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Iturria : "Il y a peut-être un petit manque de caractère de notre part..."

Iturria : "Il y a peut-être un petit manque de caractère de notre part..."

Le 02/12/2021 à 17:34Mis à jour

TOP 14 - Le deuxième ou troisième-ligne polyvalent de l’ASM-Clermont est un homme dont la parole compte de plus en plus dans le vestiaire des Jaunards. Alors que son équipe reste sur une défaite frustrante face à Perpignan, l’international attend avec impatience la réception de Biarritz (samedi à 15h), pour tenter de relancer la machine auvergnate.

Clermont s’est incliné de manière frustrante à Perpignan la semaine passée, après avoir pourtant nettement dominé la première période. Comment avez-vous vécu ce match, vous qui n’étiez pas dans le groupe ?

Ce n’était pas simple à vivre devant la télévision et c’est toujours difficile de juger quand tu n’es pas toi-même sur le terrain et que tu n’as pas participé au combat avec tes partenaires. On a parlé tous ensemble très calmement, mais tout le monde sait les erreurs qui ont été commises et ce que l’on a mal fait. J’ai le sentiment qu’on a perdu le fil d’un match dans lequel on était bien entré. Je n’aime pas parler quand moi-même je ne suis pas sur le terrain, mais des matchs comme celui-ci j’en ai vécu aussi. Quand ça se défile comme ça, il manque souvent quelqu’un pour remonter les autres et "les poser sur la table" comme on dit. C’est vrai qu’au sortir du match j’étais pas mal agacé, comme tout compétiteur, mais dès dimanche on s’est calmé pour se remettre rapidement au boulot et retrouver tout le monde à l’entraînement.

C’est encore une démonstration de l’inconstance de l’ASM, que tente d’effacer Jono Gibbes. Doit-on comprendre qu’il reste encore beaucoup de travail pour réussir à jouer 80 minutes pleines ?

Il ne faut déjà pas tout mettre à la poubelle au sortir de ce match à Perpignan ! On se doit d’être encore plus exigent individuellement. Si on hausse chacun notre niveau de concentration, d’intensité et d’agressivité, je pense que collectivement les choses seront mieux et plus cohérentes. Cela ne nous empêchera peut-être pas de perdre certains matchs à l’avenir, mais pas de cette manière-là…

" Il en va de notre amour-propre ! Si on est là tous ensemble, ce n’est pas pour rien… On nous a choisi pour représenter le club."

D’une manière générale, peu d’équipes finalement parviennent à conserver une continuité dans leurs performances, y compris sur une même rencontre. C’est si compliqué que cela de garder le fil ?

C’est compliqué de l’expliquer. Je ne veux pas parler pour les autres équipes, mais en ce qui nous concerne, je l’identifie comme un souci individuel. On ne peut pas se reposer sur untel parce qu’il est bon en mêlée ou un autre parce qu’il est bon dans un autre secteur. On ne peut pas jouer comme cela, il faut qu’on se mette tous dans la tête qu’on est là pour travailler, pour prendre du plaisir et représenter un club. C’est peut-être la preuve d’un petit manque de caractère de notre part depuis le début de la saison, où la moindre petite chose peut nous déconcentrer et nous faire basculer dans quelque chose de négatif. Tu peux faire des erreurs sur une mêlée, sur une touche, mais il faut tout de suite basculer sur l’action d’après et être plus rude mentalement. Aujourd’hui on est encore un peu trop fragile et attentiste. On doit remettre tout ça au goût du jour et le cultiver, pour trouver cette constance.

Alors que la Coupe d’Europe arrive la semaine prochaine, il va falloir corriger le tir pour hausser le niveau d’un cran ?

Il en va de notre amour-propre ! Si on est là tous ensemble, ce n’est pas pour rien… On nous a choisi pour représenter le club. Quand tu mets un pied sur la pelouse c’est pour te faire plaisir et tu ne peux pas attendre que quelqu’un d’autre à tes côtés te fasse briller. Chacun de nous doit prendre les choses en main, un jeune de 18 ans peut nous emmener dans son sillage comme un de 25 ans. Il faut arrêter de se regarder, se lâcher et en bataillant ensemble, les choses vont venir. Mais chaque chose en son temps, je n’ai pas envie de parler encore de la coupe d’Europe, surtout après notre match de la semaine dernière, alors le cap c’est Biarritz, avec l’envie de faire un gros match.

Comment s’est passé le retour de Catalogne et la semaine de travail ?

On a tout d’abord bien pris le temps de bien analyser notre match et surtout la deuxième période, pour voir où on avait failli. On a remis au goût du jour les choses vers lesquelles il faut tendre, en le mettant noir sur blanc, pour savoir si nous étions tous sur la même longueur d’onde. On s’est remis au travail, peut-être un peu plus dure encore et toujours avec de la précision. Les coachs nous donnent des solutions, maintenant il ne tient qu’à nous-même de prendre les choses en mains et d’arrêter d’attendre.

La réception du Biarritz-Olympique ce samedi au stade Michelin doit donc avoir valeur de répétition générale ?

On n’est pas encore assez bon cette saison pour prétendre déjà penser aux matchs de coupe d’Europe à venir. On a une grosse équipe qui vient nous défier ce week-end et des points à prendre dans un championnat toujours plus dense. Biarritz va vouloir batailler contre nous, mais nous aussi on a envie de batailler contre eux et ne rien laisser non plus ! C’est un match de Top 14 et il faut qu’on soit concentré là-dessus.

" J’essaye d’amener ce que je peux pour ce club et j’essaye de le faire au mieux."

Une équipe de Biarritz très accrocheuse depuis le début de la saison, qui arrive l’esprit un peu plus léger après sa précieuse victoire face au Stade-Français ?

Biarritz c’est un club qui met la même équipe, que ce soit à domicile ou à l’extérieur. En tant que promu, cette équipe met naturellement plus l’accent sur le Top 14 que sur la Challenge-Cup, qu’elle va disputer à partir de la semaine prochaine. Pour notre part, on a clairement préparé cette semaine pour aborder un gros match.

On vous voit prendre souvent la parole sur le terrain et en dehors. Vous êtes aujourd’hui devenu un véritable cadre de votre équipe en plus d’un capitaine ?

Naturellement, en prenant de l’âge et de l’expérience, tu te dois de prendre tes responsabilités. Franck Azéma m’avait déjà mis dans cette position la saison dernière et Jono Gibbes continue à me faire confiance ainsi qu’aux autres joueurs capables de le faire. On se repose les uns sur les autres, en prenant les conseils de chacun. A mon niveau, j’essaye de ne pas changer, de rester naturel, mais le départ à venir de certains de nos cadres va nous obliger à prendre la place pour ceux qui reste. Pour ma part je le fais avec plaisir, j’essaye d’amener ce que je peux pour ce club et j’essaye de le faire au mieux.

Au moment où Morgan Parra annonce son départ du club et où Camille Lopez pourrait l’imiter, comment le vestiaire vit cette période ?

Je ne pense pas que cela puisse nous perturber. Morgan a clarifié publiquement les choses cette semaine et c’est son choix, qu’on se doit de respecter. Son départ fait partie de la vie d’un club, même si c’est un garçon qui a marqué à jamais la vie de ce club ! Ce n’est pas un joueur lambda, car il a une aura et une sacrée personnalité. C’est un garçon qui en tous cas aura marqué ma carrière. Cette annonce nous touche évidemment, mais on n’oublie surtout pas qu’on a un match à préparer samedi. C’est comme ça...

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