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Germain : "À mes débuts, je butais sans tee"

Germain : "À mes débuts, je butais sans tee"

Le 29/04/2021 à 10:10Mis à jour Le 29/04/2021 à 14:12

TOP 14 - Décisif à de nombreuses reprises cette saison, Gaëtan Germain s’est imposé comme un des hommes forts de l’Aviron. Plutôt discret quand il s’agit de parler de lui, l’arrière a accepté d’évoquer son rôle de buteur et les étiquettes qui lui sont collées, depuis qu’il a réussi plusieurs opérations maintien dans les différents clubs où il est passé.

Quand avez-vous commencé à buter ?

Dès que j’ai attaqué le rugby. C'est-à-dire à l’âge de 16 ans, avec les Cadets de Romans. Avant ça, je faisais du football. [...] Je pense qu’aux premiers entraînements, j’avais dû vouloir essayer de taper. Ça se passait bien. Derrière, j’ai commencé à buter dès mon premier match.

Occupiez-vous déjà le poste d’arrière ?

Si je ne dis pas de bêtises, j’ai fait mon tout premier match au centre et je butais sans tee. Je posais le ballon par terre et je faisais à l’ancienne. Je crois que ça avait duré pendant la première saison. Petit à petit, j’ai trouvé un tee, puis je suis passé à l’arrière.

Avez-vous toujours aimé le tir au but ?

Oui. Je me souviens que quand j’étais petit et que je jouais au foot, j’allais voir jouer mon père au rugby. Dès fois, je m’amusais à taper. C’est quelque chose que j’ai toujours aimé.

Qu’appréciez-vous, là-dedans ?

Je ne sais pas trop, c’est une bonne question. C’est quelque chose de naturel dans lequel j’ai toujours pris du plaisir. Il y a cette notion d’adresse, la frappe. Je sais que j’aime bien jouer au golf aussi. J'apprécie ces jeux d’adresse et comme je jouais au foot, j’aimais bien taper dans le ballon.

Quel est le secret de votre fiabilité dans ce domaine ?

Il n’y a pas de secret. J’ai mes routines, j’essaye de les conserver. Je fais mes séances après les entraînements quand je ne me sens pas trop fatigué. Je suis un peu dans ma bulle, j’ai mes habitudes, mais il n’y a rien d’exceptionnel. En ce moment, ça se passe bien. Pourvu que ça dure.

Top 14 - Gaëtan Germain (Bayonne) se prépare avant une pénalité

Top 14 - Gaëtan Germain (Bayonne) se prépare avant une pénalitéIcon Sport

Dans le tir au but, l’aspect mental est-il plus important que l’approche technique ?

C’est compliqué à dire. Je pense que ça rentre en compte, oui. Il y a eu des moments où j’étais moins bien mentalement et je butais moins bien. Il y a des périodes où tu vas bien taper le ballon, où tu vas bien buter la semaine, tu vas avoir de bonnes sensations et le jour du match, ça ne se passe pas bien. Vice-versa, il y a des moments où tu ne te sens pas bien et tu fais 100 %. Il n’y a jamais vraiment de vérité. C’est une éternelle remise en question. On ne peut jamais se relâcher dans ce secteur.

Y a-t’il un entraîneur qui a compté, pour vous, au niveau du but ?

J’avais fait une ou deux séances avec Claude Mignaçabal, l’ancien buteur de Romans, qui a joué avec mon père, et il m’avait donné des conseils à mes débuts. Sinon, c’est plus la frappe du football qui m’a aidé et je me suis un peu construit tout seul.

Sébastien Fauqué intervient dans le jeu au pied à l’Aviron. Que vous apporte-t-il ?

Même s’il vient d'arrêter, on sent que ça le démange. Il a encore de très bons restes. Il nous fait des mises en situation, des exercices. C’est important de faire plusieurs fois les mêmes mouvements et d’avoir des situations à gérer, comme en match.

