Midi Olympique

Urios : "J'ai soulevé une tempête pour réveiller les mecs"

Urios : "J'ai soulevé une tempête pour réveiller les mecs"
Par AFP

Le 17/06/2022 à 15:37Mis à jour Le 17/06/2022 à 18:22

TOP 14 - "Il y a une rébellion" à Bordeaux-Bègles, a dit percevoir vendredi, à la veille de la demi-finale de Top 14 contre Montpellier, l'entraîneur girondin Christophe Urios, satisfait d'avoir "soulevé une tempête pour réveiller" ses joueurs, qui se sont pris en main.

Comment s'est passée cette semaine après les tensions observées la semaine dernière entre vous et vos joueurs ?

La tension qui a existé la semaine dernière est celle d'une équipe qui prépare une phase finale. La semaine dernière était forte parce qu'il y a eu une déception forte (défaite 22-15 à Perpignan privant l'UBB d'une qualification directe en demi-finale, NDLR). Ce que j'ai fait après le match de l'Usap, c'est tout simplement de faire en sorte de soulever une tempête pour réveiller les mecs. Ça s'est plutôt bien passé contre le Racing (victoire 36-16 en barrage). Maintenant on a Montpellier, on verra comment ça va avancer. Les tensions que vous décrivez, ce sont des tensions d'une équipe qui joue des phases finales, qui veut gagner un quart de finale, qui veut gagner maintenant sa demi-finale et qui veut être champion.

Est-ce le signe d'un groupe qui vit ?

Pour être champion, pour aller au bout quand tu as déjà fait dix mois de compétition, quand il y a encore ces trois matches de très haut niveau qui arrivent, il est évident qu'il faut réussir à trouver une dynamique. Tu la trouves parce que tu es dans la continuité de ta saison, parce qu'à un moment donné les joueurs se prennent en main, parce qu'il y a des choses qui font que les joueurs se remettent en cause et avancent. C'est un peu ce que j'ai cherché à faire après le match de Perpignan. Parce que depuis février-mars, c'était un coup oui, un coup non, un coup très bien, un coup un peu moins bien. Mais c'était quand même régulièrement un peu moins bien. Donc il faut qu'il y ait cette tension dans notre préparation. Je trouve depuis la semaine dernière qu'il y a cette tension palpable qui fait que les joueurs se battent pour quelque chose, pour écrire l'histoire du club. Il y a une rébellion. Ça ne peut pas durer six mois, mais je pense que ça peut durer trois matches.

N'avez-vous pas craint que piquer ainsi l'égo de vos joueurs puisse être à double tranchant ?

Je n'ai pas eu peur pour la simple et bonne raison que c'est mon coeur qui parlait, que c'est ce que je ressentais et que c'était important de le dire. Je suis énormément marqué encore par l'histoire qui m'est arrivé à Castres la dernière saison (2018-2019). Le dernier mois, alors qu'on avait un boulevard devant nous pour se qualifier - et je pense que si on s'était qualifié on aurait été très dangereux -, on n'a pas su faire le nécessaire. Ça a été mon regret justement de ne pas avoir soulevé de tempête. Je n'ai pas fait réagir les mecs. Depuis trois mois, il n'y a pas une semaine où cette histoire de Castres ne m'a pas traversé l'esprit. Plus on se rapprochait de la fin, plus ça faisait écho dans mon esprit. Quand j'ai vu le comportement qu'on avait à Perpignan, j'ai pensé que c'était le bon moment de le faire. Parce que je ne voulais pas revivre ce qui s'était passé. Parce qu'à Castres, on a fait pleurer toute la ville. Et je n'avais pas envie de ça, quitte à ce que ça se retourne contre moi. Mais ça, ce n'est pas grave, c'est mon job.

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