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Travers pas content, Sazy, un capitaine un peu particulier... Les petites histoires du samedi

Par Rugbyrama
Le

TOP 14 - Chaque dimanche les journalistes du Midol reviennent sur les faits marquants de la journée du samedi. Pour cette dixième journée du championnat on revient sur le coaching de Laurent Travers qui en dit long, le capitanat particulier de Romain Sazy qui était remplaçant, la prestation majuscule de Jeremy Ward sur la pelouse d'Ernest-Wallon... Voici les petites histoires du samedi !

Laurent Travers pas content...

Sur le papier avouons-le, ce Racing – Perpignan laissait imaginer un match tranquille pour les Racingmen, désireux d'enchaîner après le succès à Brive du week-end dernier. Personne n’en aurait alors voulu aux Catalans de passer à côté dans un match où Patrick Arlettaz avait logiquement fait tourner son effectif. Le maintien se joue à domicile et l’Usap avait fait le travail il y a une semaine face au Lou. Comme beaucoup soyez en certain, on s’est fichtrement trompé. La première période fut cauchemardesque pour les Racingmen, complètement à côté de leurs pompes, à l’image d’un Camille Chat inexistant ou d’un Antoine Gibert, préféré à Finn Russell, qui a souffert de la comparaison avec Tristan Tedder en face. Bref à la pause, le Racing était mené, à domicile, par un promu sans complexe. Nous n’étions pas dans les vestiaires mais Laurent Travers n’a pas dû y aller avec le dos de la cuillère. Son discours restera dans l’intimité du groupe mais les actes sont là : dès la reprise, six Racingmen ne faisaient pas leur retour sur le terrain synthétique de la Paris La Défense Arena. Exits Chat, Alo, Kolingar, Hemery, Gelant, Gibert.

Six changements dès la mi-temps, fait assez inhabituel pour le manager francilien. Son coaching fut payant. Il n’y a qu’à voir le récital de Finn Russell, absent avec la sélection écossaise pour la tournée de novembre, mais si précieux pour le Racing, grâce à sa science du jeu, son talent, et sa capacité à entraîner l’ensemble de l’équipe à son niveau. Les six pointés du doigt ne sont pas les seuls fautifs mais ils perdent forcément du crédit pour le staff. "Parfois il faut provoquer des choses, justifiait Philippe Doussy en conférence de presse. Ça a été bénéfique, donc il n'y a aucun problème".

Romain Sazy, un capitaine un peu particulier

De mémoire, c’est la première fois que cela arrive. Vendredi soir, 18 heures, les clubs communiquent leur composition. Et parmi celle du Stade rochelais, une petite particularité. Le deuxième ligne emblématique des Maritimes, Romain Sazy, est annoncé capitaine alors même qu’il figure parmi les remplaçants ! Signe que l’ancien Montalbanais, porteur du brassard des Jaune et Noir durant de longues saisons, est le véritable patron du groupe rochelais en l’absence de Grégory Alldritt, retenu par le XV de France. Quand bien même il revient à peine d’une blessure aux côtes. Comme un message envoyé après la claque reçue à Pau la semaine dernière où le manque de leaders avait cruellement manqué. Oui mais voilà, comment ça se passe sur le terrain ? Pas question pour l’arbitre, M. Praderie, d’aller voir Romain Sazy sur le bord à chaque arrêt de jeu pour expliquer ses décisions.

Top 14 - Stade rochelais - Romain Sazy
Top 14 - Stade rochelais - Romain Sazy

En effet, sur la feuille de match officielle, c'est Quentin Lespiaucq qui est noté capitaine. C'est donc bien le talonneur qui a pris le relais, avant que le deuxième ligne n’entre en jeu à la 56e minute. Pour sa première en tant que capitaine par intérim, l'ancien Palois a semblé légèrement perturbé perdant notamment trois lancers en première période. Le deuxième ligne de 36 ans, quant à lui, en leader, a apporté toute son énergie et son expérience, dès son entrée en sprintant sur la pelouse d'Amédée-Domenech pour gérer au mieux la fin de match. Et comme par miracle, ou par hasard, seulement deux minutes après le changement, le Stade rochelais marque son premier essai par Léo Aouf pour repousser le CAB à neuf longueurs et ainsi écarter la menace briviste. Pour renouer avec le succès...

