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Muscarditz : "Quelque chose qui peut être gravé à vie dans nos mémoires"

Muscarditz : "Quelque chose qui peut être gravé à vie dans nos mémoires"

Le 09/06/2021 à 09:17Mis à jour Le 09/06/2021 à 09:18

TOP 14 - Peyo Muscarditz est arrivé à l’Aviron Bayonnais en cadets et il connaît particulièrement bien l’importance d’un derby. Cette semaine, nous l’avons appelé pour qu’il nous parle de l'atmosphère et de la pression qui règnent autour de ce match, de ce qu’il représente à ses yeux ou encore de la confrontation à venir avec Francis Saili…

Peyo, comment s'est passé ce début de semaine ? On suppose que vous auriez préféré éviter ce derby...

On aurait aimé montrer qu’on était capable d’acquérir notre maintien au terme de la saison régulière de Top 14. Il y a eu de la frustration au soir du match à Montpellier, où nous sommes passés prêts et où nous avons rivalisé dans pas mal de secteurs. Après le Stade Français, nous avons vite basculé pour éviter que les doutes nous envahissent et nous hantent un peu. Au vu du match, on a sûrement moins mérité la victoire que celle qu’on aurait pu espérer à Montpellier.

Aviez-vous une préférence entre Biarritz ou Perpignan, sur l’adversaire cet “access match” ?

Franchement, je n’ai pas de préférence. À la base, j’aurais aimé ne pas le jouer, donc je ne m’étais pas projeté sur ce match-là. Ce sera un beau challenge contre Biarritz et une belle fête aussi, malgré le fait qu’il n’y ait que 5 000 supporters.

Nous sommes à quatre jours du match (NDLR : l’entretien a été réalisé mardi). Ressentez-vous la pression monter, ou vous en êtes encore loin ?

Pour le moment, elle est un peu loin, même si on entend les bruits de couloir. Parfois, ça nous donne quelques frissons. Mais on va dire qu’on arrive encore à dormir la nuit.

Justement cette pression, comment allez-vous l’appréhender à l’arrivée du match ?

Dans tous les cas, il faudra l’accepter et jouer avec. Elle ne sera pas supplémentaire, mais égale aux pressions qu’on a eues et qu’on s’est mises pendant ces dernières journées. On sait que derrière, il n’y a plus d'échappatoire. Si le résultat n’est pas favorable, ce sera la descente en Pro D2. Il faut tourner cette pression en positif pour qu’elle nous serve afin de se transcender pendant ce match-là.

Avez-vous évité de trop sortir de chez vous cette semaine, ou avez-vous besoin de sentir cette ferveur populaire ?

Le début de la semaine a été plutôt normal. Je suis sorti pour faire mes courses et j’ai eu la chance de sentir les gens avec nous, sans trop de mauvaise pression. Mais je sais que d’ici la fin de semaine, je vais éviter de sortir.

Yannick Bru a dit que vous ne deviez “surtout pas jouer avec l’esprit du perdant”. Comment se construit-on un esprit de gagnant ?

Personnellement, je l’ai à tous les matchs. Après, il faut être conscient des enjeux, mais il faut éviter d’imaginer au maximum la défaite et tout ce qui se passerait après. Il faut vivre les instants du moment et la préparation à 100 %. Nous devons être acteurs de cette semaine, afin de pouvoir préparer positivement cette rencontre. Il n’y a pas de calcul à faire. L’enjeu, on le connaît. Il y a juste à se rassurer, engranger de la confiance et avoir nos certitudes pour entamer ce match.

Néanmoins, sentez-vous le poids des responsabilités sur vos épaules ?

On ne nous le fait pas tellement sentir, la pression n’est pas exacerbée vis-à-vis de la présidence ou quoi. J’ai l’impression qu’on marche unis. On ne nous met pas le couteau sous la gorge, mais on sait très bien ce qui pourrait arriver. On sait ce qu’on veut aussi. Nous avons des responsabilités et sur ce match-là, nous sommes face à elles. C’est à nous de nous prendre en main.

En plus de jouer un barrage pour le maintien, vous jouerez un derby. Ça rajoute du piment…

Bien sûr que ça rajoute un truc en plus. Comme la préparation, c’est positif. Nous allons jouer contre nos voisins, c’est quelque chose qui peut être gravé à vie dans nos mémoires. L’enjeu est assez important puisqu’une place en Top 14 se joue. Le fait que ce soit un derby le rend encore plus important. Mais la finalité, c’est toujours la même. Les deux enjeux cumulés font que nous avons tous envie d’en ressortir vainqueur.

Pour vous, c’est quoi un derby ?

Déjà, c’est la passion, la fête qu’il y a autour, des débats entre supporters. Le derby représente aussi de l’amour pour le club et les joueurs qu’on supporte, les idées, les couleurs. C’est une multitude de sentiments positifs et bons à vivre. Ce sont aussi des grandes rencontres disputées par des grands joueurs, ainsi que des images et histoires à raconter. Ce seront sûrement de grands souvenirs.

Vous n’en avez jamais gagné avec les professionnels. Ça vous hante, ou vous motive ?

Ça me motive, clairement.

Vous êtes beaucoup de joueurs du cru dans l’équipe, vous connaissez l’importance d’un derby. En avez-vous parlé cette semaine aux étrangers ou à ceux qui ne sont pas d’ici ?

On l’a rappelé aux étrangers. Enfin, on leur a surtout fait découvrir. On a parlé de l’importance que ça avait pour nous, mais ça l’est aussi pour eux ! Au-delà de ce derby, ils jouent aussi leur avenir ici et ils n’ont sûrement pas signé à Bayonne pour jouer en Pro D2. Ils sont conscients de l’impact qu’ont ce derby et cet access match. Je pense que, maintenant, ils comprennent complètement ce qu’est le derby pour nous.

Vous avez joué quelques matchs importants dans votre jeune carrière. Où situez-vous celui-là ?

Dans les premiers, voire le premier.

Vous aimez bien défendre. Même si vous jouez plutôt 13 et lui 12, vous croiserez certainement la route de Francis Saili. À quoi vous attendez-vous ?

Je l’ai suivi toute la saison. C’est quelqu’un que j’admire et, pour moi, c’est un beau duel. Cependant, l’équipe en est consciente, donc je ne serai pas le seul à vouloir essayer de le contrer. Je suis fier de pouvoir relever ce défi face à ce joueur. Je l’avais déjà vu en Angleterre auparavant. Je trouve qu’il a un gros niveau. J’ai envie d’être à sa hauteur pour que notre équipe puisse bénéficier de mon niveau et pour qu’il évite de créer des brèches.

Saili a souvent tendance à faire jouer autour de lui. Le danger est là et il ne faudra donc pas seulement le stopper…

Je pense que c’est un joueur qui a largement le niveau Top 14. Il est plus que complet, c’est une star. À Bayonne, il serait sûrement titulaire indiscutable. Mais je ne me focalise pas que sur lui, parce que je ne veux pas tomber dans un duel. Ça pourrait m’amener à passer au travers du match. L’équipe est consciente de ses forces et de son talent. Il est excellent, mais on aura tout aussi envie que notre équipe soit à la hauteur de ses performances.

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