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Wainiqolo : "Je dis souvent à Carbonel : "Il faut que tu restes ici, tu es l'enfant de la ville""

Wainiqolo : "Je dis souvent à Carbonel : "Il faut que tu restes ici, tu es l'enfant de la ville""

Le 28/04/2022 à 10:00Mis à jour

TOP 14 - L’ailier fidjien de 23 ans, Jiuta Wainiqolo, profite de la blessure de Cheslin Kolbe pour retrouver du temps de jeu dans l’équipe toulonnaise. Le champion olympique s’est livré sur l’ambiance à Marseille le week-end dernier contre Toulouse, les perspectives de fin de saison ainsi que sa relation avec Louis Carbonel.

Comment allez-vous ?

Je me sens bien, tout va bien avec les gars. Nous jouons un bon rugby et nous avons retrouvé le chemin du succès avec l'équipe depuis un moment.

Comment vous avez vécu la victoire contre Toulouse samedi au stade Vélodrome ?

C'est l'un des meilleurs stades dans lesquels j'ai pu jouer. C'était une belle expérience avec énormément de public. J'avais déjà joué devant beaucoup de supporteurs à Twickenham, mais l'ambiance à Marseille est la meilleure que j'ai connue. Je ne savais pas à quoi m'attendre alors j'ai demandé à Louis Carbonel, qui m’avait dit qu’il fallait absolument s'entraîner à fond pour être dans l'équipe face à Toulouse. Il me disait que ça allait être génial, et il avait raison…

La finale de Challenge Cup se jouera au Vélodrome. Est-ce encore une source de motivation supplémentaire ?

Après la rencontre, Carbonel m'a demandé comment je me sentais. Je lui ai dit que j'étais bien, alors il m'a rappelé que la finale se jouait ici, et nous avons tous envie de venir jouer à nouveau dans cet immense stade et devant ce public.

Toulon va bien mieux depuis quelques semaines. Qu'est-ce qui a changé ?

Les choses ont changé depuis la venue de Franck. Il a fait évoluer la structure et il est très bon dans la façon de gérer les joueurs, de parler avec nous, de lire nos problèmes. Il nous aide beaucoup. C'est là que nous observons le plus de changements. Nous travaillons bien sur le terrain, mais également au niveau du repos et de la récupération. Les mecs sont très contents de la façon dont Franck gère le groupe.

Les principaux changements sont stratégiques ou humains ?

Patrice et Franck sont deux très bons coachs, mais la différence c'est que Franck se met à notre niveau. Il mange avec nous et nous parle et nous aborde tous de la même manière. À l'entraînement, il nous dit ce qui va ou non, nous explique nos erreurs et nous apprenons beaucoup. Nous l'apprécions beaucoup, il nous oriente comme si nous étions une famille.

Top 14 - Jiuta Wainiqolo (Toulon) face au Stade toulousain.

Top 14 - Jiuta Wainiqolo (Toulon) face au Stade toulousain.Midi Olympique

En Top 14, il vous reste trois rencontres à jouer. Est-ce trois finales à aborder ?

Oui ce sont trois gros matches, avec déjà Bordeaux. Ça va être difficile, mais on doit l'emporter. Bordeaux est l'une des meilleures équipes en France, avec Toulouse.

Le RCT est-il toujours en course pour le top 6 ?

Bien sûr que nous sommes toujours en course. Mais il faut gagner ce week-end pour entretenir nos chances. Et si nous gagnons les trois matchs qu'il nous reste, probablement que nous ne serons pas loin des phases finales.

Vous êtes à Toulon depuis huit mois. Comment vous sentez-vous ici ?

J'en parlais justement avec ma femme... On est tellement bien ici. On adore la ville, il fait beau, il n'y a pas de neige (rires). Est-ce que ça me faisait peur ? Bien sûr, car je n'en ai jamais vu dans ma vie, il paraît que c'est super-froid (rires). J'aime Toulon, les gens sont proches, puis c'est une vraie ville de rugby.

On entend souvent que vous êtes le plus drôle du groupe. Le confirmez-vous ?

