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Avec des reports à des dates fantômes, le Top 14 est-il dans une impasse ?

Avec des reports à des dates fantômes, le Top 14 est-il dans une impasse ?

Le 08/01/2022 à 12:53Mis à jour Le 08/01/2022 à 13:13

TOP 14 - Le Covid embête le monde et le rugby n'y échappe évidemment pas. Des matchs sont reportés sans en connaître les dates. Les instances dirigeantes ne communiquent pas pour l'instant car les solutions ne sont pas abondantes. Entre Coupe d'Europe et Top 14, certains clubs pourraient-ils jouer en semaine ?

Difficile transition de l'année 2021 vers 2022 pour le Top 14. En cause, des reports qui s'empilent dans un calendrier déjà surchargé pour tous les clubs. Des matchs non joués qui se voient repoussés, pour l'heure, à des dates fantômes. Ce sont les deux rencontres de ce dimanche 9 janvier qui sont reportées dans cette 15ème journée : Toulon-La Rochelle (18h) et Toulouse-Montpellier (21h05).

Pour rappel, le nouveau protocole de la Ligue Nationale de Rugby dévoilé fin décembre 2021 est très clair. "Un club pourra demander le report de son match dès lors qu'il ne disposerait pas de 23 joueurs disponibles sous contrat professionnel ou espoir (avec six premières lignes) dont minimum 15 joueurs sous contrat professionnel". La parenthèse stipule le poste de première ligne car c'est un poste bien à part qui demande une aptitude spécifique et encadrée pour l'exercer en sécurité. Les premières lignes étant "irremplaçables", il doit donc y avoir six joueurs aptes à évoluer dans ce secteur de jeu. Cependant, il ne faut pas oublier qu'il peut aussi y avoir des blessures qui impactent un peu plus le nombre d'aptes. À titre d'exemple, dans le haut du championnat, Bordeaux détient 15 joueurs en première ligne, Toulouse 10 et Castres 13 dans leur groupe professionnel. Toulon, concerné par ces reports, en a 9. En comptant blessés et "covid-positif", ce sont des chiffres qui peuvent rapidement s'éffondrer.

Le RCT, par le biais de son président Bernard Lemaître, avait d'ailleurs haussé le ton en expliquant dans les colonnes de l'Équipe que son club ne "jouera pas face à la Rochelle". Une décision justifiée par un manque de joueur au poste de première ligne. "Nous n'avons que quatre joueurs aptes" ajoutait-il avant de revendiquer encore et toujours la sécurité des joueurs. "On ne peut pas nous demander de jouer, je sais que la Ligue voudrait abslument que l'on joue motivée par l'absence de dates disponibles dans le calendrier, par Canal+, etc. Mais je ne vais pas faire jouer en première ligne des juniors face à des internationaux de la Rochelle. Je le refuse, je n'engage pas ma responsabilité là-dedans" concluait le boss du Rugby Club Toulonnais. Côté montpelliérain, c'est le même problème qui a empêché la tenue du match face à Toulouse. Philippe Saint-André ne disposait pas d'assez d'éléments en première ligne pour assurer une rencontre en toute sécurité.

Des solutions, mais pas pour tous

Une fois le constat fait que ces matchs n'ont pas eu lieu, la question est de savoir désormais où, quand et comment vont se tenir ces rencontres repoussées ? Au total, en Top 14, Toulon doit rattraper trois rencontres, Montpellier et Toulouse en auront deux, une pour le Stade français et La Rochelle. Brive-Clermont et Racing 92-Pau devront aussi se jouer. Des solutions semblent plausibles mais loin d'être aisées à organiser. Jusqu'au Tournoi, entre Coupe d'Europe et Top 14, toutes les dates sont prises.

Pour trouver des créneaux libres, le Six Nations semble donc offrir quelques fenêtres. Le week-end du 12 février et celui du 11 mars peuvent libérer possiblement deux dates pour jouer ces reports. Cependant, vient s'ajouter à tout cela une question d'équité. En période de trève internationale où les meilleurs joueurs seront dans leurs nations respectives, certains clubs seront défavorisés. Mais cette solution est probablement la seule qui convienne.

Si une solution moins mauvaise est donc envisageable, cela ne règle pas tout. Prenons l'exemple de Toulon. Le club a trois matchs à rattraper, il devra donc trouver une date supplémentaire si l'on considère que les deux premières seront jouées avec la solution évoquée ci-dessus. Pour la suite, seule une élimination de la Coupe d'Europe engagera une fenêtre pour y mettre un de ces reports.

En dernier recours, il restera l'enchaînement de trois matchs en 8 jours, si une rencontre est prévue en semaine. Reste à savoir si les effectifs seront assez conséquents pour assumer cela. Le casse-tête est loin d'être fini, espérons que l'épidémie pose un genou au sol et ralentisse le jeu...

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