Midi Olympique

Urdapilleta : "J'aime bien connaître les règles pour parler avec l'arbitre"

Urdapilleta : "J'aime bien connaître les règles pour parler avec l'arbitre"
Par Rugbyrama

Le 16/08/2021 à 11:09Mis à jour Le 16/08/2021 à 11:22

TOP 14 - L’ouvreur de Castres Benjamin Urdapilleta (35 ans) donne son point de vue sur les nouvelles règles en Top 14, lui qui est réputé pour connaître sur le bout des doigts les lois du rugby. Il annonce aussi vouloir jouer encore un an après cette saison.

Comment se passe la préparation ?

Ça se passe très bien. On a beaucoup de nouveaux joueurs et de jeunes avec nous, les anciens. On doit être 50 joueurs ensemble. C’est bien parce que ça nous permet de tourner un peu avec cette chaleur…

Vous les "anciens", vous leur inculquez l’esprit castrais, réputé un peu dur ?

Oui, on essaye de faire comprendre comment on travaille ici, comment se comporte un Castrais. Mais on parlera plutôt de ça lors du stage à Saint-Lary. Là-bas, on rentrera dans les détails de comment est un Olympien.

Et comment doit-être un Olympien ?

Il doit être dur, compétiteur, ne rien lâcher, être travailleur et solidaire. Il y a beaucoup de choses qu’il faut bien comprendre pour jouer ici.

Outre les joueurs, il y a aussi d’autres nouveautés cet été comme les nouvelles règles…

Je n’ai pas vu beaucoup de matchs se jouer avec ces nouvelles règles. Je ne sais pas s’il y aura plus de jeu au pied ou non… Pour moi, ça ne change pas beaucoup le système défensif qu’on avait l’année dernière. Il y a des équipes qui vont devoir changer puisque dans le fond du terrain, ils n’avaient qu’un mec. Les équipes qui feront ça cette année seront mortes.

Vous les travaillez à l’entraînement ?

Oui, on a eu de la vidéo et on parle déjà de comment nous allons défendre les jeux au pied. Ce sont des choses importantes et ça change un peu le rugby qu’on jouait avant.

Qu’est-ce que la règle des "50-22" va changer particulièrement ?

Je pense qu’il y aura plus de jeux au pied dans l’axe du terrain. Maintenant, les mecs dans le fond du terrain seront plus dans les couloirs, puisque si le ballon sort en touche dans les 22 mètres, le ballon sera pour l’attaque. Ils seront focalisés sur ça et il y aura plus d’espaces dans le centre du terrain pour taper.

Et celle des renvois d’en-but ?

Ça va aussi être intéressant puisque si le ballon rentre, tu ne peux pas aplatir, sinon tu renvoies depuis ton propre en-but donc tu rends le ballon à l’adversaire dans tes 40 mètres. Ce n’est pas facile. On en a parlé entre-nous : avant tu laissais ton coéquipier seul puisqu’il temporisait un peu avant d’aplatir dans l’en-but et de faire un renvoi aux 22m. Maintenant, tu ne peux pas le laisser seul, il faut l’aider puisque c’est mieux d’essayer de relancer.

En tant qu’ouvreur, ça vous concerne directement…

Oui, surtout qu’à Castres, les ouvreurs restons beaucoup au fond du terrain. Donc c’est une chose importante pour moi de les apprendre.

Vous comprenez qu’on vous assimile à un spécialiste des règles ?

(Rires) Ça, c’est parce qu’il y a eu une histoire à Clermont je crois, où je me suis allongés sur le ballon pour qu’il sorte. C’est vrai qu’en plus je joue ouvreur, et que j’aime bien connaître les règles pour après parler avec l’arbitre et tout savoir sur le terrain. C’est pour ça que je m’intéresse à apprendre et comprendre les nouvelles règles.

Questions des lecteurs

Est-ce que vous allez de nouveau battre le record de points marqués en un match de Top 14 ?

(Rires) Ce n’était pas mon objectif à la base, je ne savais même pas quel était le record avant moi. Je l’ai su quand j’ai fini le match. Je ne sais plus qui me dit "tu as le record"… Dumora, c’était Dumora ! Pendant le match, il me dit "Il faut que tu marques trois points de plus !" Je lui réponds "Quoi, pourquoi trois points ?" Je n’avais pas compris ! Et après on me dit que j’avais le nouveau record de points en un match. Je ne réalisais pas et avec le recul, j’ai vu l’importance que ça avait. C’est historique donc je suis fier d’avoir ce record. Je ne sais pas si je vais le refaire… Je vais tout faire pour, mais ça va être compliqué.

Vous n’avez pas peur de vous faire doubler par Ben Botica au poste ?

Non, je n’ai peur de rien. Si j’ai peur, je reste à la maison et je ne sors pas. Ça fait du bien d’avoir de la concurrence. Souvent, quand j’étais à Oyonnax et à Castres, j’étais le titulaire et je jouais beaucoup. Maintenant avec Ben, qui a plus d’expérience que les autres ouvreurs avec qui j’ai partagé le poste, peut-être qu’on va plus alterner. C’est une bonne chose pour l’équipe. Mais peur, c’est lui qui doit avoir peur !

Est-ce la dernière saison de votre carrière ?

Non, je n’espère pas. Je me sens en forme jusqu’à maintenant. C’est ma dernière année de contrat et j’ai pour objectif de jouer un an de plus. J’ai envie de continuer à jouer au rugby. Mon objectif aussi, c’est la coupe du monde 2023 (rires). Je ne suis pas loin !

Messi au PSG, ça fait quoi ?

C’est énorme, je n’aurais jamais imaginé que Messi quitterait le Barca. Mon fils, il aimait Paris avant, ensuite il a aimé Barcelone pour Messi, et maintenant il est fou, il a dit qu’il n’était plus supporteur de Barcelone mais de Paris. C’est énorme qu’il signe en France et c’est bon pour la France en général. C’est un mec, quand tu l’as dans ton pays, c’est incroyable pour la ville et le pays.

Il est Argentin et gaucher. Tout comme vous au final…

Oui, il a réfléchi pour venir à Castres. Mais je lui ai dit : "Si tu viens à Castres, c’est moi qui butte et c’est moi qui ai le numéro 10. C’est pour ça qu’il a signé à Paris…"

Pour finir, votre mot préféré en français…

(Il hésite) Casse les c******* ! J’aime bien, puisqu’avant je ne savais pas si c’était un « ou » ou juste un "o" après le "c". Donc je disais coilles (sic) et avec Dumora et tout on ne disait pas les c******* mais "Casse les coilles" (rires).

Par Yanis Guillou

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