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Lebel, le bel avenir toulousain

Lebel, le bel avenir toulousain
Par AFP

Le 26/12/2020 à 09:00Mis à jour Le 26/12/2020 à 09:10

TOP 14 - Malgré une rude concurrence, le jeune ailier Matthis Lebel se fait une place dans la ligne de trois-quarts du Stade toulousain qui reçoit Bordeaux-Bègles dimanche. Objectif premier pour rêver à plus grand, avec le Mondial-2023 en ligne de mire.

"Lebel sera international dans pas longtemps et sera international longtemps, ne vous inquiétez pas." Rien de tel qu'une prophétie d'Ugo Mola, prononcée fin octobre, pour mettre la pression sur un joueur de 21 ans professionnel depuis 2018 seulement. Mais cela ne semble pas peser sur les épaules du Gersois. "Je me méfie de ce que disent les gens, la réalité est qu'il y a de très bons joueurs à mon poste en France", avait-il alors commenté, "les pieds sur terre", dans un entretien à l'AFP. "Si ça arrive tant mieux, sinon ce n'est pas une fin en soi. Pour le moment, je me dis qu'il ne faut pas aller trop vite, pas se prendre la tête."

La suite de l'automne lui a donné raison. Parti sur les chapeaux de roue en début de saison - quatre essais en autant de titularisations en Top 14 -, Lebel n'a plus connu la même réussite pendant la longue période de doublons, rendue très compliquée par l'absence d'une dizaine de joueurs appelés par le XV de France. Dont le double champion du monde juniors avec les Bleuets (2018 et 2019) a fait partie, au milieu d'une armée de débutants au niveau international, sans avoir sa chance de jouer face à l'Italie puis l'Angleterre. "C'est un peu frustrant pour le compétiteur que je suis", a-t-il reconnu à son retour à Toulouse. "Maintenant, je sais que j'ai beaucoup appris en termes d'expérience. J'ai pu toucher de près la marge de progression qu'il me reste pour espérer un jour intégrer pour de bon cette équipe de France et y jouer. (...) Pour me montrer, il va d'abord falloir que je gagne ma place en club."

Parmi les grands

Cette étape-là semble presque franchie si l'on se base sur la composition d'équipe pour le périlleux déplacement en Ulster (29-22) mi-décembre, avec une équipe au complet: Lebel y a gagné une place de titulaire aux dépens du taulier (33 ans) Yoann Huget, qui raccrochera les crampons à la fin de la saison, poussé en partie par l'éclosion de la nouvelle génération. Outre Huget, 62 sélections avec les Bleus, et Lucas Tauzin, autre champion du monde U20 (22 ans) qui pointe actuellement à l'infirmerie, Lebel doit aussi faire face à la concurrence de Maxime Médard (33 ans, 63 sélections), et du champion du monde sud-africain Cheslin Kolbe. Voire Thomas Ramos si l'on considère qu'il postule aussi, à terme, à l'arrière.

Avec les patrons Huget et Médard, la relation, "plutôt distante" au départ, "a évolué", Lebel étant intégré "petit à petit", explique la pépite de Samatan (Gers), à 50 km de Toulouse. Quant aux artistes Ramos et Kolbe, "je les regarde et j'apprends énormément", dit-il, admiratif de leur placement.

Un futur arrière ?

La disponibilité, c'est l'un de ses axes de progression. "J'ai réellement progressé sur le fait de me déplacer plus sur le terrain et d'enchaîner les efforts. J'étais en retard et j'ai réussi à le rattraper", estime-t-il. "Sa marge de progression est évidemment dans la constance", juge Mola, qui veut aussi doter le Gersois d'une "carapace" physique "parce que l'enchaînement des matches laisse des traces". Et pour glisser à l'arrière, son poste de prédilection chez les jeunes, le chantier est encore plus vaste tant le dernier rempart est capital dans le système toulousain. "Ugo m'y avait mis un peu mais je n'arrivais pas à être moi-même à 100%, je n'étais pas prêt à être 15 comme il le voulait", relate Lebel qui doit s'améliorer au pied mais surtout "sur la pré-action, prendre toutes les informations, être au bon endroit au bon moment, tout ce qui se passe quand je suis loin du ballon".

"Son repositionnement à l'aile lui enlève pas de mal de choses à gérer", reconnaît Mola qui ne désespère pas de l'amener "petit à petit" à l'arrière. Cela tombe bien pour celui qui vient de prolonger son contrat jusqu'en 2023, année de la Coupe du monde, plus une année en option: le sélectionneur Fabien Galthié raffole des profils polyvalents...

Top 14 - Matthis Lebel (Toulouse).

Top 14 - Matthis Lebel (Toulouse).Icon Sport

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