses joueurs sous pression. Mais certains pourraient tâter du banc. D'ailleurs, quatre joueurs supplémentaires postulent pour une place sur le terrain pour cette rencontre décisive : Jefferson Poirot, Louis Picamoles, Rémi Lamerat et Ben Lam. Les trois premiers pourraient amener le petit plus d'expérience et de patience, nécessaire à ce groupe "jeune" comme l'a plusieurs fois indiqué Christophe Urios. De quoi contrer une armada, bleu et blanche menée par une paire internationale Fickou-Vakatawa, intenable. "Ce sera un match tendu, peut-être bien cadenassé, mais passionnant.", décryptait l'entraîneur bordelais.

"Aujourd'hui, on est focus sur le match du racing, explique Christophe Urios. La seule chose que j'aurais voulu faire, c'est être en demi-finale. Sur la reprise, je les trouve changés. Je les trouve beaucoup plus acteurs. Après, ils sont face à leurs responsabilités. On est face à notre destin. Je leur ai dit avant le match de Perpignan. Le destin, tu peux le faire bouger. À condition d'être vivant." Souhaitons à l'UBB, d'avoir le cœur qui bat fort, dimanche...

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