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Alldritt : "Le Stade Rochelais me manquait"

Alldritt : "Le Stade Rochelais me manquait"

Le 29/09/2020 à 11:00Mis à jour Le 29/09/2020 à 11:52

TOP 14 – Sorti commotionné face à Toulouse, lors de la 2e journée, Grégory Alldritt a retrouvé la pleine possession de ses moyens avant la réception du Racing, samedi (18h15). Le désormais co-capitaine du Stade Rochelais, enfin chéri du XV de France depuis 2019, s’est confié à Rugbyrama pendant la trêve européenne.

Rugbyrama : Grégory, les premiers signaux de votre sortie prématurée contre le Stade Toulousain laissaient craindre un instant un pépin à un genou. Plus de peur que de mal, finalement. Vous devez être soulagé de pouvoir enchainer en club, vous qui avez davantage porté le maillot des Bleus que celui du Stade Rochelais ces douze derniers mois ?

Grégory Aldritt : C’est clair. La saison dernière était particulière, je n’ai joué que sept rencontres avec La Rochelle. Je comptais sur la fin de saison pour faire plus de matches mais confinement oblige, je n’ai pas pu. J’étais content de faire la pré-saison et ces premiers matches de championnat. C’est vrai que le Stade Rochelais me manquait, quand même. Ça fait du bien de passer du temps au club, de retrouver Deflandre même à 8 000 spectateurs, de retrouver les terrains du TOP 14 même si les deux week-ends de Coupe d’Europe coupent un peu ce début de saison.

Justement, que pensez-vous de l’entame rochelaise ?

Toulon, Toulouse, le Racing…Bien entamer ce début de saison était capital. On n’a pas failli sur notre premier match. Match correct mais pas non plus extraordinaire, même si on a fait plus que tenir la barraque en mêlée. Ce n’était pas non plus un grand Toulon. On a gagné nos quatre points, c’était le minimum. Ensuite, à Toulouse, on fait un bon match mais on manque de rigueur, on est trop indiscipliné. Même pas un point de ramené, c’est décevant…Il faut rectifier tout ça pour aborder le Racing assez sereinement.

Le 49-0 reçu là-bas en mars, juste avant l’arrêt du Top 14, est-il un levier de motivation dans la préparation de ce duel ?

Il n’est pas totalement oublié. C’est quand même quelque chose qui marque. Bien sûr qu’il faut le garder en tête mais ce sera totalement différent, j’espère. Pas la même équipe, pas le même match.

" Cette image que l’on a de tous les Rochelais sur le Vieux-Port, personnellement ça me fait rêver […] C’est quelque chose qui, parfois, le soir, m’empêche de dormir"

Les observateurs du rugby français ont sorti La Rochelle du cercle des favoris au Brennus, cette saison. Qu’en dites-vous ?

Les observateurs, est ce qu’ils avaient vu Bordeaux être premier toute la saison l’an dernier, est-ce qu’ils avaient vu Castres gagner le Top 14 il y a deux ans ? Je ne sais pas. Donc, franchement, ça nous importe peu. On est des compétiteurs, on veut gagner des titres. On se battra et au fera le maximum pour réaliser tout ça.

Le mot « titre » n’est plus tabou désormais à La Rochelle. On sent que tout le groupe l’assume totalement.

Ça fait partie des étapes. Le club est monté en Top 14, il s’est maintenu, il a fait deux-trois bonnes saisons, deux demi-finales de Top 14, une finale de Challenge Cup, un quart de Champions Cup. A partir d’un moment, c’est sympa les bonnes saisons, mais les compétiteurs veulent soulever des boucliers ou des trophées. Cette image que l’on a de tous les Rochelais sur le Vieux-Port, personnellement ça me fait rêver.

Comme cette marée jaune et noire un soir de mai 2014 pour fêter la montée en Top 14.

C’est quelque chose qui, parfois, le soir, m’empêche de dormir. C’est vrai que ça a l’air fabuleux. Les joueurs qui l’ont vécu disent que c’est inoubliable. Le Stade Rochelais, c’est une institution ici. Il n’y a qu’à voir tous les week-ends les Rochelais se battre pour avoir des places au stade, c’est quelque chose de formidable. C’est tout cela qui fait que c’est un club si spécial. Je m’y sens très bien.

La Rochelle va disputer sa troisième campagne de Champions Cup. Vous sentez-vous armé pour jouer sur les deux tableaux ?