Êtes-vous un féru d’entraînement ? On sait que certains buteurs s’imposent de longues séances…

Non. J’essaye de vachement marcher au plaisir. Il y a des fois où je suis fatigué, où je n’ai pas envie. Dans ce cas, je ne vais pas me forcer. J’essaye de toujours garder cette notion de plaisir. C’est ce qui m’anime, que ce soit dans le tir au but ou dans le jeu en général. Par contre, quand je me sens bien dans mon corps et que les conditions sont réunies, je vais en faire. En revanche, je ne fais pas 30 coups de pied par séance. Je n’en tape pas énormément.

En quoi le football vous a-t-il aidé ?

J’ai une technique où je fauche un peu le ballon. C’est un peu ce que je faisais quand j’étais au foot. Ça m'a aidé et c’est ce qui m’a donné goût à ça. Je jouais défenseur central, donc il y avait des relances ou des transversales à faire. Avant ça, j’étais milieu. J’ai touché à tout, donc j’étais plutôt complet.

Frappe-t-on de la même façon une transformation et un pénalty ?

Je n'ai pas trop de souvenirs d’avoir tiré des pénalties (rires). Du coup, je ne peux pas vraiment répondre à cette question, mais je vais dire qu’on tape une longue transversale comme une pénalité.

Le golf vous aide-t-il dans la précision ?

Non, je ne sais pas si ça m’aide. Ça permet de s’évader et de faire autre chose que du rugby, tout en gardant l’aspect du jeu que j’adore, dans des cadres assez sympa.

À côté de votre jeu au pied, vous savez aussi relancer des ballons et trouver des espaces…

Sur mes années à Brive, nous étions très costauds devant et vachement basés sur l’occupation. Du coup, on s’est vite enfermés dans cette étiquette de jeu au pied. Après mon passage à Grenoble, puis maintenant à Bayonne, où il y a un style de jeu différent, je touche plus de ballons, je m'éclate et je suis content de pouvoir apporter offensivement.

Beaucoup ne vous voient que comme un buteur. Est-ce agaçant ?

Non. Souvent les joueurs ont des étiquettes. Moi, j’ai celle-ci et ce n’est pas très grave. Je sais que, d’une, c’est ma grande force et il faut que je l’utilise. Mais je sais aussi que le rugby est en train d’évoluer et toutes les équipes tiennent le ballon, essayent de proposer quelque chose. Je m’y retrouve là-dedans. Je m'éclate sur le terrain et c’est le plus important.

Selon vous, cette étiquette peut-elle piéger vos adversaires lorsque vous tentez des choses sur le terrain ?

Non, les adversaires voient les images et ils savent qu’on a une philosophie, qu’on tape de moins en moins, qu’on essaye de garder les ballons. Je pense que les adversaires savent à quoi s’attendre. Les étiquettes, c’est plus pour le grand public que pour les joueurs à l'intérieur.

À cinq journées de la fin, l’Aviron a son destin entre les mains, mais vous aurez, personnellement, un rôle important sur la fin de saison. Le ressentez-vous ?

Quand on joue le maintien, dès le début de saison, on est un peu sous pression. En ce moment, on y est encore plus et il y a une grosse envie de faire les choses bien et d’aller chercher ce bonheur à la fin.

Au fil de votre carrière, vous êtes devenu le spécialiste des opérations maintien. Cette image vous lasse-t-elle ?

Non, c’est juste que nerveusement, ça puise. Mais je suis content de pouvoir jouer en Top 14, d’avoir du temps de jeu et de participer pleinement à des aventures. J’espère de tout cœur qu’on va arriver à se maintenir avec l’Aviron. Ce serait à nouveau un grand bonheur.