Alors que l'équipe de France joue ce soir, Dulin était à un niveau international contre Brive ?https://t.co/zg1qwk4yh6

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) November 5, 2022

Jeremy Ward, un carton pour convaincre

Parfois, les matchs semblent écrits d'avance. Les doublons font désormais partie de la routine de notre Top 14, et l'on imagine en début de saison, les entraîneurs cocher les dates fatidiques, qu'elles soient en leur faveur ou en leur défaveur. On avait donc vu arriver la performance des Parisiens et leur stratégie que Gonzalo Quesada a confié après le match. Un jeu d'occupation pour faire reculer les Toulousains remaniés et les empêcher de prendre confiance. À une minute près, ça a marché, même si le match nul reste une très bonne performance. Et de cette rencontre, on retiendra le maître-plaquage de Jeremy Ward sur Delibes qui aboutit directement à l'essai de Giovanni Habel-Kuffner : un essai de pur contre, fruit d'une tactique bien pensée. Le rugby c'est aussi ça, des attaques sans ballon par des caramels offensifs qui renversent la pression. On se souvient de certains doutes au moment de l'arrivée du Sud-Africain avec des comparaisons avec Waisea et Laumape. Une question fut posée il y a peu au sujet de Ward au docteur Wild, celui-ci fut un peu évasif du genre : "On verra en fin de saison." En tout cas samedi, Ward nous a montré pourquoi on avait pensé à lui à l'intersaison.

Perpignan, au bon souvenir de la Paris La Défense Arena

Dans une compétition où la concurrence fourbit ses armes et ses prétentions à chaque journée, l’Usap n’a plus de temps à perdre. Après le devoir accompli face à Lyon dans la cathédrale d’Aimé-Giral, place à un antre diamétralement opposé. Et si un voyage face au Racing 92 n’est jamais une sinécure, les Catalans conservent dans un coin de la tête, la prestation effectuée l’an passé à la même période quasiment, avec un bonus défensif à la clé. Une telle prestation serait saluée et bénéfique pour partir l’esprit tranquille.

David Marty le coach pose déjà les bases du rendez-vous : "On va arrêter de regarder les autres et de se poser des questions. Je crois que quand on est concentrés, on rivalise avec beaucoup d’équipes. Restons appliqués et on verra bien ce que nous ferons de ce déplacement." Malgré quelques absences notables et l’envie d’effectuer un turn-over souhaitable afin de mobiliser l’intégralité de l’effectif, les Sang et Or préviennent et ne se déplaceront pas en victime toute désignée. Face à des Franciliens prolifiques la semaine dernière à Brive sur l’aspect offensif, l’une des missions confiées aux Catalans passera par un engagement défensif à la hauteur.

Trop souvent puni loin de leurs bases, Perpignan doit viser une forme de stabilité et solidifier ses circulations dans les moments faibles. David Marty connaît sur le bout des doigts ce qui attend notamment ses troupes : "C’est une ambiance très spéciale qui règne dans ce stade, il faut nous en servir pour disputer un vrai match de rugby comme l’an passé. Ces derniers temps, nous pratiquions notre jeu mais avec trop de pression. La confiance revient malgré tout et c’est forcément utile pour ce type de confrontation face au Racing 92 et le challenge qui nous sera proposé." Libérée d’un poids après avoir vaincu le Lou, c’est peut-être le bon moment pour l’Usap de créer la sensation, à l’image d’autres résultats détonants, et de collecter des points primordiaux dans sa course effrénée au maintien.

Grand absent du groupe écossais et remplaçant face à Perpignan : Finn Russell avait un message à faire passer ?https://t.co/LAXtkPqb1C

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) November 5, 2022

Les avants clermontois ont eu tort

Et le Michelin gronda. À la 69ème minute, alors que Clermont était englué à deux points des Bayonnais, une pénalité à vingt-cinq mètres à peine excentrée s’est offerte aux Jaunards. Mais alors que les coéquipiers de Sébastien Vahaamahina étaient tout sauf souverains en touche, le capitaine casqué a montré la touche à M. Nuchy, arbitre de la rencontre. Un choix qui s’est retourné contre les Clermontois, qui se sont fait voler une énième touche. Les supporters chaudement habillés pestaient alors contre ce choix au mieux discutable, au pire, irraisonné.

À la sortie de la rencontre, Anthony Belleau avait d’ailleurs l’œil noir, peu satisfait de ce choix. "Je voulais assumer, même si je reconnais que j’ai eu des échecs au pied. Cela n’inspirait peut-être pas confiance, mais cela fait partie de mon rôle. Je voulais la prendre mais il y a eu une incompréhension. Les avants voulaient aller en touche, mais je suis un peu embêté par cette décision…" expliquait l’ouvreur clermontois. Avec trois échecs sur cinq tentatives, Anthony Belleau est tombé sous la barre des 50% de réussite. Un total de sept points a été égaré par l’ancien toulonnais, tout de même conscient de ses coups de pied manqués. Le capitaine "Vahaa" s’est-il posé des questions quant à la fiabilité du buteur ? Concassés toute la partie sur des ballons portés, ses avants auraient-ils eu un sursaut d’orgueil ? Tant de questions que se posent les mordus des jaune et bleu et les simple spectateurs de la rencontre…