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Paris envoie du lourd

Paris envoie du lourd
Par Marc Duzan via Midi Olympique

Le 04/09/2021 à 17:01Mis à jour

TOP 14 - Très fort dans le combat d’avants et transcendé par le retour de Joris Segonds, le Stade français espère marquer son territoire face au voisin francilien.

Que vaut ce Paris-là ? Est-il plus fort que celui ayant explosé en plein vol, au jour de printemps où il affronta le Racing 92 à l’Arena ? "Je me souviens parfaitement de ce match de barrages, nous disait il y a peu Antoine Burban. Nerveusement, nous étions ce jour-là au bout du rouleau. Je pense que ce sera très différent, cette fois-ci". À l’intersaison, le Stade français a musclé son jeu et, à une conquête déjà performante, est venu se greffer le colosse Nemo Roelofse, excellent avec Nevers la saison dernière et considéré comme une superbe doublure pour Paul Alo-Emile, le meilleur droitier du championnat.

Au centre du terrain, on attend toujours de voir ce que Ngani Laumape a réellement dans le ventre (l’attaquant des All Blacks fut assez discret en match amical) mais sur le papier, les soldats roses semblent indéniablement plus denses que la saison dernière. Dernièrement, le manager Gonzalo Quesada expliquait : "Exceptée la grave blessure de Julien Delbouis, tous les voyants sont au vert. En fait, je suis juste inquiet parce que nous avons gagné nos deux premiers matchs amicaux… Chacun a ses petites superstitions…"

Quesada, nouveau vestiaire

S’il ne s’agit pas d’accorder trop d’importance aux rencontres amicales de l’intersaison et si, en théorie, le voisin des Hauts-de-Seine reste un adversaire bien plus fort que ne l’est le Stade français, l’équipe de la capitale a immanquablement impressionné les observateurs cet été, tant elle fut dominante dans le combat d’avants face à Brive ou Montpellier, pourtant redoutés dans ce secteur de jeu. Ce week-end, c’est une nouvelle fois là-dessus que tenteront d’appuyer les soldats roses, face à un adversaire que l’on jugeait parfois un peu tendre dans l’affrontement, l’an passé. L’atmosphère du derby francilien, elle, sera décuplée par le retour massif des supporters en tribunes, plus de 15 000 personnes étant attendues ce week-end, du côté de la porte d’Auteuil.

"La rivalité avec le Racing est excitante, disait le président Hans-Peter Wild samedi soir. Ce contexte me plaît. Pour l’instant, le Racing est devant mais nous allons nous entraîner un maximum pour nous hisser à leur niveau". L’ancien patron de l’équipe cycliste Capri-Sonne, au club depuis quatre ans et qui court toujours un titre majeur, a aujourd’hui doté Gonzalo Quesada d’un effectif solide, équilibré et n’ayant a priori rien de comparable avec la structure brinquebalante de ces dernières années. Cette fois-ci, l’ancien ouvreur des Pumas dispose d’un vestiaire qu’il a choisi dans sa quasi-intégralité et, en toute logique, les résultats du club devraient s’en faire sentir.

Enfin, et c’est tout sauf anecdotique, les Parisiens pourront compter samedi sur leur ouvreur Joris Segonds, dont la présence avait été longtemps mise en doute par sa participation à la dernière tournée des Bleus en Australie. "Lorsque le staff des Bleus a annoncé la dernière compo d’équipe de la tournée, nous disait-il samedi soir, j’ai pris mon téléphone pour appeler Gonzalo (Quesada). Le coach m’a dit qu’il ferait donc le nécessaire pour que je puisse reprendre le Top 14 plus tôt que les autres Tricolores. J’ai répondu que je voulais rejouer à tout prix, quitte à ne prendre qu’une seule semaine de vacances. Je n’étais pas fatigué et à mon retour à Paris, je me suis même entraîné comme un fou, seul dans mon coin." Et puis ? "Un soir, on m’a appelé pour me dire que les négociations avaient porté leurs fruits. J’étais si heureux…" Assis sur un pack de buffles et poussé par le deuxième réalisateur du dernier championnat, le Stade français n’est peut-être pas bâti pour faire du grand spectacle mais dans un derby, une telle combinaison pourrait bien suffire…

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