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À Toulouse l'ascendant psychologique

À Toulouse l'ascendant psychologique

Le 28/02/2021 à 08:48

TOP 14 - Vainqueur de ses deux confrontations directes de la phase régulière face au rival maritime, le Stade Toulousain a frappé un grand coup hier soir dans l'habituelle forteresse de Deflandre (11-14). La Rochelle reste encore un ton en dessous.

Certaines attitudes ne trompent pas. Il n'y avait qu'à voir l'effusion de joie, au coup de sifflet final. Le poing rageur, aussi, de Yoann Huget, sur l'essai de la gagne, à cinq minutes du terme. Comme pour évacuer la tension extrême qui a régné hier soir à Deflandre, 80 minutes durant, entre deux des favoris annoncés au Brennus. Ce match en retard de la 15e journée, reporté d'un mois cause Covid, est donc tombé dans l'escarcelle des Toulousains. Ils étaient déjà les derniers à avoir fait tomber la forteresse maritime, avant que La Rochelle n'enquille vingt succès de rang sur sa pelouse, en championnat. Et ils ont remis le couvert, quasiment deux ans plus tard. Comme un symbole.

Le banc décisif

"Félicitations aux gars. Ils ont fait vraiment un match incroyable dans l'intensité physique, dans l'agressivité. Contre La Rochelle à Deflandre, c'était le minimum qu'il fallait faire. Ils ont su le faire, se félicite l'entraîneur des avants rouge et noir, Jean Bouilhou. Le banc a fait une superbe rentrée. C'est grâce au banc qu'on marque un essai à la fin. On cherchait une victoire chez un gros depuis un petit moment. On l'a eu !" Avec, à la clé, un fauteuil de leader retrouvé. Une semaine après le (mini) coup d'arrêt à Lyon, Toulouse n'a pas traîné à réenclencher la marche avant.

"Dès lundi, on a senti le groupe remobilisé pour ne pas subir une deuxième défaite consécutive, glisse Yoann Huget après coup. En début de saison, on s'était promis de ne pas perdre deux matches d'affilée. A Lyon, ce n'était pas nous, ce n'était pas notre équipe. On venait à La Rochelle pour montrer ce dont on était capables en défense." Mission accomplie. Menés 8-0 à l'issue du premier acte, les coéquipiers d'Alexi Balès n'ont finalement encaissé qu'une pénalité, après la pause : "On avait à cœur de se racheter par rapport à notre dernier match. On avait pris trop de points à l'extérieur (31-23). Là, on arrive à en prendre moins de 15. C'est une belle performance."

Certes, d'aucuns diront que Jules Plisson, maladroit face aux perches, a laissé filer huit points en route. Mais au jeu des pénalités concédées, La Rochelle n'a pas évolué dans la même cour. Treize fautes commises, contre cinq dans les rangs haut-garonnais. Un carton jaune, aussi. Brandi contre Will Skelton, à l'amorce du money-time (69e). Et, bien que fidèle à son statut de meilleure défense du championnat pendant la majorité de la partie, La Rochelle a plié et…rompu, en infériorité numérique.

La Rochelle a "explosé physiquement"

Positionné à l'arrière hier soir, Jérémy Sinzelle est cash : "On a clairement explosé physiquement à la fin ! Les collisions étaient assez fortes, on a subi beaucoup de plaquage. C'est ce qui amène ce dernier essai à la 75e, il n'y a pas de secret. Dès qu'il y a eu le coaching, on l'a ressenti sur le terrain. Le dernier quart d'heure nous fait très mal." Comme au match aller, en somme. Scénario incomparable mais issue identique. La Rochelle n'avait pas tenu la cadence infernale des derniers instants, à Ernest-Wallon (39-23).

Si son manager Jono Gibbes loue un "investissement irréprochable" de ses troupes, le club à la caravelle peut encore mesurer le chemin qui le sépare d'un Toulouse décidément habitué à lui jouer des biens mauvais tours. Vous savez, ces fameux détails. Que Victor Vito a bien l'intention de faire tourner en sa faveur, à l'avenir. "C'est mieux d'apprendre les leçons maintenant que plus tard", philosophe le troisième-ligne All Black. "Là, ça n'est pas tombé de notre côté. Mais ça va nous servir, embraye Zeno Kieft. Ça va vraiment nous faire grandir un match comme ça."

Si Jean Bouilhou refuse de parler d'ascendant psychologique à ce stade de la saison, n'empêche que Toulouse a peut-être pris date, hier soir. D'ailleurs, la dernière fois que les Toulousains avaient maté Deflandre, en mars 2019, ils avaient terminé la saison champions de France. En prenant soin, aussi, d'écarter La Rochelle en demie.

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