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Bézy : "La concurrence avec Morgan est très bonne, j’espère que cela va continuer"

Bézy : "La concurrence avec Morgan est très bonne, j’espère que cela va continuer"

Le 30/04/2021 à 10:18Mis à jour Le 30/04/2021 à 11:36

TOP 14 - Avant ce derby du Massif Central, Sébastien Bézy s’est confié : sa première saison à l’ASM, la concurrence, les Bleus, le poste de numéro dix… Il ne manque pas grand-chose à l’ancien Toulousain, si ce n’est un titre et le retour du public, pour être totalement comblé.

Vous avez disputé 21 matches pour 13 titularisations (6 essais marqués) sous vos nouvelles couleurs. Comment jugez-vous votre première saison ici ?

Je suis très content de ma première saison mais avec ma convocation en équipe de France, je n’ai pas pu enchaîner pendant deux mois. J’ai regardé les coéquipiers à la télé mais être en équipe de France c’est très bien, je ne vais pas dire le contraire (sourire). Même si cela est arrivé suite à la blessure de Baptiste Couilloud, je suis très content. On travaille en se disant que l’on n’est pas loin et qu’avec le temps j’aurais peut-être la chance de jouer un match avec les Bleus. Je ne me prends pas la tête plus que ça. Mais avec Clermont je suis content d’être ici, j’ai été bien intégré par les mecs, je me sens plutôt à l’aise. J’espère que l’on va faire quelque-chose cette année et bien finir cette saison très spéciale avec l’absence de supporters et les matches reportés. Sans le public, c’est différent et bien finir nous mettrait du baume au cœur.

Vous êtes donc bien installé en Auvergne...

Oui, avec ma famille nous habitons au-dessus de Clermont. Et nous attendons un nouvel heureux évènement pour la fin du mois de mai. On va agrandir la famille, nous sommes très contents. Sur une année un peu tristounette, c’est quelque-chose qui va nous apporter beaucoup de bonheur.

N’est-ce pas trop frustrant pour une nouvelle recrue comme vous de ne pas sentir la ferveur d’un public comme celui du stade Michelin ?

Si tout à fait. Je n’ai joué qu’une fois ici à Clermont, je devais avoir 20 ans. Et il y avait une très grosse ambiance. Ce qui m’a fait venir ici c’est aussi cet engouement autour du club. J’avais envie de connaître ça et je suis déçu car il n’y a personne en tribune. Nous avons eu du monde contre Toulouse en ouverture du Top 14 mais depuis plus rien ou presque. Cela nous manque ! Il nous tarde que les supporters reviennent dans les stades, que l’on est de la pression avant les matches, que l’on soit encouragés, que cela nous porte un peu pour remporter les matches plus facilement.

Sébastien Bézy

Sébastien BézyIcon Sport

Qu’est-ce vous apprenez de votre collaboration avec Morgan Parra ?

C’est un leader, il aime vraiment parler, sentir les gros du paquet d’avants… Quand on rentre dans le vestiaire, il aime parler de stratégie, c’est un meneur d’hommes et même sur la technique du poste, il a une bonne passe et un bon jeu au pied… J’essaye de voir comment il joue pour m’améliorer et aussi changer mon style de jeu. Et toujours apprendre.

Essayez-vous aussi d’apprendre de cette concurrence ?

Oui, nous sommes deux joueurs complémentaires sur notre poste. Quand c’est lui qui commence, j’apporte aussi ma touche. Tant mieux pour l’équipe si on arrive à être à un bon niveau tous les deux, cela aidera l’ASM à être la plus performante. C’est une concurrence très bonne et j’espère que cela va continuer comme ça.

" Sur ce derby et les autres matches, nous n’avons plus droit à l’erreur"

Vous vous voyez prendre plus de galons dans les années à venir. Pourquoi pas le capitanat ?

Dans ma carrière, j’ai rarement été capitaine. Parfois sur des fins de matches. Je ne veux pas forcément aller chercher cette "fonction"-là. J’aime bien "rigoler" avant les matches, détendre l’atmosphère pour avoir moins de pression sur le match. Dès fois cela marche, dès fois pas mais j’ai cette mentalité-là, plus à l’Anglo-saxonne. Parfois à Toulouse, à certaines périodes, je sentais que je pensais trop au rugby. Le fait de devenir papa, cela m’a permis de prendre du recul et de relativiser. Il ne faut pas forcément se mettre une pression de fou mais jouer plus relâcher.

