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L'antisèche : quatrième journée, Paris s’éveille

L'antisèche : quatrième journée, Paris s’éveille
Par Jeremy Fadat via Midi Olympique

Le 25/09/2021 à 17:20Mis à jour Le 25/09/2021 à 17:48

TOP 14 - Larges vainqueurs de Castres ce samedi (34-10), malgré le carton rouge reçu par Paul Alo-Emile dès la 3e minute de jeu, les joueurs du Stade français sont enfin parvenus à se rassurer. Après trois défaites, c'est donc dans l'adversité qu'ils ont définitivement lancé leur saison.

Le match : Paris a su se resserrer

Le vrai enseignement de ce match, c’est que le Stade français a enfin lancé sa saison. Défaits lors des trois premières journées, les hommes de Gonzalo Quesada étaient clairement sous pression. Si bien que des questions se posaient déjà autour du staff en place. Ce samedi, face à un CO invaincu jusque-là, l’équipe de la capitale s’est vraiment rassurée. Non pas qu’elle ait spécialement livré un récital dans le jeu mais elle a effectué un match ultra sérieux dans des conditions qui n’étaient pourtant pas avantageuses.

Réduite à quatorze au bout de seulement trois minutes, elle est parvenue à prendre le score et à gérer son avance avec une maîtrise intéressante. Cohérents sur les fondamentaux, les Parisiens ont su bénéficier des quelques opportunités qui se présentaient à eux pour prendre le large, avec trois essais inscrits ou grâce à la botte de Joris Segonds. En face, les Castrais n’ont pas affiché leur fluidité habituelle, ni leur efficacité observée jusque-là sur leurs temps forts. Du coup, ils ne pouvaient pas espérer ramener de points de Jean-Bouin.

L’action : L’essai de pénalité pour le Stade français

A la 8e minute, le Stade français est certainement parvenu à renverser le cours d’une rencontre pourtant mal embarquée, après l’expulsion rapide de Paul Alo-Emile. Sur une action ambitieuse, qui a vu les Parisiens mettre de la vitesse et enchaîner les temps de jeu, les joueurs de la capitale sont arrivés à écarter le jeu, jusqu’à créer une situation de surnombre en bout de ligne. Sekou Macalou a alors décidé de jouer le deux contre un en fixant Ben Botica pour servir son ailier Telusa Veainu.

Mais l’ouvreur castrais touchait le ballon de la main et annihilait l’opportunité. Après visionnage des images, et même si cela se situait à l’entrée des vingt-deux mètres du CO, l’arbitre M. Ramos considérait que Botica était en position de dernier défenseur et accordait un essai de pénalité, assorti d’un carton jaune pour l’ancien Bordelais. 7-0 pour le Stade français, même réduit à quatorze. Voilà qui a libéré les hommes de Gonzalo Quesada.

Le tournant : L’exclusion de Paul Alo-Emile a (paradoxalement) lancé Paris

Et si les Parisiens avaient finalement eu besoin d’un nouveau coup dur pour se lâcher définitivement ? C’est volontairement provocateur mais, franchement, il était permis d’avoir très peur pour eux après le carton rouge reçu par Paul Alo-Emile dès la 3e minute, pour un plaquage à l’épaule sur Baptiste Delaporte. Après trois défaites en autant de journées, et forcément une tension de plus en plus vive en interne, être privé d’un de ses meilleurs joueurs d’entrée, en tout cas l’un des plus réguliers, plongeait le Stade français encore plus dans l’adversité.

Néanmoins, les coéquipiers du capitaine Paul Gabrillagues ont réussi à passer outre cette infériorité numérique et à se resserrer pour faire front. Ce n’est pas la première fois, ces dernières saisons, qu’on voit une équipe s’en sortir après une expulsion. Preuve que cela peut aussi décupler les forces d’un groupe.

Le joueur : Waisea, la pépite du centre

Depuis quelques mois, il fut souvent question du poste de trois-quarts centre dans l’effectif du Stade français. D’abord quand Gaël Fickou, cadre du XV de France, a quitté le club en cours de saison dernière pour rejoindre le grand rival du Racing 92. Ensuite quand le All Black Ngani Laumape a intégré les rangs parisiens cet été, signant là l’un des plus gros recrutements de l’intersaison en Top 14. N’empêche, derrière trois sorties plutôt décevantes, le Néo-Zélandais était remplaçant ce samedi après-midi.

Top 14 - Waisea Nayacalevu (Stade français)

Top 14 - Waisea Nayacalevu (Stade français)Icon Sport

Et, comme souvent, c’est Waisea Nayacalevu qui a pris ses responsabilités dans ce secteur de jeu. Il n’est pas forcément question de revenir sur la prestation d’ensemble du joueur mais bien sur son coup d’éclat qui a placé son équipe dans une situation bien plus confortable. À la 52e minute, il a ainsi déposé Botitu grâce à ses appuis de feu avant d’accélérer pour déchirer le rideau castrais. Il trouvait enfin Veainu en bout de ligne pour le deuxième essai parisien. Du grand art.

La question : le CO est-il dépendant de Kockott et Urdapilleta ?

Il n’est pas vraiment question de remettre en cause les prestations des hommes alignés ce samedi. Même si l’ouvreur du jour, Ben Botica, a clairement vécu un après-midi difficile, entre un en-avant jugé volontaire par l’arbitre et qui a touché cher, puis de nombreuses erreurs individuelles. À ses côtés, Santiago Arata s’est démené, affichant une énergie débordante, mais cela n’a pas suffi. Malgré sa supériorité numérique, le CO n’a pas su en profiter et gérer correctement les situations favorables.

La faute au changement de charnière pour ce déplacement ? Ce serait très réducteur de le clamer. N’empêche, après tant d’années à la baguette du jeu tarnais, Rory Kockott et Benjamin Urdapilleta sont évidemment essentiels dans le système du CO. Oui, leur absence a pu se faire sentir par instants. Mais c’est aussi dans ce genre de rendez-vous, parfois dans la douleur, que Castres prépare son avenir.

Le CO est-il dépendant de Kockott et Urdapilleta ?

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