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Sans victoire après trois journées, La Rochelle s'impatiente... et manque de patience

Sans victoire après trois journées, La Rochelle s'impatiente... et manque de patience

Le 22/09/2021 à 09:14Mis à jour Le 22/09/2021 à 11:00

TOP 14 - Trois défaites en trois matchs, le Stade Rochelais réalise son plus mauvais départ depuis son arrivée en Top 14. Pourtant, le club maritime a fourni lors de ces confrontations, des prestations de qualité, mais pèche par impatience et manque de précisions. Des détails à corriger d'urgence pour le prochain match contre le BO.

Frustration, état de quelqu'un qui est frustré, empêché d'atteindre un but ou de réaliser un désir, selon le Larousse. Depuis le début du top 14, le mot est malheureusement à la mode à La Rochelle. Petit florilège depuis le début de la saison "La frustration est immense, c’est compliqué", soufflait Pierre Bourgarit à l'issue du premier match contre le Stade Toulousain. Bis repetita contre le Racing avec le capitaine Romain Sazy : "La frustration, c'est ce qui domine sur ce match, comme sur celui de la semaine dernière". Et pour le dernier match, Ronan O'Gara : "Je suis frustré, déçu pour les joueurs. On n'a pas été efficaces."

Dominants sur certaines périodes, volontaires, percutants, les Rochelais n'ont pourtant pas réussi à remporter un seul match depuis le début du championnat. Trop impatients, trop imprécis, comme des maçons pressés de finir le chantier, mais qui oublient les finitions. L'exemple le plus flagrant ? L'action de la 72e minute à Clermont. Menés 20-15, Les Rochelais sont à moins d'un mètre de la ligne, pilonnant avec entrain, la défense adverse. Pierre Bourgarit porte le ballon, et malheureusement rampe. Dans les 6 dernières minutes, le Stade Rochelais va cumuler, un lancer en touche pas droit, un mauvais soutien au placage et une autre faute au placage qui offrira la pénalité de la gagne à Camille Lopez. L'équipe rochelaise ne peut s'en prendre qu'à elle-même, à cette incapacité à se payer quand elle est dans les zones de marque.

Patienter pour concrétiser

Au final, les coéquipiers de Romain Sazy, se trouve dans une situation inédite, celle d'un club finaliste du dernier championnat et actuel 12e du Top 14 avec 2 petits points. Ronan O'Gara et le staff ont bien conscience des maux dont souffrent les Jaunes et Noirs : un mélange d'imprécision et d'impatience. "Il y avait mieux à faire. Quand on manque de précision, on ne mérite pas de gagner." Ce constat a déjà été fait contre le Stade Toulousain et le Racing. Le 3e ligne sud-africain, Wiaan Liebenberg l'évoquait ainsi, avant le déplacement au Michelin : "C'est surtout un manque de patience. On a envie de marquer au bout de 2-3 temps de jeu. On n'a pas encore assez travaillé notre patience pour effectuer 10 voire 15 phases s'il le faut. Du coup, on se précipite un peu avec des petites passes et cela fait de petites erreurs. C'est juste une question de patience et cela s'apprend avec le temps. À nous à chaque match de travailler, là-dessus." Pas la peine de chercher le thème des entraînements de la semaine.

Une défense moins efficace

Avec cette absence d'efficacité près des lignes, ces franchissements qui ne trouvent pas de conclusions derrière la ligne, le Stade Rochelais doit aussi se pencher sur une défense moins imperméable que l'an dernier. Cinq essais encaissés, un pourcentage plus faible de plaquage réussis (77 %, 13e du top 14). Alors que le club maritime avait construit sa saison, l'an dernier, sur une défense de fer, les espaces semblent plus nombreux dans la ligne rochelaise. Moins de ballons grattés, une efficacité face au but moindre avec pourtant 57 % de possession, drôle de début de saison, pour les Rochelais, en manque flagrant de réalisme et avec de plus, un déchet technique inhabituel pour le finaliste du Top 14 et de la Coupe d'Europe.

Des circonstances atténuantes

Alors, comme les gamins pris les doigts dans le pot de chocolat, l'équipe rochelaise a des circonstances atténuantes. Celle du péché de gourmandise, du désir d'aplatir au plus vite. On pense encore, à ce début de calendrier infernal que le machiavélique ordinateur de la Ligue a délivré. Toulouse d'entrée de jeu, le Racing et Clermont, c'est plutôt costaud comme programme. Puis, on ne peut que penser à cette préparation d'avant-saison réduite au minimum, sans match amical. Peut-être que l'équipe de Ronan O'Gara paye là, son manque de liant et de précision. On peut ajouter aussi une infirmerie digne de Grey's Anatomy, avec Jérémy Sinzelle, Arthur Retière, Victor Vito, Paul Boudehent, et la recrue Jonathan Danty. Brice Dulin, Levani Botia et Tawera Kerr-Barlow n'ont joué qu'un seul match.

Enfin, comment ne pas songer à l'absence de l'imposant Will Skelton. Si son carton rouge contre Toulouse a pesé dans la défaite, son absence lors des 3 derniers matchs démontre toute son importance dans le pack rochelais. Ce papa, spécialiste de la destruction de maul adverse, dynamiteur de défense, manque certainement au pack jaune et noir, dans les moments décisifs. Et pour finir, la roue va bien finir par tourner pour le Stade Rochelais. Tous les matchs, et il en reste beaucoup, ne ressembleront pas à cet incroyable déplacement au Racing, qui aurait logiquement dû se terminer par une victoire au vu du nombre d'occasions de scorer.

Gagner, point final

La phrase du manager Ronan O'Gara après la défaite sous la pluie clermontoise a le mérite d'être claire et nette : "On a besoin d'un résultat samedi, ça c'est non négociable." La venue du BO à Deflandre pourrait bien servir de déclencheur à cette équipe qui ne renonce pas, malgré ces trois revers inédits. Romain Sazy, en bon capitaine a les mots justes : "Je sais qu'on a un très bon groupe, ça va tourner". Les supporters rochelais seront eux présents pour soutenir inconditionnellement leur équipe, avec la petite idée qu'après la frustration, le plaisir est plus grand...

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