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Patat (Bayonne) : "Le compétiteur que je suis a envie de découvrir de grandes choses avec ce club"

Patat (Bayonne) : "Le compétiteur que je suis a envie de découvrir de grandes choses avec ce club"

Le 13/07/2022 à 14:46Mis à jour Le 13/07/2022 à 15:22

TOP 14 - Depuis quelques jours, Grégory Patat a officiellement pris ses fonctions en tant que manager de l’Aviron bayonnais. Pour Rugbyrama.fr, le nouveau patron du secteur sportif du club basque évoque ce nouveau rôle, revient sur les raisons de sa signature à Bayonne et raconte quel type de manager il veut être…

L’Aviron a retrouvé le chemin des terrains depuis une semaine. Comment se passe cette reprise ?

Nous avons repris depuis mercredi dernier, à raison de deux séances quotidiennes. Je suis très content de l’investissement des joueurs. Aujourd’hui, nous proposons beaucoup de séances “rugby”. Il y a pas mal de changements dans l’effectif, que ce soit dans le staff ou au niveau des joueurs. J’estime que la première cohésion doit se faire sur le terrain, en intégrant au plus vite nos standards d’entraînement.

Quel est le programme de ce mois de juillet ?

Il y a un premier bloc de trois semaines, avec deux séances par jour. Nous avons un gros volume d’entraînement rugby et physique. Nous partirons, pendant la quatrième semaine, en stage à Saint-Lary, puis nous aurons deux matchs amicaux. Le premier aura lieu le 12 août face à Colomiers. Le second le 20 contre l’UBB.

L’effectif est-il au complet ?

Il y a, à l’heure actuelle, une trentaine de joueurs à l’entraînement. Nous y avons intégré les meilleurs jeunes. Je veux vraiment faire un projet club en me rapprochant de l’association. Il y aura une passerelle en termes de structuration d’entraînement ou de données physiques pour faciliter l’intégration de ces jeunes joueurs. Aujourd’hui, il nous manque nos internationaux : Van Jaarsveld, Chachanidze, Mikautadze, Perchaud et Baget. Machenaud, Bosch et Buliruarua intègrent l’effectif ce mercredi. Kafatolu, Cridge et Scholtz nous rejoindront pour le stage. Il y a encore quelques absences, mais le but est qu’on aille très vite dans le contenu rugby pour préparer au mieux ce début de saison.

Personnellement, si vous avez officiellement pris vos fonctions il y a quelques jours, votre arrivée à l’Aviron a été actée au mois de novembre dernier. Pouvez-vous nous raconter ce choix ?

Ma signature a été annoncée très rapidement. Maintenant, il fallait respecter le travail du staff en place pour valoriser et optimiser la saison qu’ils avaient à terminer. Quand on voit comment elle s’est terminée, ça n’a été que positif ! Tout ça m’a permis de travailler, un peu en amont, sur le recrutement pour anticiper certains dossiers. Mais le manque de visibilité sur le projet Pro D2 ou Top 14 rendait l’anticipation difficile. Il y a eu une première vague de recrutement très tôt, puis une seconde pour compléter l’effectif. En ce qui concerne mon arrivée purement présentielle à Bayonne, les gens du staff déjà en place m’ont facilité l’intégration. Ils m’ont expliqué comment marchait le club. J’ai vite trouvé mes marques par rapport aux structures existantes.

Qu’est-ce qui vous a motivé dans le challenge bayonnais ?

L’excitation du projet, tout simplement. Nous, les entraîneurs, sommes d’anciens sportifs de haut niveau. Nous aimons gagner, performer, nous aimons les challenges. C’est pour relever des défis qu’on s’inscrit dans les projets. L’Aviron bayonnais a une histoire, une identité. Quand on regarde l’Aviron de l’extérieur, on n’a envie que d’une chose : le découvrir de l’intérieur, par rapport à son passé, son histoire et l’environnement passionnel qu’il dégage. Le compétiteur que je suis a envie de découvrir de grandes choses avec ce club-là.

Comment avez-vous procédé pour composer votre staff ?

Tout est question de connexion. J’en avais, en amont, avec Loïc Louit (préparateur physique, NDLR), puisque nous sommes issus du même village, on se connaît depuis très longtemps. Avec Gérard Fraser (entraîneur des lignes arrières, NDLR), c’est par le biais des échanges entre Vannes et La Rochelle que l’on a appris à se connaître. J’ai senti, de suite, qu’on était sur la même longueur d’onde quand on parlait de rugby. Nous avions la même vision de comment il fallait traiter les informations, comment étaient les entraînements. Je connais le travail qu’il a fourni à Vannes. C’est pour ça que je me suis orienté sur ces deux profils.

Vous n’avez plus fait partie d’un staff depuis 2021 et votre départ du Stade rochelais. Qu’avez-vous fait pendant un an ?

