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La drôle de saison du Stade français

La drôle de saison du Stade français
Par AFP

Le 09/06/2021 à 15:25Mis à jour

TOP 14 - Le cluster du début de saison, le décès de l'icône Christophe Dominici, les tweets racistes de Pablo Matera, le départ inattendu de Gaël Fickou... le Stade français a vécu une saison mouvementée qui le mène tout de même en barrages du Top 14.

Fin mars, au soir de la 20e journée, lorsque le Stade français a chuté devant Clermont (34-27) et glissé à la 9e place du classement, peu auraient parié sur une place dans le top 6 pour le club parisien. À commencer par les intéressés eux-mêmes : "personnellement, je n'y croyais pas. Je m'étais dit que la saison était pliée", a récemment admis l'arrière Kylan Hamdaoui.

Et pourtant, les hommes de Gonzalo Quesada ont ensuite enchaîné six victoires de rang pour s'offrir un derby face au Racing 92, samedi, et viser la demie, une première depuis le titre de 2015. Les Parisiens ont aussi, et surtout, surmonté une série impressionnante d'embûches pour en arriver là. Dès l'été, leur préparation est perturbée par un cluster: près de trente joueurs sont contrôlés positifs au Covid-19 au sortir d'un stage à Nice, le choc de la première journée face à l'UBB est reporté, le club est pointé du doigt... Rien ne va plus.

En début de saison, l'objectif fixé à l'ancien coach des Jaguares, de retour dans un club qu'il a déjà fréquenté comme joueur (2004-2005) et comme entraîneur (2013-2017), est ambitieux: "Nous positionner durablement dans les six premiers clubs français en 2022, retrouver la "grande" Coupe d'Europe en 2022 et rayonner à nouveau au niveau continental." Ce n'est pas rien pour une équipe qui avait terminé l'édition précédente à la 14e et dernière place, avec seulement cinq victoires au moment du gel de la saison en raison de la pandémie.

Un derby pour une demie

A mi-saison, les Soldats Roses, 6e avec un match en retard, sont pourtant dans les clous malgré une élimination précoce en Challenge européen, après deux défaites à Trévise (44-20) et à Cardiff (25-0). Un mois plus tôt, le club parisien a perdu son ancien ailier emblématique Christophe Dominici, décédé brutalement à l'âge de 48 ans. Cette disparition a visiblement marqué les Parisiens, qui ne remportent que deux de leur huit matches suivants. Dans le même temps, des tweets, jugés xénophobes et haineux, de leur troisième ligne argentin Pablo Matera sont exhumés.

Datant de 2012, alors que le joueur a 18 ans, ces tweets sont diversement appréciés dans le vestiaire. L'affaire est rendue encore plus complexe par le fait que celui qui vient d'être nommé vice-capitaine du Stade français est parti rejoindre les Pumas. Certains de ses coéquipiers sont également en sélection, d'autres en vacances. "C'est important de demander pardon quand on commet une erreur (...) Je ne me souviens pas du moment où je les ai écrits. C'était il y a vraiment longtemps mais je ne veux pas que ça me serve d'excuse. Ils étaient sur mes profils et j'en assume la responsabilité", a-t-il confié à l'AFP. "En neuf ans, il s'est passé tellement de choses. Je regrette et j'ai honte de ces tweets", a-t-il encore ajouté.

Enfin, dans la dernière ligne droite, le transfert du centre international Gaël Fickou est venu pimenter le derby francilien. Le capitaine de la défense des Bleus, passé du Stade français au Racing 92 fin avril, n'avait pas joué le match de la 21e journée, remporté par son ancien club. Une question "d'éthique" pour les Ciel et Blanc, "raison contractuelle" selon les Roses. Samedi, Fickou devrait être bien là, sur le terrain de l'Arena, sous les couleurs du Racing. Pour mettre un terme à la saison du Stade français?

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