Tim Nanai-Williams est sorti à la mi-temps contre le LOU. Êtes-vous prêt à jouer éventuellement au poste d’ouvreur ?

Tim a aussi fait de bonnes choses, on lui refuse un essai avant la mi-temps sur la pénalité. Il tente beaucoup donc forcément il y a parfois du déchet mais il réalise aussi de très bonnes choses. Nous ne sommes pas des spécialistes du poste avec Morgan donc il faut s’accrocher pour retrouver des repères le plus vite possible et j’espère que cela se passera bien contre Brive. Pouvoir jouer sur les deux postes c’est bien, cela permet de voir plus le jeu et les espaces alors qu’en numéro neuf on est plus avec les gros. On est plus "caché" et moins exposé. En 10 on a une vision plus large. J’aime bien ça.

A quel poste avez-vous été formé ?

En numéro neuf car je n’étais pas très costaud. Mais mon premier match en tant que titulaire, je l’ai joué en numéro dix. Il faut enchaîner plusieurs matches pour avoir le plus de repères possibles. Pour pallier l’absence de Camille sur quelques matches je peux le faire mais je n’ai pas encore l’expérience d’un vrai numéro dix. Il faut aussi travailler plus le jeu au pied et les renvois.

" Il nous tarde que les supporters reviennent dans les stades, que l’on est de la pression avant les matches, que cela nous porte pour les remporter plus facilement…"

Franck Azéma, qui vous a fait venir à l’ASM, s’en va en fin de saison. Comment avez-vous pris cela ?

Le discours de Franck m’avait plu dans mon choix de venir à l’ASM donc quand j’ai appris cela j’ai été un peu déçu. Jono Gibbes arrive et je ne le connais pas trop mais d’après mes coéquipiers c’est un très bon technicien. J’espère que cela va nous apporter quelque-chose la saison prochaine. Les anciens qui l’ont connu en 2017 lors du titre de champion de France en parle en bien donc quand on est nouveau on est content de ça.

Dans quel état d’esprit est l’équipe avant ce derby contre Brive ? Vous n’avez plus droit à l’erreur sur ce match…

Sur ce match et les autres aussi. Toutes les équipes veulent prendre des points partout. On joue contre des concurrents directs, à nous de ne pas lâcher de points. Après le match que l’on a fait au LOU, où nous n’étions pas présents sur l’envie et l’investissement, on s’est un peu parlé en début de semaine pour se remettre la tête à l’endroit. On sait que Brive n’a pas joué depuis longtemps et va vouloir tout donner sur ce match. A nous d’être présents samedi soir pour gagner. Il reste cinq journées et la qualification est loin d’être faite. A nous de prendre le plus de points possibles rapidement pour essayer de rester dans les six et se qualifier.

Sébastien Bézy

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Ce sera votre premier derby du Massif Central au Michelin. Est-ce que vous ressentez cette notion de rivalité ?

Pour l’instant pas trop car à l’aller aussi il n’y avait pas de supporters et je n’ai pas pu mesurer l’engouement autour de ce match. Cela va être un peu pareil mais les Brivistes ont bien préparé ce match et il va falloir être costaud pour essayer de les battre. Sur les derniers matches, ils ont montré de très belles choses comme contre Toulouse. Ils ont changé leur style de jeu, ils envoient du jeu avec des joueurs de qualité, et de la vitesse. Nous allons essayer de bien défendre.

Petite question vache pour finir : vous souvenez-vous particulièrement d’un match contre Brive, au hasard comme ça ?

Oui ! (rires). Je m’en souviens très bien (En mars 2016 contre Brive, Toulouse marque un essai entre les poteaux avant la sirène et égalise. Mais face aux perches, Sébastien Bézy se fait contrer sur la transformation ndlr). En plus mon frère Nicolas jouait en face et cela devait être un bel évènement… On fait match nul, on marque un essai à la dernière seconde et au lieu de prendre quatre points, on en prend que deux… Je m’en souviendrai toute ma vie… Cela arrive mais sur le moment ce n’était pas facile. Mais il y a des choses plus graves.

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