Midi Olympique

Toulouse, le cocu de l’histoire ?

Toulouse, le cocu de l’histoire ?
Par Nicolas Zanardi via Midi Olympique

Le 16/04/2020 à 14:36Mis à jour Le 16/04/2020 à 14:39

TOP 14 - Mercredi soir, la LNR a entériné le principe d’une phase finale à quatre équipes pour déterminer un titre de champion de France, ainsi que celui de barrages pour les participants à la Coupe d’Europe. Des décisions dont un club en particulier passe pour le cocu de l’affaire, et non des moindres...

On n’a évidemment aucune leçon à donner à la LNR, ni aux présidents des clubs professionnels du rugby français. Parce que ces derniers, pendus par la nécessité de présenter au diffuseur Canal + un projet de fin de saison pour décrocher la dernière tranche des droits TV sans lesquels beaucoup d’entre eux ne se relèveraient peut-être pas, se devaient de proposer un projet à tout prix pour terminer la saison. Quand bien même il apparaît complètement illogique et inéquitable de déterminer un champion au terme d’un championnat sans relégation, avec qui plus est les effectifs de la saison suivante... N’aurait-il pas été plus avisé, quitte à offrir un os à ronger au diffuseur, de ressusciter un ersatz de Challenge Du-Manoir en forme de Coupe de France, qui aurait au moins eu le mérite de mobiliser tous les clubs, plutôt que la moitié d’entre eux ? Il ne nous appartient plus d’en gloser, même si on ne peut que regretter qu’un trophée si prestigieux que le Brennus soit dévalorisé en se voyant distribué ainsi à la va-comme-je-te-pousse, après une préparation de quatre semaines et deux pauvres petits matchs... Car, qu’on le veuille ou non, le Bouclier 2020 aura un arrière-goût de Challenge Vaquerin qui, malgré tout le respect qu’on porte à cette compétition, ne lui fait pas honneur…

Des chiffres qui fâchent

Mais basta ! On a bien compris qu’après tout, cette pseudo-fin de saison aux airs de coupe des foins n’étais jamais élaborée que pour pour des histories de gros sous, quand la décence semblait réclamer une neutralisation pure et simple. Reste que cette décision aura forcément des conséquences et qu’à ce titre, un club apparaît comme l’immense dindon de la farce. À savoir le Stade toulousain, champion de France en titre. Lequel, faut-il le rappeler, demeurait rien moins que le plus gros fournisseur du XV de France durant la dernière Coupe du monde (9 joueurs) ainsi que lors du Tournoi 2020 (entre 8 et 11 joueurs par match). Et figure, pour la bonne bouche, à la première place du classement des centres de formation, tout comme à de celui de la moyennes des Jiff par feuille de match, sur la saison en cours.…

Alors pourquoi Toulouse, nous demanderez-vous ? Tout simplement parce qu’entre la Coupe du monde et le Tournoi, les Stadistes ont vu leurs internationaux jouer pratiquement autant avec le XV de France qu’avec leur club (des joueurs comme Baille, Marchand, Ntamack, Dupont et Médard ayant même davantage joué en bleu qu’en rouge et noir). Et en occupent par voie de conséquence une 7e place en Top 14 qui les privera non seulement de phases finales, mais les obligera en outre à se déplacer à Clermont pour disputer le barrage européen...

Le coup de gueule de Didier Lacroix

Inique ? Cela ne le serait pas, si on ne pouvait pas facilement prouver une corrélation entre l’absence des internationaux et les mauvais résultats de la saison en cours... En effet, si l’on ne prenait en compte que les matchs disputés « hors doublons », Toulouse serait troisième d’un classement virtuel où il n’aurait perdu qu’un seul match. Mieux, en Coupe d’Europe, les Stadistes ont réussi un 6 sur 6, seulement devancés au nombre de points total par le Leinster. Autant de preuves, en somme, que les Stadistes peuvent légitimement se sentir lésés pour avoir si souvent du jouer sans leurs internationaux…

Car en effet, au-delà de l’aspect sportif, la non-qualification en Coupe d’Europe et le manque à gagner des dernières affiches s’avère particulièrement préjudiciable au club, dont l’économie est étroitement liée aux résultats sportifs. C’est en ce sens que le président Didier Lacroix a poussé un virulent coup de gueule mercredi soir lors de la réunion des clubs, sans effets malheureusement, l’intérêt du Stade toulousain n’étant manifestement pas celui de ses concurrents… Une posture forcément regrettable, tant tout le monde a pu convenir voilà quelques mois que l’embellie constatée au niveau du XV de France devait beaucoup au contingent de joueurs toulousains et à la fraîcheur apportée par les Baille, Marchand, Cros, Dupont, Ntamack, et on en passe… On ne peut ainsi que déplorer que, tout à l’idée de défendre leurs intérêts propres, les clubs français n’aient pas la décence de s’en souvenir.

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