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Monribot : “Ce sont des moments qui marquent dans une carrière”

Monribot : “Ce sont des moments qui marquent dans une carrière”

Le 04/06/2021 à 19:07Mis à jour

TOP 14 - Jean Monribot connaît bien ces 26e journées sous haute tension, qui se terminent dans la joie ou dans la tristesse. Alors que son équipe reçoit le Stade Français samedi, et que les bleu et blanc ont l’occasion de valider leur maintien sans passer par le barrage, il espère une issue favorable.

Jean, on vous avait quitté un soir de défaite à Pau. Comment allez-vous ?

Ça va déjà mieux, puisque nous sommes sortis de cette zone de barragiste. Après, rien n’est fait et tout va se jouer sur cette dernière journée. Elle va être excitante.

Vous avez reçu ce carton rouge, à Pau, qui a beaucoup fait parler. Le jugez-vous sévère ?

Je suis resté assez sobre par rapport à ça, je n’ai pas trop envie de revenir dessus. L’arbitre a pris une décision, il faut la respecter. En tout cas, moi, je la respecte, mais il faut qu’il y ait une cohérence sur ces décisions. Tous les week-ends, on en voit et les décisions ne sont pas les mêmes. Je demande peut-être plus de cohérence sur l’application de cette règle.

Derrière ça, vous avez été suspendu trois semaines alors que l’Aviron était en pleine course pour le maintien. C’était compliqué à encaisser ?

Oui, mais l’équipe a bien bataillé. On se loupe ces deux matchs à domicile contre Castres et l’UBB. Après, on a réussi à créer la surprise à Toulouse. C’était assez difficile parce que je trouve que la sanction était lourde. J’estimais déjà avoir bien pénalisé l’équipe en prenant ce rouge à Pau. Maintenant, c’est du passé. Je suis revenu le week-end dernier à Montpellier. J’étais très heureux de refouler le terrain et retrouver l’équipe.

L’Aviron a semblé abattu après la défaite à Montpellier. Comment s’est passé le début de semaine ?

On s’était fixé l’objectif de faire un gros match pour ramener quatre points afin d’assurer ce maintien. Le contrat n’a pas été rempli. Nous n’avons pris qu’un point et il ne suffit pas pour être sauvé. Il y a eu de la déception, mais le groupe s’est vite remobilisé. Dans le vestiaire, le discours a été de se projeter sur le prochain match et cette dernière journée contre le Stade Français. Il n’y a pas une pression supplémentaire à se mettre sur les épaules. Il ne faut pas que ce groupe joue avec une chape de plomb sur les épaules. Il faut que cette équipe joue libérée, face à une formation du Stade Français qui vient chercher la qualification. Chacun a ses enjeux, ça va être un gros, gros match.

" On fera les comptes à la fin du match"

Vous avez souvent joué des matchs couperets, sur la dernière journée. Quel souvenir en gardez-vous ?

Je retiens ce match contre La Rochelle, c’était horrible à vivre sur le terrain. (NDLR : Le 23 mai 2015, malgré la victoire 45-12 face au Stade Rochelais, l’Aviron était descendu en Pro D2). Ce sont des moments qui marquent dans une carrière. Cette année, nous vivons une année assez compliquée avec le Covid. Malgré ça, on arrive à faire de bons matchs. On a fait une saison plutôt correcte par rapport au groupe que nous avons. Quand tout se joue sur la dernière journée, il y a de l’excitation ou de la tension qui se greffent.

Vous étiez titulaire sur ce match-là. Ce souvenir vous hante t-il ?

Au niveau des souvenirs marquants de ma carrière, ça a été un match qui me restera gravé. Il nous fallait ce bonus offensif, ces cinq points. Nous avions débuté la rencontre pied au plancher, La Rochelle avait explosé. Dix minutes avant la fin, l’écart était déjà grand. On commençait à demander sur le bord de la touche les résultats à côté. L’arbitre siffle la fin. On nous dit qu’on est maintenus, mais il y a une fausse communication. Il y a de l’adrénaline, des hauts, des bas, qui sont énormes au niveau émotionnel. Je me souviens très bien qu’on s’est mis en cercle et on attendait les scores. Puis on nous a annoncé qu’on n’était pas maintenus. Ça a été un sale moment.

Avec Guillaume Rouet, qui jouait aussi ce match, en avez-vous parlé aux joueurs, cette semaine, pour éviter de revivre ça cette saison ?

Oui, on en a parlé avec quelques jeunes. Je me souviens qu’avec Guillaume on s’était enlacé en pleurs comme tout. Cette saison-là, on descend avec 52 points. Ce sont des moments difficiles à vivre, surtout quand tu mérites et que tu as fait tous les efforts. C’est sûr et certain que je n’ai pas envie de le revivre. Ma motivation ne peut pas être plus importante qu’elle ne l’est, actuellement. Cette année, nous faisons aussi une saison correcte, mais nous avons les cartes en main. Nous avons quatre points d’avance sur Pau…

Néanmoins, en cas de faux-pas ce week-end, il vous restera un barrage…

C’est une chose dont on ne parle même pas cette semaine. On ne s’est projeté que sur le Stade Français. On fera les comptes à la fin du match.

Paris arrive en pleine bourre. Comment stopper leur élan ?

C’est une équipe qui monte en puissance. Elle est forte dans tous les domaines. Ils ont un gros paquet d’avants, derrière ce sont des ovnis. Il va falloir que toutes les planètes soient bien alignées pour réaliser le match parfait. Maintenir ce club en Top 14, c’est quelque chose de primordial. On y pense tous les jours, on travaille pour ça. On n’a pas eu la chance de communier avec le public, mais quand on voit ce stade, je l’imagine plein et tous ces gens méritent de voir des matchs de Top 14. Tout le monde fait des efforts pour qu’on ait des infrastructures au top, pour que le club continue à évoluer et à grandir. C’est nous, les joueurs, qui sommes acteurs sur le terrain. On a une grosse responsabilité et on en est tous conscients.

Vous avez souvent eu du mal sur vos matchs couperets à domicile. Est-ce pesant comme constat ?

L’an dernier, nous étions mal et nous avions su bien rebondir à domicile en enchaînant deux victoires contre Toulouse et Paris. Regardez le dernier match à Toulouse. On savait très bien que si on perdait, on allait faire ce barrage. C’était notre dernière chance et nous avons réussi à créer la surprise. Ce groupe est assez jeune, mais je pense qu’il a pris en maturité en enchaînant cette seconde saison en Top 14. Ça nous a permis de grandir un peu. Après, c’est vrai que vous avez raison. On aurait pu être en vacances aujourd’hui, mais on n’a pas réussi à utiliser les bonnes cartouches contre Castres, l’UBB ou les Palois. J’espère que toutes les balles seront de notre côté ce week-end. Ça reste un match de rugby. Si nous sommes bons dans tous les domaines et que le Stade Français nous laisse quelques failles, il faut qu’on s’y engouffre à 100 %. Il ne faudra pas avoir de regrets, jouer pied au plancher et sortir de ce match en se disant qu’on a tout donné. On verra quel est le résultat. Une explosion de joie avec une victoire et un exploit. Ou une projection sur le futur proche.

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