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La Rochelle : une fièvre jaune et noir

La Rochelle : une fièvre jaune et noir

Le 25/06/2021 à 09:02Mis à jour Le 25/06/2021 à 19:41

TOP 14 - La présence en finale du championnat du Stade rochelais est un fait inédit, et s’accompagne d’une mise en lumière d’une ferveur populaire singulière et qui tient également un rôle important dans l’évolution du club non pas d’une ville, mais de toute une région.

Même si l’on n’est pas Rochelais, un simple tour sur les réseaux sociaux permet de voir à quel point la ville vibre pour son club de rugby, et pour l’épopée de cette saison 2020-2021 qui peut finir en apothéose, ce vendredi soir au Stade de France. Avec un logo qui s’affiche la nuit sur des monuments emblématiques de La Rochelle, ou encore ces couleurs Jaune et Noir qui habillent un nombre incalculable de bâtiments et habitations, toute une cité - toute une région - se prépare à vivre un moment unique et à enflammer (au sens figuré bien sûr) le Vieux Port en cas de succès des Maritimes face au Stade toulousain… D’autant que l’idée d’une parade similaire à celle de 2014, année de la remontée en Top 14, fait déjà fantasmer tous les supporters. Mais il reste pour cela une dernière marche à gravir, et quelle marche.

Vivre une finale de Top 14 avec son club de cœur, quel supporter n’en rêverait pas ? Et après la saison que l’on vient de traverser dans cette situation sanitaire, le fait de voir le Stade de France accueillir finalement 14 000 spectateurs fait presque office de bonne nouvelle car à défaut de satisfaire tout le monde, il y aura moins de déçus. "Il y a eu un pic de stress avec la recherche de billets mais là ça va un peu mieux. J’ai vécu cette saison difficilement car j’aime par-dessus tout être au stade. Je suis donc content de voir l’équipe atteindre un tel niveau et à la fois frustré que ça tombe cette année. Mais on revit depuis le déplacement à Lille", confie Axel, qui sera au match. Et si le départ des joueurs depuis l’aéroport de La Rochelle-Ré a été accompagné d’un traditionnel cortège ce jeudi, cette fois plusieurs bus pourront gagner la capitale.

" Ronan O’Gara nous demande souvent pourquoi on va s’entraîner. C’est pour vivre un moment comme ça"

Grégory Alldritt, troisième ligne des Maritimes

Il n’est pas anodin de voir une telle mobilisation pour la première finale de Championnat de France de l’histoire d’un club créé en 1898. Et elle s’accompagne forcément d’une forme de crainte et d’appréhension au moment de retrouver un adversaire contre qui les Maritimes ont perdu trois fois cette saison : à deux reprises en saison régulière et surtout en finale de Champions Cup, le 22 mai dernier. Fidèle supportrice, Noëlle confesse être "complètement stressée, énervée et angoissée par la peur de perdre", tandis qu’une autre supportrice lui emboite le pas en expliquant avoir "la boule au ventre." Yoyo reconnait quant à lui "ne pas bien dormir depuis mardi mais le fait de savoir que je serai au match me rend trop heureux." Tout autant de témoignages passionnés qui ajoutent de la pression au groupe, aux joueurs.

Quoi qu’il en soit, il s’agit d’ores et déjà de la plus belle saison de l’histoire d’un club à part. "Certains le disent aussi dans d’autres villes, mais ici nous n’avons pas grand-chose aux alentours en termes de sport. C’est presque le néant, explique Maxime Collin, président du Club des Bagnards. Il n’y a que le rugby entre Nantes et Bordeaux et il a vraiment une place à part. C’est ancré. C’est une religion car ici on vit rugby. Ça parle rugby. Il n’y a pas une journée où l’on n’entend pas une conversation sur le Stade Rochelais, à tous les coins de rue avec les plus jeunes ou les plus anciens." Le troisième ligne des Maritimes, Grégory Alldritt, évoquait justement cet engouement, "c’est énorme. C’est pour ça que l’on joue au rugby et c’est pour ça que je suis venu à La Rochelle. La ville est à fond derrière son club."

" Si victoire de La Rochelle il y a, "mon patron s’attend déjà à ne pas me voir lundi ou à ne pas me voir très frais "

Maxime Collin, président du Club des Bagnards

Tout un peuple veut maintenant revivre a minima les émotions de la migration de la furia Jaune et Noir vers Brive en 2009 pour le succès face au LOU et surtout celui face à Agen en 2014. Romain Sazy a d’ailleurs montré au groupe ces vidéos d’il y a sept ans. "Ronan O’Gara nous demande souvent pourquoi on va s’entraîner. C’est pour vivre un moment comme ça. On va tout faire pour pouvoir vivre ça", enchaîne Grégory Alldritt, sachant que si victoire il y a, la fête promet d’être encore plus belle. Un retour est prévu dans la nuit, "et si victoire il y a, ce sera plus gros. Le défilé sur le port avait été magnifique mais on n’avait pas gagné. Revenir avec le bouclier, ce ne serait pas une nuit de fête mais une semaine. Une orgie ! Mon patron s’attend déjà à ne pas me voir lundi, ou à ne pas me voir très frais", sourit Maxime Collin.

Alors comme le dit Maxime, "après avoir écumé les stades de Pro D2, finir au Stade de France pour autre chose qu’un match des Bleus, c’est fantastique." Pour que cela soit désormais mythique et que le peuple jaune et noir plonge (au sens propre comme figuré !) dans la folie du Vieux-Port, après une soirée au stade ou devant les écrans des bars, "il faudra prendre notre revanche contre l’ogre toulousain."

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