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Ory : "Je suis un affectif, je marche à la confiance"

Ory : "Je suis un affectif, je marche à la confiance"

Le 25/11/2020 à 15:30

TOP 14 - Au milieu des stars qui composent la troisième ligne toulonnaise, Julien Ory s'impose comme l'un des choix privilégiés du staff varois en ce début de saison. Sans faire de bruit, et même si son CV est moins ronflant que celui de Parisse, Ollivon ou encore Isa, ce Toulonnais pur sucre est devenu l'un des joueurs les plus réguliers du club varois.

Julien, comment allez-vous en ce début de saison ?

Physiquement je suis en pleine forme, l'équipe tourne, nous avons un nouveau centre d'entraînement, tout va pour le mieux. Pour nous, les joueurs, c'est du bonheur. On se régale, et c'est un véritable renouveau pour le club.

D'autant que vous êtes au RCT depuis quelques années, et que vous avez connu des installations bien plus rudimentaires...

J'étais dans les algécos depuis des années, et je peux vous dire que c'est un vrai confort de travail (sourire). Pour la performance physique, la récupération, la technique individuelle : on a tout sous la main, c'est extraordinaire. C'est une vraie bascule pour le RCT.

Toulon a plutôt bien négocié son premier trimestre, avec sept victoires en onze matchs, une finale de Challenge Cup et une troisième place (à égalité avec le Stade français, le Racing et Clermont) en Top14. Que pensez-vous de ce début d'exercice ?

L'atmosphère de travail est géniale, et nous sommes pour l'instant dans les clous des objectifs fixés en début de saison. Il y avait l'objectif d'aller en finale de Challenge Cup, ce que nous avons fait même si le résultat final fut décevant, et en Top14, nous souhaitions nous installer rapidement parmi les barragistes, ce qui est le cas actuellement. La saison est particulière, on sait qu'elle peut être arrêtée à tout moment, alors il est important pour nous d'être bien classés. Nous sommes aujourd'hui dans le top 6, et on n'a pas de temps à perdre. On ne veut pas regretter quoi que ce soit si la saison doit s'arrêter prématurément...

Comment expliquez-vous que cette équipe qui a très peu changé à l'intersaison (trois recrues) semble plus en place que la saison passée ?

L'avantage de la continuité, c'est que cette équipe commence à avoir un vécu commun. Le groupe qui se construit depuis la saison dernière est de plus en plus ancré, certains mecs ont pris encore davantage leur rôle de leader, et le collectif grandit. Et c'est clair que ça se ressent sur le terrain, notamment lors des fins de matchs : quand nous sommes dos au mur, on arrive à moins se disperser, à se parler, à aller de l'avant. Nos rencontres sont souvent très disputées jusqu'à la dernière seconde, et on parvient régulièrement à faire basculer les matchs en notre faveur, grâce à un collectif fort.

Malgré tout, Toulon reste sur une performance manquée contre Bayonne (35-29), avec notamment une première période catastrophique. Que s'est-il passé ?

C'est inexplicable, on n'a pas compris ce qu'il nous arrivait. À la mi-temps Patrice nous a fait une remontrance, nous a remis les pieds sur terre et quand nous sommes entrés sur le terrain en deuxième période, nous avions à coeur de montrer une autre image de nous-mêmes. Mais nous avions pris trop de retard en première mi-temps (29-10), donc on a fait que courir après le score...

Julien Ory avec Toulon face à Bristol

Julien Ory avec Toulon face à BristolIcon Sport

Vous semblez plutôt sûrs de votre force, mais quand vous passez à côté, que ce soit à la Rochelle, Toulouse, ou cette première mi-temps à Bayonne, vous ne faites pas semblant. Comment expliquez-vous cela ?

Sincèrement on ne parvient pas à l'expliquer. On ne comprend pas, et il n'y a aucune raison précise...

La réception de la Section paloise doit donc permettre à ce groupe de se racheter...

À la maison, nous avons interdiction de perdre. D'autant que tout va très vite : avant Bayonne nous étions proches de la deuxième place, et finalement on pointe aujourd'hui à la sixième. On sait comment peuvent tourner les choses, et on n'a pas le droit de laisser de point à la maison. On doit relever la tête, donner une autre image de nous.

Pour revenir à vous, vous évoluez au milieu d'un panel de stars en troisième ligne (Parisse, Ollivon, Lakafia, Isa, etc.) et malgré tout vous jouez énormément en ce début de saison. On imagine que c'est une satisfaction.

Je travaille beaucoup, j'avance sans faire de bruit, j'essaye de répondre présent quand on fait appel à moi, je vais de l'avant et j'ai la chance d'avoir un coach qui me fait confiance. Je suis un affectif, je marche à la confiance, et savoir que le coach compte sur moi me permet de jouer libéré.

En quels points avez-vous le sentiment d'avoir franchi un cap depuis le début de votre carrière ?

J'ai pris beaucoup de maturité. Enchaîner les matchs, être sur quasi toutes les feuilles, même si parfois je n'entre que cinq minutes, me permet de sentir que le staff me fait confiance. Ça fait maintenant deux ans que je suis dans le circuit pro, je comprends un peu mieux le fonctionnement, et je prends de l'assurance. Est-ce que je m'attendais à jouer autant ? C'était en tout cas mon objectif. Maintenant je suis conscient du privilège que cela représente d'évoluer aux côtés de mecs comme Sergio, Facu, Charles... C'est un bonheur pour moi.

Vos 95 kilos et votre 1m80 vous distinguent des standards habituels des flankers. Qu'est-ce que cela change selon vous ?

C'est vrai que ça fait de moi un troisième ligne profil particulier : je ne suis pas longiligne, encore moins immense et je suis moins utile que certains en touche (sourire). Il n'empêche que, comme ça peut être le cas d'un mec comme Daku (N.R.L.R. Masivesi Dakuwaqa), on va parfois chercher à m'utiliser davantage dans la ligne, au soutien des trois-quarts. J'ai cette carte d'avant mobile, dynamique et je pense que c'est quelque chose que Patrice apprécie.

Vous sentiriez-vous capable de dépanner derrière au besoin ?

Oui oui, ça ne me dérangerait pas. Il m'est d'ailleurs arrivé de m'entraîner avec les trois-quarts, alors s'il faut donner un coup de main... D'ailleurs, en début de saison contre La Rochelle j'étais remplaçant troisième ligne, et Patrice m'a demandé de me préparer pour éventuellement entrer au centre car il y avait des blessés. Donc c'est une chose à laquelle je me prépare, même si je demeure un vrai troisième ligne (sourire).

Vous êtes en fin de contrat en juin prochain, comment envisagez-vous la suite ?

La question commence à se poser, mais le contexte sanitaire est si particulier qu'on ne peut pas regarder aussi loin. Je ne sais pas de quoi sera fait l'avenir, donc en attendant j'essaye d'être le plus performant possible, et on verra ce qu'il se passe ensuite.

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