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La Rochelle, troisième tentative

La Rochelle, troisième tentative

Le 16/06/2021 à 14:05Mis à jour

TOP 14 – Recalé aux portes de la finale sur ses deux premières tentatives, le Stade rochelais aborde la troisième demie de son histoire autrement plus armé. Face au Racing ce vendredi (20h45), les Maritimes espèrent bien surfer sur leur lancée.

"Cette troisième demi-finale, j'espère que c'est la bonne, que l'on va passer." Ou comment conjurer le vieux dicton "jamais deux sans trois". Lundi, à l'issue du premier entraînement de la semaine de préparation du choc face au Racing, Uini Atonio avait toujours bien en tête les deux premiers échecs du club à la caravelle à ce stade de la compétition. Et pour cause, il était sur la pelouse, ces deux soirs-là. Et même capitaine, la première fois.

Crucifié sur le fil par Toulon en 2017 (15-18), après une phase régulière impressionnante, puis surclassé plus logiquement par Toulouse en 2019 (20-6), ce XV rochelais a, depuis, pris davantage d'épaisseur. En témoigne, notamment, son colossal succès en demi-finale de Champions Cup, début mai, face au Leinster (32-23). "Si le club est mieux armé ? Oui, il y a une montée en puissance depuis des années. C'est normal, le Top 14 est de plus en plus dur. Les recrues de cette année comme Will (Skelton) et Brice (Dulin) nous font un bien fou", appuie le pilier droit.

Pas question de "mérite" pour O'Gara

L'international français, au club depuis 2011, transpire de détermination : "Il n'y a pas la place pour être fatigué. Il faut être 100% présent. Les mecs sont impliqués, personne n'est fatigué, tout le monde a envie de jouer, il y a vraiment de la concurrence à chaque poste. Il ne faut pas attaquer ce match comme si c'était un match de la phase régulière, il y a plus de pression. On n'a jamais fait une finale en Top 14. Ce groupe le mériterait."

Top 14 - Uini Atonio (La Rochelle)

Top 14 - Uini Atonio (La Rochelle)Icon Sport

Ah, le fameux "mérite", tant souligné par nombre d'anciens de l'effectif. Tels Sazy, Gourdon et consorts. Un critère qui n'entre absolument pas en considération, en revanche, dans l'esprit de Ronan O'Gara. "Beaucoup de monde aimerait voir La Rochelle soulever le bouclier parce qu'on le mérite. Mais on ne mérite rien ! Je suis dans le rugby depuis 25 ans, ça ne marche pas comme ça", nous glissait l'entraîneur en chef maritime quelques jours après la défaite en finale de Champions Cup.

"Tu dois travailler pour lever le Brennus, revendiquait alors le technicien irlandais. Travailler avec précision et après, peut-être, que tu es en position de faire quelque chose dans les dernières dix minutes d'un match. Le mérite n'est pas la clé de la réussite. La clé, c'est d'être performant pendant 80 minutes." Face au Racing, ce vendredi soir au Stade Pierre Mauroy de Lille, La Rochelle ne pourra sans doute pas y échapper.

La recette de Dulin

Le week-end précédent, la démonstration du club francilien face au voisin parisien (38-21) en barrage, les Rochelais l'ont regardée tous ensemble. Et, comme tous les observateurs, ils n'ont pas trouvé matière à rire. "Le Racing, ça ne rigole pas. Devant, ça rase les rucks et, derrière, ils peuvent faire des offloads de partout !", commente Uini Atonio, qui vante "plus de rigueur et d'application" dans le clan maritime cette semaine car "en face, ça va être épais."

Apparus émoussés à Clermont, il y a bientôt deux semaines, les Rochelais sont revigorés et prêts au défi, selon leurs dires. "Le week-end off était bénéfique pour les organismes, pour la tête, pour souffler un peu et se redonner l'opportunité d'imposer au lieu de subir ou de faire le minimum, assure Brice Dulin. Il va falloir faire ce que l'on fait le mieux, c’est-à-dire jouer collectivement. Il y aura des opportunités, le cas échéant. Il faudra vraiment les fatiguer. On a tous envie d'aller à Paris, de jouer cette finale. Il faut que l'on soit impérativement réguliers, disciplinés et conscients que La moindre petite erreur ou le moindre mètre de retard peut coûter très cher."

L'arrière rochelais sait de quoi il parle. En tant que double champion de France, sacré avec Castres puis le…Racing. "Pas forcément besoin d'avoir vécu des choses pour ressentir les mots à dire ou les comportements à avoir, nuance toutefois le natif d'Agen. Il faut être conscient que c'est un match comme on en a vécu tout au long de la saison. Certes, il y a encore plus d'enjeux car pas le droit de perdre mais il ne faut pas perdre en lucidité en voulant surjouer. Il faut jouer simple, être patient et ne pas se laisser emporter par l'enjeu, le retour du public ou une décision arbitrale. Faire ce qu'a fait le Racing en barrage : être prêt au coup d'envoi et mettre les bons ingrédients pour que ça se goupille bien."

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