Le plus drôle je ne sais pas, mais oui j'ai toujours le sourire, j'aime voir les gars, les faire marrer. Je suis content d'être ici. J'aime quand il y a une bonne énergie chaque jour avant les entraînements. Car on ne sait pas de quoi sera fait demain et peut-être que certains vont quitter l'équipe en fin de saison... Alors je suis heureux de venir chaque matin, de faire rigoler les mecs, de chanter avec eux. D'ailleurs, l'une de mes chansons préférées c’est Rosie.

Rosie ?

Oui, une chanson française... Kosie ? D'un certain Francis.

Cabrel ?

Oui, exactement ! (Il éclate de rire et chantonne). J'adore cette à la maison on l'écoute tous les jours avec ma femme. C'est ma chanson préférée... Écoutez (il la met sur son portable).

Comprenez-vous les paroles ?

Pas vraiment, mais Carbonel m'a dit que c'était une chanson d'amour. Et d'ailleurs, il la chante dans le bus (rires). Je l'entends tous les jours, ça me permettra peut-être de comprendre les paroles. Vous savez, je suis très heureux d'être à Toulon, et il est très important pour moi d'être intégré au sein du groupe. J'aime les Français de l'effectif, ils prennent soin de nous. Je suis heureux d'être ici, c'est fou de jouer avec Gabin, Cheslin... J'apprends énormément et j'aime le groupe.

Vous évoquez souvent Louis Carbonel. Est-ce l'un de vos meilleurs amis ici ?

Oui, clairement. Vous savez, c'est l'enfant de Toulon. Il est d'ici et je lui dis souvent : "tu vas partir mec, tu ne dois pas, il faut que tu restes ici, tu es l'enfant de la ville". On rigole beaucoup. Puis, ce que j'aime quand il botte, parce que ça marche à tous les coups. Ça se voit qu'il a appris avec Jonny Wilkinson (rires).

Vous êtes devenu international à l'automne dernier. Quelle est la prochaine étape selon vous ?

De continuer de bien jouer d'ici à la fin de saison. En juin, nous avons les tests matchs contre les Samoa et le Tonga. Donc je veux donner le meilleur de moi-même pour être appelé... Ai-je reçu un coup de fil du sélectionneur ? Non, mais un message, oui. Il nous demande d'être prêts pour les tests et nous explique ce qu'il attend de nous.

Et la Coupe du monde ?

J'y pense, mais c'est dans longtemps... C'est vrai que la saison prochaine, Waisea Nayacalevu arrive à Toulon. C'est bien qu'on puisse jouer ensemble avant la Coupe du monde. Je pense que le RCT aura une grosse équipe l'an prochain.

Connaissez-vous bien Waisea ?

Oui, c'est un ami et nous avons grandi dans la même ville, à Navua. On se connaît super bien. Il est plus âgé que moi, mais il connaît ma famille, nous allions à l'église ensemble. Je suis vraiment heureux qu'il vienne à Toulon. Il m'a dit qu'il était content car il faisait trop froid à Paris (rires).

Gabin Villière est probablement le meilleur ailier du monde en ce moment. Cheslin Kolbe est Cheslin Kolbe. Qu'est-ce que ça représente pour un ailier de travailler avec ces deux joueurs ?

Je suis béni de m'entraîner chaque jour avec des mecs comme eux. Gabin est un joueur incroyable, l'un des meilleurs du monde et il a battu les All Blacks. Et Cheslin est champion du monde... Je suis si heureux d'apprendre de ces joueurs.

Justement, Cheslin Kolbe est blessé (fracture du pouce de la main droite), et vous devriez démarrer titulaires les prochaines semaines... Comment l'appréhendez-vous ?

C'est super-triste pour lui, mais en même temps ça veut dire qu'il va revenir en pleine forme et récupérer rapidement. Donc je vais devoir élever mon niveau pour essayer d'aider l'équipe à se qualifier pour les phases finales de Top 14 mais de jouer aussi la Challenge Cup.

Vous avez une formation de numéro 13. Pourriez-vous y évoluer la saison prochaine, aux côtés de Waisea, par exemple ?

Oui, j'ai démarré au poste de centre à l'école. J'adorais. Mais entre Duncan (Paia'aua), Ju (Hériteau), Waisea la saison prochaine, il y a du monde. Mais si on a besoin de moi au centre, pas de problème.

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