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Jegerlenher : "On a hâte que ce soit fini"

Jegerlenher : "On a hâte que ce soit fini"
Par Rugbyrama

Le 29/05/2021 à 09:29Mis à jour Le 29/05/2021 à 10:55

TOP 14 - La saison galère d’Agen se termine bientôt. Un soulagement pour le troisième ligne Jessy Jegerlenher, qui fait pourtant partie des rares satisfactions de la saison. Le flanker parle de la saison de l'avenir du club.

Avec cette fin de saison compliquée, comment ça se passe mentalement pour vous ?

C’est compliqué… On construit pour l’année prochaine et on a vraiment hâte de faire ces deux derniers matchs et que ce soit fini. Il faut tourner cette page, partir en vacances, se vider la tête et revenir plein fer en juillet.

Il y a un moment où la saison a basculé dans l’horreur ?

Peut-être quand on a changé de coach. On s’est dit que pour que ça en arrive vraiment là, c’est qu’il y a quelque chose qui s’est passé. Mais un élément déclencheur, je n’en trouve pas. On sait que les matchs on les perdait en deuxième mi-temps, on a juste essayé de trouver quel était le problème.

Comment se fait-il qu’il n’y ait pas eu de rebond dans ce groupe ?

(Il soupire) Je ne sais pas… Après, il y a eu de la rébellion comme à Toulon, mais est-ce que les gens ne se disent pas que c’est trop tard ? On n’a pas gagné cette année, donc à partir du moment où on ne dominait plus et qu’on ne respectait plus le temps de jeu, l’adversaire prenait l’ascendant. Et nous, on baissait les bras, on lâchait mentalement.

Il se dit qu’il y a, en plus, une mauvaise ambiance dans le vestiaire…

Dans les clubs où ça gagne tous les week-ends, l’ambiance est toujours meilleure. Mais le changement de coach, les histoires autour du club… Il n’y a pas eu de la très bonne presse. Il n’y a rien pour avantager le club, donc c’est un tout. II y a les prestations sur le terrain et l’ambiance hors-terrain qui influent sur les performances.

Et au niveau des leaders ?

Des leaders, il y en a, chacun dans son domaine. Des leaders de jeu, de touche, d’un peu tout. Mais ce qui est plus compliqué, c’est un leader qui met tout le monde d’accord et qui met dans le droit chemin.

Il manque quelqu’un de respecté finalement ?

Oui peut-être. Quelqu’un qui peut inculquer à toute l’équipe où il faut aller.

" On a quand même notre place dans ce championnat"

Le fait qu’il n’y ait pas de public a aussi joué ?

Oui, notamment au début. À Agen surtout, où on est porté par notre public et des supporters qui ne nous lâchent pas, même dans les moments compliqués. Donc ça ne nous a pas aidé qu’ils ne soient pas là.

Personnellement, vous avez eu beaucoup de temps de jeu cette saison…

Je suis jeune (24 ans), le plus important c’est de grappiller le maximum de temps de jeu pour progresser. Certes, cette année a été une expérience, dans la défaite, mais je pense qu’on progresse mieux dans la victoire.

Vous êtes un des seuls qui enchaînent les matchs ces dernières semaines…

Oui, peut-être qu’ils (les coachs, ndlr) me font confiance. Je ne connais pas leur discours mais moi pour progresser et m’affirmer, j’ai besoin d’enchaîner les matchs, de me sentir à l’aise.

Vous faites partie des meilleurs plaqueurs du championnat et Agen est le meilleur contre en touche du Top 14. Ça reste des satisfactions ?

Oui, il y a quand même des points sur lesquels on peut se rattacher. On a quand même notre place dans ce championnat, peut-être pas sur l’ensemble des matchs ni sur tout le match. Mais on marque des essais, on met parfois à mal les défenses. On n’est pas complètement nuls.

De quoi êtes-vous fier personnellement ?

De défendre encore les couleurs du SUA, de m’accrocher pour que le club se porte mieux.

Donc vous retenez votre état d’esprit ?

Oui je pense. J’essaie de tout donner pour le club, et que ça se passe mieux. Même si mentalement, ce n’est pas facile toutes les semaines de se remettre au travail et d’aborder les équipes, alors qu’on prend parfois de sacrés scores.

" Il faudra d’entrée se remettre au travail et réapprendre à gagner. "

Vous étiez capitaine des espoirs agenais, vous êtes vus comme un grand frère pour les nouveaux ?

Oui, j’ai été issu de la génération agenaise, j’ai fait toutes mes classes depuis les cadets à Agen. Du coup certains espoirs et certains jeunes se voient à travers moi, parce que je suis encore au club. Mais s’ils s’identifient à moi et qu’ils ont besoin de conseils, moi je suis ouvert et on peut parler. Même les jeunes qui montent peuvent nous apporter quelque chose.

Qu’est-ce que vous attendez du match contre le Racing 92 ?

Qu’on prenne du plaisir, montrer qu’on ne lâche rien et qu’on veut se donner sur le terrain. Ce sont les deux derniers matchs, les derniers sous le maillot pour des joueurs comme Paul Abadie. Leur faire honneur. Bien finir la saison à la maison et faire le meilleur match possible.

Surtout contre le Racing 92 et ses stars, vous y croyez vraiment ?

En plus oui apparemment, ils viennent avec la grosse équipe, donc c’est un challenge encore plus grand. Dans nos têtes on croit toujours à l’éventuelle victoire, c’est maintenant où jamais j’ai envie de dire. Maintenant, on sait de quoi ils sont capables. Il faudra mettre le contenu.

Ce sera aussi histoire de rendre fier vos supporters, comme à Toulon…

Sur ce match, il y aura nos familles sur le bord du terrain, donc il faudra rendre fier tout le monde. Que les supporters aient envie de continuer l’aventure avec nous pour repartir sur de bonnes bases en juillet.

L’année prochaine, en Pro D2, quel sera le plan ?

Je pense qu’il faut évacuer cette année, les vacances vont y participer. On aura un nouveau groupe, il faudra d’entrée se remettre au travail et réapprendre à gagner. Qu’on ait ce goût de victoire avant de voir ce qu’on peut faire. L’été et le début de saison prochaine seront déterminants pour nous et notre saison.

Propos recueillis par Yanis GUILLOU

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