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Jedrasiak : "C’était bien de se retrouver avant cette dernière ligne droite"

Jedrasiak : "C’était bien de se retrouver avant cette dernière ligne droite"

Le 23/03/2021 à 08:57Mis à jour Le 23/03/2021 à 14:22

TOP 14 - Après une coupure suivie d’un stage en Corrèze, l’ASM se rend au Stade français pour défendre sa 4e place au classement. Paul Jedrasiak, qui a prolongé jusqu’en 2024, nous livre ses sentiments avant ce sprint final.

Paul, comment s’est passé ce stage en Corrèze la semaine dernière ?

Très bien. Nous avons revu tout notre système de jeu et c’était bien de faire un gros rappel. C’était cool de faire ce stage et de se retrouver. Le côté humain est important pour moi. Nous avons fait beaucoup de rugby mais d’autres activités aussi et un bon « shoot » au niveau de la préparation physique. Cela apporte beaucoup au groupe de passer des moments ensemble car c’est la dernière ligne droite. Et si on fait une saison pleine, nous n’aurons pas d’autre occasion. Durant ce stage, nous ne pouvions pas nous éparpiller et on a bien travaillé.

On a senti l’équipe émoussée à Montpellier. Il y avait un réel besoin de souffler après cette défaite qui a du vous laisser des regrets ?

C’était important car nous n’avions pas eu de grosse coupure comme les autres années. Cela fait du bien dans les têtes et aux corps pour se régénérer. Oui, on peut avoir des regrets de repartir sans point de Montpellier lors de ce dernier match. Mais cette partie se joue sur des détails et ce stage nous a fait du bien pour gommer ce genre d’erreurs et repartir de l’avant.

" Certains pensent que c’est rester dans son confort de prolonger à l’ASM "

Dès samedi contre le Stade français qui est toujours dans la course ?

Oui, Paris a toujours la possibilité de se qualifier pour les phases finales et il faut bien se préparer pour ce match cette semaine. Nous y allons avec beaucoup d’envie et l’ambition de gagner. C’est une grosse équipe qui pose des problèmes chez-elle mais aussi à l’extérieur. J’ai le souvenir de leur match à La Rochelle et ils avaient pris le bonus défensif. Ils ont de nombreuses individualités et il faudra se concentrer sur nous d’abord. Nous respectons beaucoup cette équipe et il ne faudra pas oublier la notion de combat face à elle, c’est primordial.

A partir de ce match, vous allez avoir un calendrier chargé avec les Wasps en Coupe d’Europe puis des affiches contre des concurrents directs...

Oui mais on n’y pense pas encore. Je crois que notre erreur serait de penser aux matches qui arrivent plus loin. On a d’abord le Stade français en ligne de mire et après on verra.

Personnellement, vous avez prolongé avec l’ASM jusqu’en 2024. Cela a été long à se faire ? "Il fallait que je me bouge le cul" disiez-vous dans La Montagne…

Oui j’ai dit ça après les premiers matches que j’ai joués cette saison. Il faut toujours se bouger, chaque weekend il faut se remettre en question. Prolonger avec l’ASM était une chose que je voulais, qui me tenait à cœur car c’est mon club formateur et que je suis attaché à Clermont et sa région. Je désirais continuer à me donner pour ces couleurs et je voulais continuer à évoluer sur la longueur avec l’ASM. Certains pensent que c’est rester dans son confort de prolonger ici mais non car il faut se remettre en question année après année quand on évolue à Clermont. Il y a des jeunes qui poussent, une concurrence rude. Il faut se demander à chaque fois : comment tu vas arriver à donner le meilleur de toi-même pour cette équipe jour après jour ?

" J’ai beaucoup d’affect et de respect pour Franck Azéma. Et c’est réciproque. On veut lui offrir la plus belle des sorties."

Faire toute votre carrière ici, c’est un souhait ?

Ce serait une belle chose mais je n’ai pas la prétention de vouloir faire toute ma carrière ici. A la fin de ce contrat j’aurai 31 ans. Je vais faire honneur à ce maillot et il faudra que je montre le meilleur de moi-même. Jouer à l’ASM toute sa vie, c’est une chose qui n’est offerte à personne. Je suis fier que l’on me fasse confiance à nouveau, très fier de porter ce maillot jaune et bleu et de jouer devant ce public. L’ASM est un grand club mais on verra dans trois ans… Je ne peux pas vous dire si je terminerai ici. On verra.

Avec le départ prématuré de Sitaleki Timani vous devriez être très sollicité sur cette fin de saison aux côtés de Sébastien Vahaamahina ?

Nous sommes dans la dernière ligne droite et il y aura du temps de jeu pour tout le monde. Personne n’est arrivé… Notre chance c’est d’avoir des troisième-ligne qui peuvent monter d’un cran et des deuxième-ligne aussi polyvalents. Pour aller loin dans la compétition c’est un atout.

Franck Azéma a annoncé son départ du club à la fin de la saison. Comment avez-vous pris cette nouvelle ?

Franck nous l’a annoncé directement. C’est vrai que sur le moment, cela m’a un peu fait chier car j’ai de l’affect pour lui. C’est lui qui m’a lancé dans le grand bain du rugby professionnel. J’ai de l’affect et du respect pour Franck et c’est réciproque car il a toujours joué cartes sur table avec moi, il a toujours été cash. J’ai vécu de grands moments avec lui mais aussi des plus durs. Il ne m’a pas fait de cadeau et c’est normal car dans certains moments il doit faire des choix de coach.

En début de saison, je n’étais pas au niveau et il m’a aidé avec Xavier (Sadourny), Bernard (Goutta) et le staff. J’ai toujours eu une relation directe avec lui et pour cela j’ai énormément de respect. Avec du recul on peut très bien comprendre sa décision. Comme dans une entreprise, on a parfois envie de changer de cycle, de voir autre chose. Il faut respecter son choix car il a toujours été franc avec nous et il le restera. Ce qui est sûr, c’est que de notre côté, on veut lui offrir la plus belle des sorties.

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