Midi Olympique

Le Bail, l'anonyme de Pau aux portes des Bleus

Le Bail, l'anonyme de Pau aux portes des Bleus
Par AFP

Le 14/10/2021 à 17:38Mis à jour

TOP 14 - Le demi de mêlée de Pau Clovis Le Bail a une carte à jouer pour se faire une place dans le groupe qui sera appelé à jouer la Coupe du monde dans deux ans en France, derrière l'indispensable Antoine Dupont.

Début septembre, le sélectionneur tricolore a évoqué la présence d'un ovni pour 2023. Le Bail peut-il revendiquer cette appellation ? À 25 ans, ce joueur formé au Stade Nantais où il a évolué en Fédérale 2 (4e division française) à l'âge de 18 ans n'est jamais apparu sur les radars de la filière du haut niveau malgré un titre de champion de France juniors Balandrade (2013). Son arrivée à la Section en 2014 est le fruit de la volonté de ce travailleur acharné, qui a démarché le club, envoyé ses vidéos, organisé un rendez-vous avec les dirigeants pour finalement être accepté à l'association où il a dû payer sa licence... avant de parapher un contrat espoir puis professionnel en 2019.

Son éclosion a pris un peu de temps: premier match en Top 14 en mars 2016 face à La Rochelle, où évolue alors son frère Jules, puis montée en puissance (21 matches de Top 14 dont quatre titularisations en cinq saisons) avant son explosion aux côtés d'Antoine Hastoy, son ancien partenaire en Espoirs, qu'il côtoie depuis sept ans désormais.

Joueur d'instinct

"Il est la définition du parcours de détermination, dit son manager à Pau, Sébastien Piqueronies. Et l'incarnation du fait que le travail paye. C'est un garçon pétillant, frais, passionné de rugby, qui vit rugby. Et qui est animé par la volonté de jouer au rugby, au sens émotionnel, ludique. J'insiste bien sur ce point: il ne répète pas les séquences, il joue au rugby. Il laisse son instinct décider". La saison dernière, il est apparu vingt fois derrière sa mêlée pour huit essais inscrits (meilleur marqueur du club) et des actions décisives comme celle qui a offert le maintien aux Béarnais lors de l'ultime journée, débouchant sur une convocation pour la tournée estivale des Bleus.

"Quand je lui ai annoncé en juin qu'il était retenu, il était surpris, intrigué et heureux d'y aller, poursuit Piqueronies, technicien double champion du monde U20. Cela a valorisé le travail qu'il a pu effectuer mais je crois que cela a pu aussi être un déclic. Il ne se contente pas de la satisfaction d'y être allé, ça l'a éveillé pour aller plus haut et plus loin". S'il n'a pas joué contre les Wallabies, l'expérience l'a grandi. Et lui a donné des idées. "Avant d'être appelé, l'équipe de France, je n'y pensais pas du tout, admet l'intéressé. Pour ma confiance personnelle, ça m'a fait du bien. Sur tous les 9 qu'il y a en France, j'ai été appelé, moi, et au bout de ma première saison pleine. Ça donne envie. Mais je sais qu'il y en a des bons 9. On va voir. Il ne faut pas que ça me monte à la tête et que je tombe dans ce jeu là."

Top 14 - Clovis Le Bail (Pau) (Midi Olympique / Patrick Derewiany)

Top 14 - Clovis Le Bail (Pau) (Midi Olympique / Patrick Derewiany)Midi Olympique

Repartir sur des bases similaires cette saison sera la clé pour rester dans les petits papiers du sélectionneur qui guettera à coup sûr son face-à-face samedi avec le Bordelais Maxime Lucu, un de ses concurrents avec le Lyonnais Baptiste Couilloud ou le très jeune racingman Nolann Le Garrec, pour le poste de trublion à la mêlée des Bleus de 2023.

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