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Alldritt : "Partir à l'étranger ? C'est quelque chose que je ferai un jour "

Alldritt : "Partir à l'étranger ? C'est quelque chose que je ferai un jour "
Par Rugbyrama

Le 23/08/2022 à 18:12Mis à jour Le 24/08/2022 à 08:54

TOP 14 - À quelques jours de la reprise du Top 14, Grégory Alldritt s'est confié sur son rôle de capitaine, le recrutement rochelais, et la saison pré-Coupe du monde. Le numéro 8 maritime a également déclaré son envie de découvrir un autre rugby au cours de sa carrière.

À deux semaines de la reprise du championnat, comment vous sentez-vous ?

Je me sens plutôt bien. Pour être honnête, ça faisait un moment que j’avais pas réalisé ce genre de préparation physique, entre le Covid-19 et notre reprise tardive l'année dernière, donc ça m’a fait énormément de bien et je me sens vraiment en forme.

Quels ont été les mots du staff pour lancer cette saison ?

Toujours progresser. On a certes gagné un titre, mais les champions ne se satisfont pas d’un seul trophée, ils en veulent plusieurs. La Champions Cup a ouvert notre appétit, maintenant on en veut plus. Le staff est beaucoup plus exigeant que l’an dernier et ne fait aucun cadeau. À l'entraînement, on n’accepte plus de faire tomber les ballons à l'entraînement ou de marcher. Une action qui aurait été correcte l’année dernière est décortiquée et ils nous montrent comment on aurait pu être meilleurs.

Depuis la victoire en Champions Cup, y a-t-il une atmosphère différente au sein du club ?

Non, je ne pense pas que quelque chose ait changé. On a peut-être plus confiance en nous et on prend moins Ronan pour un fou quand il nous dit qu’il veut soulever un titre. Mais notre attitude au quotidien n’a pas changé et on est toujours dans la même optique d’être les meilleurs.

Personnellement, vous avez réalisé une saison exceptionnelle avec le Grand chelem et la Coupe d'Europe, pensez-vous que vous avez changé de catégorie ?

Non je ne me pose pas ces questions. Je prends les choses le plus simplement possible, je joue juste au rugby en étant le meilleur possible avec l’équipe de France et La Rochelle. Je n'essaie pas de savoir quelle vision les médias, spectateurs ou l’équipe adverse ont de moi. Cela n’a jamais été dans ma tête et j’espère que ça ne le sera jamais parce que plus c’est simple plus c’est facile selon moi.

Grégory Alldritt et Romain Sazy (La Rochelle) ont levé la première Coupe d'Europe de l'histoire du Stade rochelais.

Grégory Alldritt et Romain Sazy (La Rochelle) ont levé la première Coupe d'Europe de l'histoire du Stade rochelais.Icon Sport

En tant que capitaine et numéro 8 de La Rochelle, vous avez vu arriver Yoan Tanga. Au-delà de la concurrence est-ce que cela vous permettra de plus jouer flanker ?

Dans tous les groupes, quand on injecte du sang neuf c’est positif. Depuis qu’il est arrivé, il amène beaucoup d’énergie à tous les entraînements et dans la vie de groupe. Au niveau de notre association, il peut très bien jouer troisième ligne aile comme moi je peux le faire. Il peut être au repos sur certains matchs et moi sur d’autres, on a beaucoup de qualité en troisième ligne. Les saisons sont très longues, je me rappelle quand on a perdu les deux finales en 2021, on manquait certainement de profondeur de banc, donc que ce soit Yoan ou les autres recrues, cela ne peut être que bénéfique pour l’équipe.

Quel type de capitaine êtes-vous au quotidien ?

Je ne suis ni en retrait ni le leader suprême qui mène ses troupes au combat. J’essaie au maximum de donner la parole à tout le monde, d’ailleurs personne n’est exclu pour s’exprimer. On fonctionne avec un groupe de leaders pour prendre les décisions et s’aider les uns les autres. J’ai horreur de cette vision du capitanat où l’on s’imagine seul devant son équipe pour la mener donc j’essaie au maximum de ne pas faire ça.

Quel regard portez-vous sur les nouvelles recrues ?

