Midi Olympique

Urios : "Le patron, c’est moi et personne d'autre, d'accord?"

Urios : "Le patron, c’est moi et personne d'autre, d'accord?"

Le 13/06/2022 à 01:27Mis à jour Le 13/06/2022 à 16:30

TOP 14 - Après une semaine particulière, marquée par la prise de pouvoir des cadres bordelais dans la préparation de la semaine, l’UBB s’est imposée face au Racing, lors du barrage de Top 14 (36-16). Christophe Urios est revenu sur ce qu’il se passe actuellement à Bordeaux.

Vous avez eu la réponse que vous attendiez après la défaite contre Perpignan ?

En deuxième mi-temps, oui. On a mis une mi-temps pour s’y mettre parce qu’on était un peu tendus, ce qui est normal. On n’arrivait pas à garder le ballon. On était assez imprécis, ce qui ne nous a pas permis de bien lancer le jeu. En deuxième mi-temps, c’était mieux. Même en première mi-temps, malgré cet essai qu’on prend à la fin, j’ai trouvé qu’on ne s’était pas égaré.

Vous êtes menés après la première mi-temps, alors que vous étiez tranchants…

Tranchants, je ne sais pas, dominants, oui. Moi je tranche le jambon mais après chacun fait ce qu’il veut. Mais oui, on a été dominants mais on avait de l’imprécision et on n’arrivait pas à tenir le ballon. Quand on le gardait, je trouvais qu’on était impatients. À l’image de cette mêlée ou on traverse, on tombe à cinq mètres de la ligne, et où en transforme le jeu par une longue sautée alors qu’il fallait jouer simple quoi. Mais c’est logique avec la semaine qu’on a passé…

Vous vouliez voir des joueurs avec du caractère de champion. C’est le cas ?

Oui. En deuxième mi-temps.

Maxime Lucu a-t-il été un élément principal de ce succès ?

Max a surtout été excellent dans la semaine. J’ai encore discuté avec lui tout à l’heure, je trouve qu’il a amené cette rébellion. Je trouve qu’il a été capable de fédérer autour de lui, d’amener les mecs avec lui, d’amener les leaders notamment. Il a été très bon dans la prise de responsabilité. Dans ce match, il a été excellent dans les initiatives alors que ce n’est pas forcément sa qualité première. Et je l’ai trouvé extrêmement bon sur les jeux au pied, notamment défensifs. Au-delà de la partie qu’il fait, il a fait une semaine incroyable.

Vous avez laissé le contrôle de l’équipe aux joueurs cette semaine. Comment l’avez-vous vécu ?

Je me suis fait chier. C’était difficile parce que j’ai pris un risque important mais il fallait que l’on se révolte, ce n’était pas possible autrement. Ce que je leur ai dit après le match, c’est qu’on ajuste fait ce qu’on aurait dû faire la semaine dernière. Depuis trois mois, il y a tellement de promesses non-tenues. Parfois tu perds les matchs parce que l’adversaire est plus fort, c’est le sport, c’est la vie. Parce qu'à Perpignan, quand tu n’es pas foutu de faire un match nul dans un match qu’on avait imaginé gagner… Ça a le don de me gonfler. Je trouve qu’on a juste rétabli une vérité. On est au même niveau que l’année dernière : en demi-finale.

Vous dites avoir pris un risque dans cette semaine. Celui que ça casse ?

Pas que ça casse, mais il y a des choses qui ne me plaisaient pas. Il va falloir que je les règle l’année prochaine. J’ai pris cette option, j’ai froissé les joueurs et j’ai pris un risque. C’était ciblé évidemment, mais ça, c’est la vie. Ma crainte, c’était de savoir si on allait se remobiliser. Mais je crois qu’il fallait le faire.

Vous n’aviez pas peur de vous mettre le vestiaire à dos ?

Je me le suis mis à dos. C’est la première fois que ça m’arrive : tous contre moi pour aller à la guerre.

Quel discours avez-vous tenu à la mi-temps ?

Très cours, très basique, comme depuis lundi. Parce que je n’ai pas envie. Je ne sais pas si ça reviendra, moi je ne triche pas. Quand je dis en début de semaine que je ne veux pas les voir, je ne veux pas les voir. Je dis les choses comme je les ressens. Mais c’est comme ça, je ne vais pas dire que c’est bien quand ça ne l’est pas. Ne pas tenir ses promesses, c’est dangereux, il ne faut pas jouer avec ça.

La poignée de main avec Matthieu Jalibert en fin de match est jugée froide. Vous confirmez ?

Oui, je m’y attendais.

Top 14 - Matthieu Jalibert et Christophe Urios (UBB)

Top 14 - Matthieu Jalibert et Christophe Urios (UBB)Icon Sport

Ça vous fait un peu plaisir aussi ? Ça montre l’ego du garçon.

Bien sûr ! Mais Matthieu, c’est un champion, je le dis souvent. Mais c’est dans les deux sens. Les grands joueurs te font gagner les grands matchs. Hier, j’ai vu le Stade toulousain et j’ai vu Antoine Dupont surtout. Qu’on s’en inspire ! Quand tu veux gagner des titres, tu as besoin de tes grands joueurs.

Vous avez prévu de lui parler dans la semaine, à lui et Woki ?

Dans la semaine ? Non. J’ai déjà parlé la semaine dernière. Ça vous choque qu’on froisse les joueurs quand ils n’ont pas été bons ? Le geste de Cameron après son essai, je ne l’ai même pas vu, mais c’est bien, qu’il continue de marquer des essais. J’aurais préféré qu’il le fasse à Perpignan, mais il ne l’a pas fait. Les histoires après, c’est de l’enfumage. Il faut faire attention, le patron c’est moi. Personne d’autre, d’accord ? Quand je décide de ne pas parler, je ne parle pas, quand je décide de parler, je parle. Celui qui n’est pas content, il reste sur le côté. Moi je sais où je veux aller à Bordeaux et ça ne va pas, je partirai de Bordeaux. Il faut savoir ce qu’on veut, je suis très à l’aise.

Votre groupe est-il si particulier ?

Je n’ai jamais eu à coacher un groupe comme ça. Ce n’est pas l’heure des bilans mais j’ai les idées claires, très claires. Ce qui m’a appris le rugby, c’est que la générosité est bien plus importante que l’individualisme. Donc soyons généreux.

Deux demi-finales de championnat en deux ans, cela représente quoi ?

Une progression du club. Je suis venu pour ça. Mais on est juste en demi.

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