Je suis persuadé que l’équipe a le potentiel pour réussir. Ce n’est pas juste en disant que l’on veut un titre qu’on l’aura. Ça se gagne sur et en dehors du terrain. Tu ne peux pas rivaliser dès ta première saison européenne avec le Leinster, c’est une compétition où l’expérience est requise. On en prend petit à petit. J’espère que cette saison sera une belle saison européenne.

D’un point de vue personnel, la longue coupure due au confinement vous a-t-elle permis de réaliser votre ascension fulgurante ? Vous avez notamment été élu deux fois homme du match pendant le dernier Tournoi des 6 Nations

Pas forcément pendant le confinement. Mais quand j’ai des jours de congés, que je rentre chez moi, c’est dans ces moments-là que je réalise. Mais je pense que je n’ai pas totalement réalisé. Tu es toujours plongé sur le futur, sur les prochaines échéances. En fait, on ne regarde pas souvent derrière. C’est vrai que c’est allé très vite. Après, je continue à aborder les matches, les stages de la même façon. Des tauliers, des cadres, il n’y en a pas en équipe de France. On est toujours remis en question et c’est important. Le confinement a rebattu encore plus les cartes. Si on veut que l’Equipe de France soit performante, il faut que rien ne soit acquis. Je le prends comme ça, je travaille dur en club pour pouvoir fatalement jouer en équipe de France.

La dernière fois que vous avez démarré un match comme remplaçant avec La Rochelle, c’était en décembre 2018. Bientôt deux ans.

Bon, ce sont des statistiques. Je ne dirai pas que c’est anecdotique. C’est vrai que ça fait plaisir d’avoir la confiance du staff et des coéquipiers.

" Le co-capitanat ? Je ne m’y attendais pas, mais ce n’est qu’une étiquette […] Je vais essayer d’être un leader dans le comportement"

D’ailleurs, vous voilà propulsé co-capitaine depuis le début de la saison !

Je ne m’y attendais pas, mais ce n’est qu’une étiquette. Je reste le même avec l’étiquette ou non. Je dis ce que j’ai à dire quand je pense que c’est nécessaire de le dire. Le staff a voulu me faire confiance. Je suis aux côtés de deux très grands joueurs et très grands capitaines, Romain Sazy et Victor Vito. Je vais observer et pouvoir beaucoup apprendre d’eux pendant cette saison. Je vais essayer d’être un leader dans le comportement. C’est le plus important, c’est ce qui parle le plus.

Top 14 - Gregory Alldritt (La Rochelle) face au Stade toulousain

Top 14 - Gregory Alldritt (La Rochelle) face au Stade toulousainIcon Sport

Vous avez souvent porter le brassard chez les jeunes. Leader naturel ?

J’ai toujours été capitaine que ça soit dans les équipes jeunes ou mêmes espoirs quand je suis arrivé à La Rochelle. J’aime bien être acteur de ce que je fais, des projets menés où je suis et c’est certainement dû à ça.

Au soir de sa 100e sous le maillot rochelais, il y a un mois, Victor Vito vous qualifiait comme le meilleur n°8 de France et semblait même fier de vous céder progressivement ce numéro.

Ça fait toujours plaisir surtout venant de quelqu’un qui a gagné deux Coupes du monde et qui compte je ne sais combien de sélections avec les All Blacks. Après, personnellement, flanker ou centre de la troisième ligne, je ne me pose pas la question. Tout ce que je veux, c’est jouer un maximum. Que ce soit un 6, un 7 ou 8, c’est du détail. Quand je suis sur le terrain, je prends beaucoup de plaisir.

La concurrence en 3e ligne est très étoffée sur le papier (Vito, Gourdon, Liebenberg, Bourdeau, Kieft, Boudehent, Timani ou encore Haddad). Cela pousse naturellement vers le haut ?

C’est quelque chose de formidable. Il y a un panel de troisièmes lignes assez incroyable. Il n’y en a pas deux similaires. Chacun a ses spécificités. Tout le monde bosse dur, il y a une bonne émulation entre nous. Il y a des joueurs jeunes et exemplaires comme Haddad, qui frappent à la porte. Ça fait plaisir.

Entre les Bleus, La Rochelle, le capitanat…Trouvez-vous le temps pour terminer vos études ?

J’essaye. Je vais repartir pour finir ma licence 3 de physique-chimie. Je le fais à mon rythme. C’est assez lent mais j’espère y arriver quand même. C’est important pour moi d’avoir un diplôme pour valider tout ce que j’ai pu faire scolairement et c’est quelque chose qui ne sera jamais de trop quand j’aurai fini le rugby. Je ne sais pas si je bosserai en physique chimie ou si je me servirai de cette licence, mais qui sait. Il faut toujours avoir ça dans la poche pour plus tard.

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