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O’Gara : ''Avoir un week-end off était énorme"

O’Gara : ''Avoir un week-end off était énorme"

Le 15/06/2021 à 09:01Mis à jour Le 15/06/2021 à 09:04

TOP 14 – Au repos le week-end passé, le Stade rochelais s’avance revigoré, selon Ronan O’Gara, vers sa demi-finale face au Racing, programmée vendredi à Lille (20h45).

La dernière fois qu’il s’était présenté face à la presse, Ronan O’Gara était apparu profondément marqué. C’était le 26 mai dernier, quatre jours après la désillusion de Twickenham et la défaite en finale de Champions Cup face au Stade Toulousain (22-17). Hier, lundi, l’entraîneur en chef affichait une mine bien plus joviale. Il s’est exprimé, après l’entraînement matinal, pour évoquer l’état des troupes et ce choc à venir, en demi-finale du Top 14, face au Racing, club dont il fut membre du staff entre 2013 et 2017. Avec, en point d’orgue, ce bouclier de Brennus décroché en 2016. Extraits.

Ronan, le groupe rochelais a semblé quelque peu émoussé contre Clermont, il y a dix jours. Cette coupure a-t-elle fait du bien ?

Les joueurs étaient fatigués, c’est sûr. Les entraîneurs, aussi (sourire). Le fait d’avoir un week-end off était énorme, ça change beaucoup de choses pour tout le monde. On est plein d’énergie, on est en bonne forme, on a hâte d’être vendredi soir. C’était super important pour Jules Le Bail de faire le nécessaire pour le groupe (pénalité du bonus défensif à Clermont, NDLR). Tout le monde en a bien profité pour recharger les batteries, les corps.

Eviter un match de barrage vous apparaissait indispensable ?

Honnêtement, oui. Super important. Mais c’était prévu dans le planning. Je ne parle pas avec « le melon ». C'est pour ça que l'on avait aligné ces équipes (remaniées, NDLR) lors du bloc de trois matches (Montpellier, Brive, Agen en huit jours) avant la finale de Champions Cup. On a la chance d’attaquer les phases finales de Champions Cup et du Top 14 comme Toulouse. Pas comme les autres, qui étaient juste focalisés sur le championnat. Je suis fier de ce groupe car on a fait les deux. Et maintenant, on est très bien. Le dernier week-end off a fait du bien à tout le monde.

TOP 14 - Atonio (La Rochelle)

TOP 14 - Atonio (La Rochelle)Icon Sport

Tout le groupe a regardé, ensemble, la victoire en barrages du Racing, vendredi dernier. Était-ce important ?

Personnellement, j'ai regardé juste la moitié du match parce que mes enfants étaient à la maison (rires). Mais le match était terminé à la mi-temps. Est-ce qu’on a appris des choses ? Je ne pense pas. Si c'était important de vivre ça ensemble ? Je ne pense pas, non plus. Cette saison, l’ambiance a changé complètement, c’est un groupe soudé. Si tu essaies de forcer des choses comme ça, pas naturelles, ça ne marche pas. C’était l’opportunité de simplement passer un peu de temps ensemble et regarder la démonstration du Racing.

Une telle "démonstration" vous a surpris ?

Oui, mais c’est ça le rugby. Tellement de possibilités peuvent arriver. Si tu manques de précision, que tu n’es pas discipliné contre le Racing, tout le monde prend 28-0. Tu ne peux pas critiquer l’arbitre, tu dois juste te regarder toi-même. Le Racing méritait de mettre ces 30 points. Le rugby est impitoyable à ce niveau. Il n'y a pas eu photo. Une équipe a vraiment tué l’autre.

"Je n'oublierai jamais ces cinq années au Racing mais c'est le passé (sourire). Maintenant, c'est le projet rochelais ! J'aimerai faire des choses ici et ça commence vendredi soir."

Vous êtes apparu très affecté, presque triste, après la défaite en finale de coupe d'Europe. Est-ce derrière vous, désormais ?

Oui (sourire). C’était une opportunité pour gagner quelque chose. Et c’est super [il insiste sur ce terme] difficile. On n’a pas gagné mais on n’était pas loin. Ça m’a beaucoup perturbé, blessé, affecté. Je suis un mauvais perdant, un compétiteur. Ça ne suffit pas d’aller en finale. Il n’y a pas de vice-champion, comme vous dîtes en Français. En Anglais, ça n'existe pas. Le vainqueur prend tout. Les autres ne sont pas invités.