J’ai fait beaucoup de travail personnel. Quand on est dans la machine à laver du quotidien d’un coach, on a peu de temps pour faire le bilan. Ce temps-là m’a permis de structurer l’entraîneur que je suis et le manager que je veux être. J’ai optimisé ce temps pour travailler sur le rugby et me donner les outils qui me permettront d’être performant pour ma carrière.

Nouvelle division, nouveau club, nouveau groupe, nouveau staff. Est-ce compliqué de coordonner ces paramètres ?

À l'heure actuelle, non. Le fait que j’ai signé très tôt m’a permis d’anticiper pas mal de choses. Nous avons pu faire un stage cohésion avec le staff pendant une semaine avant notre reprise. Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, l’Aviron est dans une phase positive. Le club a gagné la finale de Pro D2, maintenant, il va falloir aller vite dans les objectifs de travail. J’ai mis des objectifs intermédiaires, des temps de passage qui me permettront d’être le plus performant au moment T. Il va falloir être prêt dès le 3 septembre. J’ai priorisé les objectifs pour l’être. Aujourd’hui, le but pour mon staff et mes joueurs, c’est de maîtriser ce qu’on peut maîtriser. C’est à nous de dicter les standards d'entraînement que l’on veut mettre en place, dicter notre propre progression.

Comment avez-vous vécu la montée en Top 14 ? À distance, vous êtes-vous dit, “c’est le début des problèmes” ?

Non (rires), je suis quelqu’un de très positif. Dans la vie, il faut savoir prendre ce qu’il y a à prendre. Je raisonne en challenge. Il ne faut pas croire que si l’Aviron était resté en Pro D2, il aurait survolé le championnat. Maintenant, nous sommes dans le projet Top 14. C’est un projet très excitant pour nous, avec un énorme défi. Nous voulons pérenniser ce club en Top 14. Il y a beaucoup de joueurs qui connaissent le Pro D2, qui ont peu de temps de jeu en Top 14. C’est un énorme défi, nous en avons pris conscience, mais le club va se doter de nouvelles structures. Nous avons un public qui est tout simplement formidable. Il va nous aider à gérer ces momentums sur des fins de match. Nous allons nous servir de tout ça pour rendre le peuple bayonnais fier de cette équipe. On tombera peut-être sur meilleur, il n’y a pas de problème. Ce que je ne veux pas, c’est qu’on nous reproche notre état d’esprit et les valeurs qu’on va dégager à Jean-Dauger. Ça, c’est ce qu’on peut maîtriser et ce sera notre ligne conductrice. Certes, elle ne nous donne pas de garanties de victoire chaque week-end mais, au moins, si on maîtrise ce socle, on aura une bonne base de travail pour performer à chaque match.

Vous avez été entraîneur en chef à Auch, en Pro D2, puis entraîneur des avants du Stade rochelais, en Top 14. Aviez-vous cette volonté de retrouver un rôle de numéro un ?

Si j’ai accepté ça, c’est que je me sentais de relever le défi. Je raisonne toujours en défi. Le rôle de manager est fait de prises de décisions permanentes. J’ai une visibilité sur le métier, j’ai vécu différentes aventures au sein des différents clubs. Je sais qui je suis et quel manager est-ce que je veux être vis-à-vis des joueurs. Nous avons des professionnels, il faut les faire performer, mais il y a aussi les hommes. Je suis aussi sensible à ça. Tout ce que je ferai sera en adéquation avec ma personnalité et mon caractère.

Du coup, quel type de manager voulez-vous être ?

Pour moi, ça part de règles strictes de fonctionnement. C’est la base. Il faut des standards élevés aux entraînements, puis un partage d’informations et de connexions en alignement entre les joueurs et entraîneurs. Nous sommes là pour donner ces standards, ces outils aux joueurs. Après, ce sont eux qui vont les utiliser. Il ne faut pas qu’ils les utilisent pendant le match uniquement. Il faut qu’ils les utilisent pendant la semaine. Il doit y avoir du partage d’information, une réflexion doit être faite du côté des joueurs. Ce n’est pas descendant, je ne suis pas un manager qui va dire “il faut faire ci et ça”. Enfin, sur l’attitude de travail, oui. Mais après, sur notre vision autour de la stratégie du match ou les leaders qu’on veut avoir, ce sera une vision partagée et qu’il faudra entretenir avec les joueurs. Pendant les moments cruciaux, ce sont eux qui prennent les décisions. Tout ça, ça se travaille, ça s’entretient au quotidien et c’est ce que je veux amener à ce groupe aujourd’hui.

Allez-vous être un manager présent sur le terrain, ou comptez-vous déléguer à vos adjoints ?

Je suis chargé du projet de jeu avec Gérard Fraser, qui sera responsable du rugby et des trois-quarts. Nous échangeons là-dessus, nous validons tout ensemble. Il y a beaucoup de choses à régler dans l’organisationnel. Je serai un manager proche du terrain, mais qui déléguera beaucoup aussi.

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