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Poirot dévoile "son" Serin

Poirot dévoile "son" Serin
Par AFP

Le 02/01/2021 à 14:18

TOP 14 - Le choc entre Bordeaux-Bègles et Toulon samedi (15h15) vaudra aussi par le retour sur ses terres du demi varois Baptiste Serin, qui ne laisse pas insensible Jefferson Poirot, son ami et compagnon de chambre pendant de nombreuses années. Pour l'AFP, le pilier gauche et capitaine de l'UBB revient sur les liens qui unissent les deux internationaux français.

Première rencontre

"C'était en 2012. Je venais d'arriver de Brive et lui a débuté peu après à la suite de la blessure de Manu Saubusse. Quand il a enchaîné les matches, il donnait l'impression d'un mec déjà prêt, qui, sans mauvais jeu de mots, transpirait la sérénité. Il était sûr de lui, de son jeu, ça pouvait presque paraître de l'arrogance tellement il était à l'aise mais au final, après l'avoir connu, ce n'était pas ça. Malgré son âge (18 ans et demi), il était déjà meneur d'hommes, assez entreprenant".

Première connexion

"En arrivant quasiment en même temps, rapidement on a eu des affinités, on était un petit groupe de jeunes joueurs à peu près du même âge, assez soudés. La véritable connexion, c'est quand on s'est retrouvé ensemble en équipe de France (lors de la tournée en Argentine en 2016, NDLR) et on a fait un bout de chemin ensemble. C'est à ce moment-là qu'on s'est vraiment rapprochés. Baptiste a souvent eu des amis piliers gauche. A Toulon, il a été un peu en chambre avec +Séb+ Tao (Taofifenua) et il est bon copain avec Jean-Baptiste Gros. C'est son petit péché mignon, il adore les piliers gauche (rires)".

Première chambre commune

"C'est lors de la saison 2014-2015 et on est resté ensemble jusqu'à ce qu'il parte de l'UBB (en 2019). On s'équilibre. Baptiste a un caractère plutôt jovial et ouvert alors que je suis un peu plus timide et réservé. En équipe de France, même s'il est arrivé un peu après moi, il m'a aidé à aller vers les autres, à m'intégrer davantage. De mon côté, je pense l'avoir aidé à se sentir dans un confort et dans un environnement de confiance. J'étais derrière lui quand il a eu des moments de doute, durant lesquels c'était un peu plus dur pour lui de garder le cap. C'est plus dans l'intime que dans le collectif. On se soutient, on ne s'appelle pas tous les jours depuis qu'il est à Toulon mais on sait qu'on est là l'un pour l'autre. C'est là qu'on voit les vraies amitiés, cette relation fraternelle."

Son héritage à l'UBB

"Il y a forcément laissé sa fougue. Il n'est pas pour rien dans le jeu que l'on a pratiqué à l'UBB pendant des années. Sur ses premières sélections, il est typiquement dans le style de jeu bordelais. Est-ce que c'est l'UBB qui l'a fait comme ça ou lui qui a amené encore plus ça ? J'ai l'impression que quand il a vraiment pris le jeu à son compte à l'UBB, on a passé un cap. Avec lui, on a joué la Champions Cup, il a mis en lumière le club par ses prestations en Coupe d'Europe ou à l'international".

Son départ à Toulon

"Je n'étais pas forcément content de le voir partir. J'en ai beaucoup parlé avec lui et je pense qu'il en avait vraiment besoin. Son départ a été une perte pour nous. Quand on voit les prestations qu'il fait à Toulon, on se dit qu'il est encore monté d'un, voire de deux, crans et qu'il a fait le bon choix. Pour le côté amical, c'est difficile".

Son retour samedi

"J'espère qu'il ne sera pas heureux (rires). Pour lui, la page est tournée. Ici, ce n'est plus chez lui, c'est à nous de marquer notre territoire et il faudra faire le boulot même si c'est un copain en face. Je sais qu'il est très apprécié au sein de l'effectif bordelais mais une fois qu'on sera sur le terrain, il faudra lui rendre la vie dure. S'il a la vie trop facile, qu'il est dans l'avancée et en confiance, ça va être très compliqué. Baptiste est un joueur qui aime ce genre de défis, qui aime prouver. Ce ne sera pas forcément difficile pour lui, il va être galvanisé par l'événement et il l'aurait été encore plus s'il y avait eu du public".

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