Dans ce dernier carré du Top 14, il reste ce qui se fait de mieux en ce moment…

Oui. C’est le haut niveau, ce sont les demi-finales du meilleur championnat au monde. On a vu le match entre Biarritz et Bayonne (remporté par le BO aux tirs au but, NDLR). C’était juste pour entrer dans ce championnat ! Regardez le suspense, la magie, c’est difficile de retrouver ça dans les autres pays. Je comprends pourquoi vous adorez le bouclier de Brennus, son histoire et tout son prestige. J’étais incroyablement excité, dans mon canapé, en regardant ce match.

TOP 14 - Dulin (La Rochelle)

TOP 14 - Dulin (La Rochelle)Icon Sport

Vendredi, vous allez retrouver un club que vous connaissez très bien. Au sein duquel vous avez commencé votre carrière d'entraîneur…

J'ai toujours été très proche des deux Laurent (Travers et Labit, NDLR), j'ai beaucoup de respect pour beaucoup de monde là-bas, j'ai des amis importants, je suis toujours en contact avec beaucoup de leurs joueurs mais aussi Jacky et Françoise Lorenzetti. J'ai beaucoup d'admiration pour le Racing. Je n'oublierai jamais ces cinq années mais c'est le passé (sourire). Maintenant, c'est le projet rochelais ! J'aimerai faire des choses ici et ça commence vendredi soir.

La Rochelle a l'occasion de se qualifier pour sa première finale de Top 14, vendredi. Cela validerait encore un peu plus les progrès du club…

Oui, mais on verra ça après. Il faut se concentrer pour l'instant sur les choses que l'on contrôle.

Comment trouvez-vous vos joueurs ? Leur bonne préparation avant la demie puis la finale de Champions Cup les aide-t-elle cette semaine ?

C’est sûr. C’est une autre expérience. Tous les joueurs grandissent avec les grands moments. Certains joueurs étaient très performants à Twickenham. D’autres, non. C’est le sport ! Le but, vendredi soir, c’est d’avoir dix joueurs plus performants que le Racing. Le cas échéant, on aura une grande chance d’être performant. Sinon, le Racing gagnera le match.

"Botia et Bourgarit absents ? Quelqu’un aura l’opportunité de marquer l’histoire de ce magnifique club"

Victor Vito, touché au mollet depuis la finale de Champions Cup, n'a pas participé à l'entraînement de la matinée. Une incertitude semble planer autour de Geoffrey Doumayrou, sorti touché contre Clermont. Quelles sont les dernières nouvelles ?

On s'est entraîné dimanche matin, les deux étaient là. Ils étaient performants mais, le plus important pour les deux, c'est de voir leur "réaction". On pourra en dire davantage jeudi. S'ils sont à l'aise à l'entraînement, ils seront là vendredi soir.

Que change l’absence de Lepani Botia, suspendu, dans votre système ?

On perd un énorme joueur, avec du caractère, qui représente beaucoup de bonnes choses. Maintenant, cela donne une opportunité pour quelqu’un d’autre. C’est comme ça, le rugby. C’est pour cela que l’on a besoin d’un bon groupe. En début de saison, si vous aviez dit que Jules Le Bail taperait la pénalité pour nous donner un week-end off, beaucoup de gens auraient dit : ''Non, ce sera Ihaia West, Jules Plisson ou Brice Dulin''. Mais c’est le même message chaque semaine : être prêt à saisir l'opportunité. Quelqu’un aura l’opportunité de marquer l’histoire de ce magnifique club.

À l'image, par exemple du talonneur Samuel Lagrange, après la fin de saison de Pierre Bourgarit ?

Oui et c’est dur pour un jeune joueur comme ça, qui peut toujours se dire : "Quand va arriver mon opportunité ? Je n’ai jamais joué, c’est difficile, j’en ai marre, je voudrais jouer dans un club qui me donne du temps de jeu". Mais c’est la raison pour laquelle des joueurs restent aux Crusaders, au Real Madrid ou à Liverpool. Tous les clubs ne se battent pas pour les médailles. Ici, c’est un grand club, on est ambitieux. C’est pour cela que ''Sam'' a continué de travailler dans l’ombre toute la saison, pour être récompensé vendredi soir. C’est certain que ''Bourga'' est une grande perte. C’est un joueur énorme, mais ça arrive. On est capable d’avoir une réaction positive.

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