Midi Olympique

L’antisèche : La Rochelle, machine avant

L’antisèche : La Rochelle, machine avant

Le 18/06/2021 à 22:51Mis à jour Le 18/06/2021 à 22:53

TOP 14 - On attendait la ligne de trois-quarts des Galactiques ? Les avants de La Rochelle ont réduit ses intentions à néant, en ouvrant le pack francilien comme un livre comme pour filer en finale (19-6), tout en rappelant aux ciel et blanc que le rugby commence devant...

Le match : un jeu de massacre

On s’en doutait avant le coup d’envoi, et les premières minutes de la partie confirmèrent rapidement la totale opposition de styles entre les Maritimes et les Franciliens. Mais entre des Rochelais soucieux d’assurer une bonne occupation du terrain et des Franciliens qui avaient choisi de faire feu de tout bois, la première période tourna rapidement à l’avantage des premiers. La faute, entre autres, à un Finn Russell des mauvais jours côté Racing. Mais surtout à un pack d’airain des Rochelais, lesquels privèrent le Racing de la moindre opportunité pendant plus de 60 minutes.

Pour parler crûment, les Marititimes ont tout simplement ouvert en deux les ciel et blanc et cela au sens figuré comme propre, à l’image des crânes fendus de Claassen puis de Kolingar, jusqu’à obliger le Racing à terminer sans talonneur après les blessures de Baubogny et Le Guen. Une œuvre de destruction massive qui réduisit à la portion congrue la fameuse ligne de trois-quarts des « Galactiques », confirmant sans surprise l’adage bien connu : qu’on le veuille ou non, le rugby commence devant...

Le joueur : Skelton leur a tout fait

Cela n’a peut-être pas été son match le plus flamboyant que le colosse australien a disputé avec La Rochelle. Reste que la facilité avec laquelle Will Skelton réduisit à néant les deux seules opportunités de possession du Racing dans les 22 mètres rochelais, en saccageant d’une seule main baladeuse leurs tentatives de formation de ballons portés, résume à elle seule l’impact qu’il put avoir sur la rencontre… Et l’on ne parle pas ici de ses nombreuses prises de bec verbales ou physiques, qui lui permirent d’asseoir son emprise mentale sur les Racingmen !

Au vrai, la performance de Skelton symbolise à elle seule le scenario de la rencontre, qui vit les avants maritimes avaler tout crus leurs vis-à-vis franciliens, en mêlée comme dans le jeu au sol. Entre la sortie précoce de Bird et la mise sous l’éteignoir d’un client comme Bernard Le Roux, Will Skelton a tout bonnement apposé sa main de fer sur cette demi-finale, pour ne la lâcher qu’à la 78e, lorsque son staff décida qu’il était temps pour lui de souffler un peu pour mieux penser à la finale...

L’action : Dulin, un caviar pour Retière

Entreprenant en diable et probablement désireux de prouver à son staff qu’il avait eu tort de ne pas compter sur lui pendant la campagne européenne, Arthur Retière s’est présenté avec des fourmis dans les jambes sur la pelouse du stade Pierre-Mauroy, où il a fait souffrir la défense du Racing par plusieurs rushs dévastateurs, avec son centre de gravité très bas. Un travail de sape qui fut récompensé d’un essai à la demi-heure de jeu, à la grâce d’un énième côté fermé rondement mené par Kerr-Barlow et Brice Dulin.

Comme prévu dans le plan rochelais, l’arrière des Maritimes ne se fit pas prier pour déposer le ballon dans le dos de Teddy Thomas, avec un petit par-dessus aux petits oignons pour Retière qui eut à la fois le mérite de capter le ballon dans les airs puis de conclure l’action en coin, malgré les retours de Thomas, Machenaud et Lauret. Un bijou qui, transformé par West, offrit aux Rochelais une dizaine de points d’avance.

Le tournant : et Russell sombra...

Dès le début de la rencontre, on sentit l’ouvreur du Racing Finn Russell comme emprunté, tiraillé entre la volonté de conserver la sobriété qui avait fait sa force contre le Stade français, et celle de prendre le jeu à son compte pour faire courir les lourds avants rochelais. Las pour le Racing, son meneur de jeu sombra vite dans cette seconde option. Une passe au pied mal avisée sur une sortie de camp dans ses propres 22 mètres avait pourtant servi d’avertissement, malheureusement insuffisant.

Ainsi, alors que La Rochelle venait de prendre l’avantage à la 26e minute et assurait une sortie de camp efficace, Russell décidait contre toute logique de contre-attaquer à un contre cinq une touche rapidement jouée de Kurtley Beale. Et si l’ouvreur écossais ne s’en sortit pas si mal sur le coup en conservant le ballon, il commit l’irréparable par la suite, en voyant son jeu au pied contré. Une grossière erreur qui fut à l’origine de la mêlée pour l’essai de Retière, et le début d’un long calvaire pour l’ouvreur francilien qui se perdit en un tourbillon de mauvais choix. Pas de quoi lui ôter, en somme, cette image de joueur trop inconstant pour remporter des titres...

La question : le Racing pouvait-il mieux faire ?

La démonstration de force du Racing face au Stade français en barrage avait laissé augurer des plus beaux espoirs pour les ciel et blanc. Mais la leçon du pack rochelais a permis de mieux cerner ses limites, à savoir l’absence de pilier droit et de numéro huit de très haut niveau, amplifiées qui plus est par l’absence du leader de combat Camille Chat, mais aussi de celles du gaucher Eddy Ben Arous et du troisième ligne Yoan Tanga. Face à toutes ces insuffisances, le Racing pouvait-il décemment espérer beaucoup mieux contre une équipe aussi armée devant que La Rochelle ?

Le Racing pouvait-il mieux faire ?

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