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Bouilhou : "Kaino, c’est Batman sans le chapeau"

Bouilhou : "Kaino, c’est Batman sans le chapeau"
Par Jeremy Fadat via Midi Olympique

Le 16/06/2021 à 18:46Mis à jour Le 16/06/2021 à 18:54

TOP 14 - L'entraîneur des avants du Stade toulousain revient avec lucidité sur son évolution personnelle et évoque la dernière finale de Champions Cup.

Comment amenez-vous les joueurs à la réflexion ?

Les Anglo-saxons s’approprient plus le jeu que les Français, avec le staff en retrait qui coache les leaders de jeu. Avec Virgile (Lacombe) sur la mêlée et moi sur la touche, on commence à le faire. On briefe les joueurs en amont et ils se présentent les choses. Ils ne doivent pas avoir peur de se conseiller, se chambrer, de m’interpeller aussi. Jerome (Kaino) ou Charlie (Faumuina) sont très inspirants. Ils n’hésitent pas à interagir et les autres le font. Ça permet parfois de modifier ce que je n’avais pas vu.

Que vous a apporté Jerome Kaino ?

Lui et Charlie te transforment. Ils ont une attitude impressionnante, singulière. Je l’avais remarqué à Pau avec Conrad Smith et Colin Slade. Ce qu’ils dégagent dans leur rugby et humainement, c’est simple, naturel, humble. Quand tu es Français, ça te marque. J’en connais qui ont gagné et roulent des mécaniques. Pas eux.

À ce point ?

À Pau, Conrad Smith, double champion du monde, est arrivé en 2015. On l’attendait comme le messie. À la fin du premier entraînement, il prend un mec et fait des passes à cinq mètres. Nos trois-quarts, qui voulaient toujours faire des arabesques et des passes compliquées, ont regardé ça… Je les avais chambrés : "Vous voyez, c’est pas compliqué le rugby." Au fur et à mesure de la saison, nos jeunes trois-quarts faisaient aussi des passes simples. C’est pareil avec Charlie et Jerome. À la fin des séances, ils font des petits ateliers, pas compliqués et toujours bien pensés. Ils ont cette simplicité ancrée en eux. Ils dégagent un truc… disons assez éloigné de la culture française. Ce sont des superhéros. Jerome Kaino, c’est Batman sans le chapeau (rires).

Mais on ne leur parle pas comme à d’autres…

C’est certain, surtout qu’on est presque de la même génération. Jerome, je ne lui apprends pas grand-chose. Quand j’échange avec lui, il me file deux ou trois conseils, sans en faire trop. Il ne le dit pas devant tout le monde pour montrer qu’il sait mieux que toi. Il me parle en aparté. Lui ou Charlie, ce sont des puits de savoir. Mais, si tu ne vas pas les chercher, ils ne te l’imposent pas.

Retrouvez l'intégralité de l'entretien avec Jean Bouilhou sur Midi-olympique.fr

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