Quand on évoque votre parcours, on pense à Brive, Grenoble, mais on a tendance à oublier que vous avez aussi joué au Racing pendant deux saisons…

J’étais jeune à l’époque. J’ai eu à deux reprises la chance de jouer un peu plus le haut de tableau. Je partais de Bourgoin, j’avais vingt ans. J’arrivais un peu sur la pointe des pieds là-bas et j’avais eu pas mal de temps de jeu. J’étais plutôt content, car j’avais pu côtoyer des grands joueurs. Ça m’avait permis d’évoluer, je revois parfois certains mecs. Au Racing, j’ai passé deux bonnes saisons.

Qu’est-ce qui vous a manqué pour vous inscrire sur la durée dans un club du Top 6 ?

Sur les six derniers mois au Racing, je jouais un petit peu moins. Derrière, un nouveau staff est arrivé. Je devais resigner, puis ils m'avaient prêté, car nous étions assez nombreux sur le poste. C’est qui m’avait permis d’aller à Brive, et ensuite j’ai passé de belles saisons au CAB. C’était donc un mal pour un bien.

Ces clubs avec moins de paillettes correspondent-ils plus à votre personnalité ?

Oui, je suis quelqu’un de plutôt discret. Je m’en fous un petit peu de la lumière. Ce qui compte, c’est de vivre une belle aventure. J’en ai connu dans les clubs où je suis passé. On est encore en train d’en vivre une cette année et j’espère qu’elle se terminera bien.

Est-ce un regret de ne jamais avoir été appelé chez les Bleus ? Un temps, votre nom circulait…

C'est sûr que ça aurait été cool de pouvoir connaître ça, mais bon il y a de grosses exigences au niveau international. Il m’a sûrement manqué un petit truc. Malgré ça, je suis quand même plutôt content de mon parcours jusque-là.

Terminons sur le rendez-vous de ce soir. Votre match contre Castres a été reporté de quelques jours. Comment vous êtes-vous adaptés, à l’Aviron ?

On a essayé de faire comme depuis le début de la saison. Nous sommes restés dans notre bulle et nous avons pu bénéficier de plus de jours pour préparer cette réception du CO. J’espère que ça portera ses fruits jeudi.

Avez-vous digéré la défaite contre Pau ?

Ça a été compliqué, car nous avions une cartouche super importante pour faire un grand pas vers le maintien. Malheureusement, ça ne s’est pas passé comme voulu. Nous avons eu quelques jours pour digérer et nous avons la chance d’avoir un match à nouveau capital en suivant. On espère que cette fois-ci, ce sera plus positif.

Avec du recul, que vous a-t-il manqué pour l’emporter à Pau ?

Peut-être que par moments, l’enjeu a pris le dessus et nous avons été un peu moins ambitieux que d’habitude. On a peut-être proposé un peu moins de jeu. C’est quelque chose qui ne nous correspond pas, nous ne sommes pas efficaces quand nous faisons ça. En mêlée, nous avons été en difficulté. Ce sont deux éléments qui font qu’à la fin, il a manqué quelques points.

En parlant de Pau, la Section s’est inclinée à Paris ce week-end. Jeudi, vous avez donc l’occasion de reprendre un petit matelas d’avance…

Oui, voilà. Nous avons suivi le match de Pau, qui a pris zéro point. Quoiqu’il arrive, ça ne changeait rien sur le fait que la réception de Castres était super importante. Si on a la chance de faire un bon match, on va se redonner un petit peu de confort. Il faut vraiment se préparer au mieux pour essayer de faire un grand match contre cette équipe de Castres qui va chercher une place en phases finales.

Le fait que Pau ne soit pas repassé devant vous au classement vous enlève-t-il un peu de pression ?

Non, franchement, nous sommes encore sous pression. C’est le money time et on a un grand besoin de points pour assurer notre maintien.

Le CO est-il plus facile à jouer lorsque Rory Kockott n’est pas sur le terrain ?

Non. De ce que je me souviens, il y a eu quelques matchs où il était blessé et que le CO a quand même gagné. Certes, c’est un joueur capital, mais ils ont de la ressource.

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