Midi Olympique

Castres : recette d'une préparation intense

Castres : recette d'une préparation intense
Par Rugbyrama

Le 29/08/2021 à 13:44Mis à jour

TOP 14 - Reconnue dure physiquement, la préparation d’avant-saison castraise arrive bientôt à son terme. L’occasion de revenir sur ses spécificités.

Depuis le 12 juillet dernier, Rory Kockott et les siens sont de retour sur le terrain d’entraînement, afin de préparer la prochaine saison de Top 14. La première journée ayant lieu le premier week-end de septembre, ce sont donc treize semaines de préparation physique que vivent les olympiens. Tantôt sous une chaleur ébouriffante de la plaine des sports du Levézou, tantôt dans le frais de la salle de musculation, les Castrais profitent de cette période estivale pour retrouver un programme physique utilisé depuis 2016 au club.

Pour les nouveaux joueurs, la préparation physique a même commencée plus tôt, tout comme les anciens pensionnaires de clubs de Pro D2, qui avaient fini la saison plus tôt que le reste du groupe. "On a enchaîné directement avec trois semaines de préparation très intégrée étant donné qu’on avait du rugby très vite, raconte Vincent Giacobbi, le préparateur physique et directeur de la performance du CO. L’objectif, c’est de fusionner tous les secteurs au plus vite et avoir le moins d’espace possible entre la préparation physique et le rugby. On ne dissocie rien, on associe tout."

Une semaine de repos calculée

Afin de ne pas froisser les organismes après cette reprise éprouvante physiquement, le staff physique castrais a décidé d’intégrer une semaine complète de repos au milieu de la préparation. Giaccobi détaille : "C’est une reprise après six semaines de récupération, donc il faut prendre en compte que trois semaines de préparation, c’est assez coûteux pour les organismes. On met un focus particulier sur des critères qui demandent une régénération, pour avoir de l’adaptation. Sinon, nous n’avons pas l’effet rebond escompté. Après derrière, c’est surtout qu’on a dix matchs à enchaîner et que là, ça fera 13 semaines qu’on se prépare. Donc c’est très important d’avoir une semaine de récupération."

Le Castres olympique en préparation de pré-saison

Le Castres olympique en préparation de pré-saisonOther Agency

Les corps sont d’autant plus torturés qu’au centre d’entraînement du Levézou, situé à kilomètres à l’Ouest de Castres, la chaleur étouffante rend souvent les entraînements plus physiques encore. Cette donnée n’est pourtant pas un problème pour les Castrais, puisque cette variable est utilisée afin d’habituer les joueurs à se dépenser dans des conditions particulières. "Les Anglais vont en Espagne pour avoir de l’hyperthermie, nous on a la chance d’avoir ça ici donc on l’utilise. On fait simplement en sorte que les protocoles d’hydratation soient adéquats."

C’est peut-être cette méthode qui permet aux Castrais de perdurer dans la saison, avec cette réputation d’équipe très physique. Le tout, dans des structure qui représentent "la sobriété et l’humilité, dixit Giacobbi. On a l’habitude de dire que quand on vient au Levézou, c’est un test au quotidien. On leur donne suffisamment de repères pour que les mecs soient challengés au quotidien. Ils ont des infos en direct sur leurs performances donc ils connaissent leur niveau et leur norme et veulent se challenger."

Bâtir une "équipe dure"

D’ailleurs, Pierre-Henry Broncan, l’entraîneur principal du CO, avait révélé dans les colonnes du Midi Olympique vouloir une "équipe dure" pour cette saison. Afin de bâtir un groupe qui dispose de cette qualité, les préparateurs physiques n’ont eu qu’à suivre leur protocole actuel, qui participe à rendre les équipes castraise denses physiquement depuis plusieurs années.

Top 14 - L'effectif de Castres dirigé par Joe Worsley

Top 14 - L'effectif de Castres dirigé par Joe WorsleyMidi Olympique

Le reste n’est que le fruit de l’état d’esprit exemplaire d’un groupe qui s’appuie sur ses leaders. "Beaucoup de joueurs ont intégré ce programme depuis 2016 et notre arrivée. Ce qui est important, c’est d’assurer les critères de travail, insiste Giacobbi. On n’est pas sur du passif, on récupère activement. Déjà dans l’état d’esprit, c’est différent de certaines mentalités de quand on sort d’autres clubs où la récupération c’est seulement bain froid et massage. Nous, on a besoin de faire travailler les joueurs pour qu’il y ait une robustesse derrière. Pouvoir alterner les périodes d’effort à très haute intensité et les périodes de récupération. On est jamais sur du moyen : c’est soit de la très faible, soit de la très forte intensité."

Cette méthode a déjà porté ses fruits dans les années précédentes : Castres fait partie des équipes qui comptent le moins de blessés tout au long de l’année et ont l’habitude de finir fort les saison, à l’instar de l’année dernière. "La pré-saison n’est pas une finalité. On est là pour travailler sur onze mois, sur des phases et des cycles qui s’alternent tout au long de la saison et des semaines", appuie Giacobbi. Si la préparation de pré-saison des Castrais touche à sa fin, il ne faut donc pas s’attendre à ce que ces derniers se reposent pour autant à l’entame du championnat. À Castres, le travail est perpétuel…

Par Yanis GUILLOU

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