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Villière : "Je ne sais pas si c'est le parcours idéal, mais c'est celui qui me correspond"

Villière : "Je ne sais pas si c'est le parcours idéal, mais c'est celui qui me correspond"

Le 21/01/2020 à 11:01Mis à jour Le 21/01/2020 à 11:03

TOP 14 - Touché aux jambes (tibia droit, péroné gauche) depuis qu'il a rejoint la rade, Gabin Villière retrouve petit-à-petit son meilleur niveau. Et s'il se considère à « 70-80% », l'international à VII -véritable révélation la saison passée sur le circuit mondial- trouve ses repères, et affirme avoir fait le bon choix de carrière en rejoignant le RCT.

Rugbyrama : Gabin, après deux mois d'absence vous avez retrouvé les terrains contre Bayonne. Comment vont vos jambes ?

G.B : Contrairement aux premiers matchs de la saison je n'ai pas pensé à mes jambes ! Je me suis laissé aller pendant le match et ça m'a fait vraiment du bien de ne penser qu'au rugby. Après une longue période de galère c'est agréable de retrouver son niveau, ses sensations et les copains. Désormais je vais essayé d'enchaîner... C'est déjà compliqué sur ce début de semaine (N.D.L.R. il a été ménagé lundi, jour de l'entretien).

Les blessures ne sont donc toujours pas derrière vous ?

G.B : Pas du tout. Les périodes de repos me font du bien, mais elles n'éradiquent pas totalement le problème. Dimanche matin, le réveil était compliqué... J'ai pris du plaisir sur le terrain samedi, mais le lendemain matin la réalité était différente.

C'est un problème récurrent depuis votre arrivée à Toulon. Vous est-il arrivé de douter ?

G.B : Par rapport à la blessure oui. Je ne sais pas trop ce que c'est, je galère, je vois des spécialistes, je fais des examens, pourtant ç'a du mal à avancer... En ce sens, j'ai pu douter. En revanche concernant le rugby je n'ai eu aucune inquiétude. Je savais que je ferais le maximum pour revenir.

Au-delà des blessures, passer de Rouen à Toulon, on imagine que la marche est immense...

G.B : Évidemment ! Maintenant même si nous étions en Fédérale 1, Rouen se rapprochait du niveau ProD2, avec des joueurs et un coach venus de Premiership. En parallèle, j'avais l'équipe de France à VII, avec plusieurs coéquipiers issus du Top14. Ainsi je pense qu'avoir connu ces deux structures a facilité mon acclimatation au RCT.

Qu'est-ce qui vous surprend le plus depuis votre arrivée ?

G.B : Que tout soit aussi cadré ! Que ce soit les timings, les entraînements, les courses, les programmes, les repas.... Tout est très précis sur et en dehors des terrains. C'est impressionnant. Les joueurs ? Quand je suis arrivé j'étais forcément impressionné, mais quand tu apprends à les connaître, tu te rends compte qu'ils sont comme toi, qu'ils bossent et que même s'ils ont fait des choses extraordinaires dans leur carrière cela reste des mecs normaux.

Pourquoi avoir choisi Toulon plutôt qu'un autre club ?

G.B : J'ai été séduit par le discours de Patrice (N.D.L.R. Collazo). J'avais besoin de retrouver un projet qui me donne envie de me lever tous les matins, comme à Rouen, et c'est le cas à Toulon. La politique du club, que ce soit le recrutement ou les jeunes, me correspond parfaitement. C'est exactement ce que je cherchais. Et après huit mois au RCT, je suis certain d'avoir fait le bon choix. Tout le monde va dans le même sens, c'est magique.

Top 14 - Gabin Villière et Anthony Belleau (Toulon) contre le Stade français.

Top 14 - Gabin Villière et Anthony Belleau (Toulon) contre le Stade français.Icon Sport

Le RCT vous avait recalé plus jeune. Vivez-vous cette signature comme une revanche ?

G.B : Pas du tout. Il y a six ans j'avais fait des détections à Toulon ainsi que dans sept autres clubs. À l'époque j'étais demi de mêlée et je n'avais été pris nul part. Dans le même temps Rouen m'avait appelé, j'étais lancé dans le projet et jamais je ne me suis dit "mince, ma carrière tourne mal". Je suis resté focus sur mon rugby, afin de travailler, de prendre du plaisir et d'avancer. Ce n'est donc pas une revanche. Et objectivement les clubs ont bien fait de ne pas me prendre il y a six ans !

Pourquoi ?

G.B : Car je pense que je ne serais pas au RCT aujourd'hui ! Être jeune dans un grand club c'est être un parmi tant d'autres, et ça peut être compliqué. En restant à Rouen j'ai pu gagner de la confiance et c'est ce qui m'a mené à Toulon. Je ne sais pas si c'est le parcours idéal, mais c'est celui qui me correspond.

Il y a deux ans vous auriez pu quitter Rouen, mais vous aviez choisi de rester pour avoir la possibilité de jouer avec France VII. Pourquoi avoir finalement franchi le pas cet été ?

G.B : En effet, j'avais quasiment donné mon accord à Grenoble. Dans ma tête c'était fait, mais l'équipe de France à VII m'a fait du pied... Je venais de la découvrir et je voulais poursuivre l'aventure. D'autant que Rouen avait l'objectif de montrer en ProD2. Alors j'ai préféré rester, pour être certain d'enchaîner les matchs au niveau Fédérale 1, tout en ayant un accord pour partir faire des tournois régulièrement avec le VII. Je me disais que je n'étais pas encore prêt à basculer vers le haut-niveau, qu'il fallait encore que je travaille, que je mange du rugby pour m'aguerrir.

Doit-on comprendre qu'en rejoignant Toulon vous faites une croix sur le VII ?

G.B : Absolument pas. Nous en avons parlé avec Patrice et la seule chose qui me freine aujourd'hui ce sont mes jambes. Si par la suite j'ai la possibilité d'enchaîner avec Toulon et qu'on m'appelle pour basculer de temps en temps à VII, on y réfléchira. Ça me permettrait de représenter le club et de continuer de m'épanouir, de progresser et d'avancer. Mais ce n'est pas l'objectif du jour.

Comment appréhenderiez vous une étape du circuit mondial à VII pendant un match décisif à Toulon ?

G.B : La priorité restera Toulon. Il existe de gros objectifs à VII, comme la Coupe du monde ou les Jeux Olympiques, mais si j'ai signé au RCT c'est d'abord pour jouer avec le club. Si je pars avec la sélection ce sera toujours en accord avec Patrice, il n'y aura aucun souci à ce sujet.

N'est-ce pas risqué de s'engager avec Toulon , et donc de faire du XV votre priorité, alors que nous entrons dans une année olympique ?

G.B : Non car c'est l'année où je sentais qu'il fallait saisir ma chance. Je me sentais prêt. Pour le VII, on ne sait pas de quoi sera fait demain, ni le mois prochain. Ça peut aller très vite. Peut-être que je vais rapidement retrouver mes capacités, et la donne changera. On verra avec le temps, mais quoi qu'il en soit je n'ai aucun regret, ni inquiétude d'avoir rejoint Toulon.

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