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Les vérités de Boudjellal sur son départ

Les vérités de Boudjellal sur son départ
Par Pierre-Laurent Gou via Midi Olympique

Le 08/12/2019 à 20:26Mis à jour Le 08/12/2019 à 21:14

TOP 14 - Le président Mourad Boudjellal a cédé la majorité de ses parts du RCT à Bernard Lemaitre il y a dix jours. Il a choisi d’expliquer longuement sa décision dans une interview exclusive à Midi-Olympique. Un entretien vérité sur les années Boudjellal et sur ses nouvelles ambitions personnelles.

Midi Olympique : Quelle est votre plus belle émotion ?

Mourad Boudjellal : Personnellement, je l’ai vécue seul dans un taxi à Dublin, le jour de notre premier titre européen. Comment vous dire… Cela me paraissait interdit que Toulon regagne quelque chose... Mon ambition, c’était déjà d’arriver à ramener le RCT au Stade de France. On l’avait fait en 2012 et je croyais que l’on avait atteint notre Graal. Et bien, non ! Nous avons gagné la Coupe d’Europe en 2013, puis le doublé en 2014... La dernière minute en 2014, face à Castres, pour le Brennus, a aussi été forte ! Nous avions huit points d’avance et j’ai profité du spectacle. En fait, je n’étais pas venu pour construire mais pour changer le destin du club.

La réussite se concrétise autour du duo que vous formiez avec Laporte…

M.B : Si un jour cela va mal dans votre vie, appelez Bernard Laporte et il vous règle le problème ! C’est l’entraîneur avec un grand « E ». Au départ, tout nous opposait et puis nous avons vécu une formidable aventure. Il avait réussi, en quelque sorte, à inverser les rôles, c’était moi le président qui voulait l’épater ! Le recrutement de fou que j’ai fait, c’était juste pour le subjuguer. Et j’ai parfois réussi. Deux anecdotes me reviennent. La première : j’avais l’accord de Frédéric Michalak, Bernard n’était pas au courant et j’avais peur qu’il n’en veuille pas. Mais je connaissais sa façon de faire. Il faut toujours qu’il ait l’impression que l’idée vienne de lui. Alors, je lui ai demandé ce qu’il pensait de Michalak. « Très bon joueur qui peut évoluer 9-10 », me répondit-il. Quinze jours plus tard, nous avions de nombreux blessés à la charnière et il revient vers moi en disant : « Tu peux faire Michalak ? ». C’était signé... La seconde : en 2013 quand on affronte Clermont en finale, Laporte ne me parle que des ailiers de l’ASM, Nalaga et Sivivatu. Il est en admiration devant eux et clame : « Si on les a, nous sommes champions. » Trois semaines plus tard, j’ai signé le contrat avec Habana. je vais voir Laporte, et je lui dis : « Bernard, si on a Habana, on gagne le Brennus l’an prochain. » Il me répond : « Bien sûr mais il t’a dit deux fois non, il ne viendra pas. » Je lui « cloue » le bec avec la signature et on a fait le doublé l’année suivante. Sinon, j’ai aussi beaucoup apprécié Philippe Saint-André, même si cela s’est mal fini. Et Richard Cockerill.

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03:47

Et Fabien Galthié ?

M.B : Avec l’équipe que je lui avais montée, on devait faire beaucoup mieux. Nous avions des trois-quarts stratosphériques. Cette élimination contre Lyon est à la limite de la faute professionnelle... Après cette élimination, il avait perdu toute crédibilité.

Et vous, quelles erreurs regrettez-vous ?

M.B : Sans hésiter, j’aurai dû proposer la succession de Bernard Laporte à Pierre Mignoni. Je pensais qu’il n’était pas prêt et bien, je me suis trompé à tous les niveaux. Je suis fier de ce qu’il fait à Lyon. Dans toutes les grandes années de Toulon, il a pioché des ondes positives. Dans son très bon parcours avec le Lou, il y a un petit bout qui nous appartient. Je sais que Bernard Laporte poussait pour que le duo Mignoni-Delmas (ses adjoints) soit promu mais ma décision était de couper avec la méthode Laporte, de faire complètement autre chose. J’ai commis là une erreur... Aujourd’hui, quand je me titille dans la presse avec Pierre Mignoni, ça reste des chamailleries entre Toulonnais. J’ai le plus profond respect pour ce qu’il est devenu. Je ne suis pas supporter de Lyon mais disons que si Mignoni est champion de France avec son nouveau club, je ne serai pas triste. D’ailleurs, c’est tout le mal que je lui souhaite.

De quelle sortie rêvez-vous ?

M.B : Je suis président au jour le jour. Comme tant d’entraîneurs que j’ai dû virer, je me retrouve sur un siège éjectable maintenant que je ne suis plus majoritaire. C’est pour cela que j’aimerais fêter mon départ à Mayol, pour le match contre Clermont, le 22 décembre. Finir les années Boudjellal avec une victoire contre l‘ASM, la boucle serait bouclée.

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