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Saginadze et Niniashvili donnent au Lou un séduisant accent géorgien

Saginadze et Niniashvili donnent au Lou un séduisant accent géorgien

Le 22/10/2021 à 17:43Mis à jour

TOP 14 - Ils ont intégré le Lou cet été et ne s’attendaient pas forcément à jouer aussi vite, mais Beka Saginadze et Davit Niniashvili sont déjà en train de se faire une place dans l’effectif lyonnais, grâce à leur travail et à un potentiel énorme pour ces pépites du rugby géorgien âgées de 22 et 19 ans. Découverte de ce troisième ligne et de ce polyvalent trois-quarts.

Entre leur sourire, leur simplicité et leur détermination à réussir, Beka Saginadze et Davit Niniashvili font déjà l’unanimité dans leur nouvel environnement lyonnais. Si rien n’est bien sûr acquis pour ces deux grands espoirs du rugby géorgien, leurs débuts sous les couleurs du Lou sont plus qu’encourageants et laisse déjà entrevoir une belle histoire dans un club pas forcément habitué à prendre l’accent géorgien. Sur la décennie écoulée Lyon a bien eu dans son effectif plusieurs "Lelos", mais rares sont ceux à s’être véritablement fait une place.

On pense à l’impact du 3e ligne Viktor Kolelishvili, prêté par Clermont, lors du titre de Pro D2 en 2014, ou au pilier Guram Kavtidze qui a disputé 51 matchs entre 2009 et 2014. Mais il n’y a pas eu non plus de grandes et belles histoires, comme Beka et Davit sont en mesure d’espérer.

Force est de constater qu’ils se sont déjà fait une place dans le groupe, qu’ils ont (bien) joué et "ce fut une surprise pour nous aussi. On ne pensait pas forcément beaucoup jouer", répondent-ils à l’unisson. Rencontrés avant le déplacement à Paris dans le cadre de la 8ème journée, Beka Saginadze (5 matchs dont 4 titularisations, 1 essai et 21 sélections) et Davit Niniashvili (3 matchs dont 1 titularisation, 7 sélections) sont encore inséparables, eux qui vivent également en colocation et qui ont évolué ensemble avec la sélection géorgienne. Le premier est arrivé d’Aurillac à l’intersaison, avec déjà une solide réputation en Pro D2, ce alors que le 3e ligne va fêter ses 23 ans. Le second débarque quant à lui directement de Géorgie, de Khvamli, avec de belles promesses pour cet ailier ou arrière de seulement 19 ans.

Pro D2 - Beka Saghinadze (Aurillac) face à Mont-de-Marsan

Pro D2 - Beka Saghinadze (Aurillac) face à Mont-de-MarsanIcon Sport

Depuis leur arrivée, il n’est ainsi pas rare de les voir faire du rab’ à l’entrainement, comme un signe de leur investissement total, et pour profiter de chaque instant de ce challenge nouveau. L’échange avec les deux hommes est plus que significatif de cet état d’esprit, Beka répétant souvent "c’est la vie" et n’hésitant pas à confier au fil de la discussion "qu’hier (jeudi), Davit me disait encore : tu te rends compte, je vais jouer contre le Stade Français, ce n’est pas réel alors que je jouais en Géorgie il y a quelques mois", avant que Davit ne poursuive en rappelant que "chaque jour, je me dis que je vis un rêve mais c’est la vie réelle."

Pour autant il n’est pas anodin de les voir sur le terrain, ce n’est pas un concours de circonstances dans un groupe étoffé cette saison et où la concurrence est bien plus forte. C’est le fruit de leur travail.

Ils sont la nouvelle vitrine du rugby géorgien

Après la victoire du LOU contre le Stade Toulousain, Pierre Mignoni disait de Saginadze que c’était "quelqu’un qui réfléchit beaucoup sur son rôle, sur son jeu, et ce n’est pas qu’un porteur de balle agressif. Il a encore une marge de progression très importante car il n’est qu’à 80% de ses moyens." Des compliments forts de la part d’un technicien qui s’est battu pour le faire signer, et qui fait donc confiance à celui qui a débuté le rugby à l’âge de 12 ans, sous les couleurs des Lelo Saracens Tbilisi. Ce puissant 3e ligne (1,92m, 108kg) a bien essayé la lutte "mais la lutte c’est bien avec les amis. Je préférais me retrouver sur le terrain en groupe que face à eux." Quant à Niniashvili, on a déjà vu les qualités d’explosivité et de vitesse de cet ailier ou arrière virevoltant (1,86m, 85kg) qui n’avait jusqu’ici porté que les couleurs de Khvamli RC depuis l’âge de 8 ans, après avoir essayé d’autres sports, et qui évoluait il y a encore quelques mois au 2e échelon national dans son pays natal…

Leur capacité à digérer le changement d’environnement est impressionnante, tandis que pour Saginadze, l’adaptation aux joutes du Top 14 a semblé naturelle. "Je me suis toujours dit que j’en étais capable. Si je suis venu ici, c’était pour jouer contre des équipes comme Toulouse. Le Top 14 était un rêve et un objectif mais maintenant que je suis là, je ne veux pas m’arrêter en si bon chemin. Je veux continuer à progresser, lance-t-il, avant de poursuivre sur le jeu pratiqué. J’aime beaucoup, car c’est toujours avec le ballon alors que l’accent est mis sur la défense avec la Géorgie ou bien à Aurillac." Une évolution utile pour le joueur, et très certainement à l’équipe nationale par la même occasion. "Nous apprenons ici, et nous voulons ensuite partager notre expérience avec la Géorgie", insiste Saginadze.

Déjà sous le charme de leur nouvel environnement, sportif ou extra-sportif, leur plaisir est contagieux. "On est heureux et il n’y a pas de stress, pas de pression. C’est important pour s’adapter et progresser", enchaîne le 3e ligne aux côtés d’un Niniashvili dont les progrès pour s’exprimer dans une nouvelle langue sont également impressionnants.

"J’aime les challenges ! Je travaille dur et je m’entraine dur. Surtout, je me sens bien ici. C’était un peu dur au début, quand Beka allait à l’entrainement en avance je restais seul à la maison, sourit-il. Mais maintenant non, j’écoute et je comprends un peu", alors qu’il pensait surtout davantage évoluer avec les Espoirs. Leur fraicheur fait du bien à Lyon, et cette jeunesse performante n’est très certainement pas anodine dans le début de saison prometteur du Lou.

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