Cela montre l’ambition du club et le fait qu’il n’y a pas de relâchement. On sait qu’on aura un groupe de qualité, maintenant quand on regarde toutes les équipes du Top 14 tout le monde est armé donc il ne faut pas se reposer là-dessus. Les noms sur le papier ne font pas une saison, il faut garder les pieds sur terre et continuer à travailler pour performer.

" Si je finis ma carrière avec six Coupes d’Europe et aucun Brennus je signe de suite !"

Allez-vous prioriser le bouclier de Brennus cette saison ?

Beaucoup de personnes posent cette question (rires)... Si on peut avoir le bouclier de Brennus on le prendra mais si c’est uniquement la Coupe d’Europe on ne se privera pas. Si je finis ma carrière avec six Coupes d’Europe et aucun Brennus je signe de suite !

Vous avez prolongé pour trois ans à La Rochelle, pourquoi ce choix ?

C’est une ville où je me sens très bien, avec un style de club qui me convient, très familial, avec un fonctionnement simple. On a une ferveur magnifique, chaque fois qu’on rentre à Marcel-Deflandre on a une ambiance exceptionnelle tout le match, c’est toujours le même bonheur. La qualité de vie ici est top, donc tout était réuni pour que je reste.

Vous n’avez pas envie de tenter une expérience à l’étranger ?

Cela m’a traversé l’esprit. J’ai envie de vivre une expérience à l’étranger. C’est quelque chose que je ferai un jour. J’ai deux frères qui ont beaucoup voyagé avec leur travail, mon père également de par ses origines écossaises, donc c’est quelque chose qui me manque. Après je pense que c’était un peu tôt pour le faire maintenant. Premièrement je me sens bien ici et je ne crois pas que c’était le bon moment pour partir, et ensuite je ferai mon maximum pour être sélectionnable le plus longtemps possible.

Grégory Alldritt (France) face à l'Irlande

Grégory Alldritt (France) face à l'IrlandeIcon Sport

Comment appréhendez-vous cette saison pré-Coupe du monde ?

C’est dur mais je vais faire les choses dans l’ordre comme je l’ai toujours fait. Je pense que ce serait la plus grosse erreur de penser au futur sans se concentrer sur le présent. Je veux me concentrer sur le début de saison avec La Rochelle, c’est la priorité pour moi. Ensuite, une éventuelle tournée en novembre, le Tournoi et ainsi de suite jusqu’à cette potentielle Coupe du monde. Quand je regarde le calendrier, je me dis qu'un an c’est court étant donné qu’on a ce Mondial en tête depuis quatre ou cinq années. Mais en même temps il peut se passer beaucoup de choses. Je ne veux pas griller d’étapes. Si je pouvais être à 50% avec La Rochelle gagner des titres et la Coupe du monde ce serait parfait. Mais je ne crois pas que ce soit une bonne solution, je préfère être à 100% avec mon club et en sélection.

En novembre vous allez affronter l’Afrique du Sud, la dernière référence qu'il vous manque, Fabien Galthié vous a-t-il déjà parlé de cet événement ?

Depuis le début de saison, on sait qu’on finit l’année avec ce match contre les Springboks. Le staff de l’équipe de France respecte nos périodes de clubs, maintenant si on est sélectionné en novembre ils vont être encore plus exigeants face à l’Afrique du Sud. C’est une référence aujourd’hui et cela promet un grand rendez-vous.

Vous êtes parmi l’un des meilleurs troisièmes lignes d’Europe, en quoi pourriez-vous être un joueur plus complet ?

Je vais essayer de progresser physiquement, notamment sur l’enchaînement des matchs et la récupération. Travailler plus dur sur la vitesse et la musculation pour être encore plus rapide et gagner en qualité de déplacements. Je vais aussi essayer de plus sélectionner mes tâches sur le terrain. Je fais beaucoup de travail mais j’ai aussi beaucoup de déchets et je fais parfois des tâches inutiles. J’ai encore énormément de boulot, je n’ai que vingt-cinq ans, j'espère être loin de mon meilleur niveau.

Propos recueillis par Clément LABONNE

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